Environnement : Contribution des arbres dans la lutte contre les changements climatiques

Société
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Dans un article qu’ils ont Co-rédigé dans le cadre de la sauvegarde de l’Environnement et de l’écosystème, deux responsables de la Direction de renforcement de la résilience et de l’atténuation au changement climatique (DRR/ACC) du Ministère de l’Environnement, les Commandants Tiemogo Ibeida et Moussa Bachir, ont tenu à mettre en exergue l’aspect : « Contribution des arbres dans la lutte contre les changements climatiques ». A titre illustratif, ils font ressortir le fait qu’en matière d’adaptation au changement climatique et la lutte contre la désertification, le développement des plantations d’arbres à usage multiple, contribue à la lutte contre la désertification et l’érosion, dans les régions soumises à la dégradation.

Du reste, disent-ils, ces plantations constituent l’une des options les plus durables dans le domaine de l’agriculture et de la forêt pour la fixation du carbone, l’apport de revenus aux ruraux, la fourniture de matériaux combustibles. Aussi notent-ils, la conservation des massifs forestiers est un moyen d’adaptation au changement climatique car elle permet la protection contre l’érosion superficielle, la régulation du régime des eaux, la limitation des glissements de terrains et des éboulements. Les forêts de protection du littoral offrent une protection contre l’érosion éolienne et l’envahissement par les eaux et le sable.

Pour le cas du Niger, ils soulignent le fait qu’avec les arbres, les populations sont dans une meilleure position pour s’adapter et résister aux changements  climatiques. Ils nous renseignent d’ailleurs que « de1975 à 2005, le Niger est maintenant beaucoup plus vert qu’il ne l’a été depuis 30 ans et ceci du fait que des millions d’arbres plantés, ont poussé». Les deux responsables de la DRR/ACC du Ministère de l’Environnement soulignent que des études scientifiques révèlent que « ces nouvelles acquisitions, interviennent en même temps que l’explosion démographique » (article new York Time, février 2011). Et que selon les scientifiques, « ce qui s’est passé au Niger est la plus grande transformation positive de l’environnement en Afrique.

Un sentiment d’appartenance a été essentiel dans le reverdissement du Niger. En effet, jusqu’au milieu des années 1980, chaque arbre était considéré comme appartenant à l’État. Lorsque cela a changé, le reverdissement a commencé, car les gens étaient plus heureux de s’occuper des arbres qui leur appartenaient (The Guardian, 2018). Dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques, la contribution des arbres est inestimable estiment les techniciens. Il s’agit notamment du renforcement de la résilience des populations et des écosystèmes ; de l’adaptation au changement climatique et la lutte contre la désertification ; la séquestration du carbone.

A titre indicatif, selon les deux responsables du Ministère de l’Environnement, par rapport à la résilience de la population, ils expliquent que « dans les systèmes agraires du Sahel occidental nigérien, les arbres ont une importance capitale pour les populations. Ils leur procurent divers bénéfices tels que ombrages, aliments, médicaments traditionnels, fourrage, bois de feu, bois d’œuvre et de service, amélioration du climat local, etc. d’autre part disent-ils, au-delà de ce rôle pour le bien-être de la population, les arbres sont reconnus pour leur rôle fondamental dans le maintien de l’équilibre des écosystèmes.

Plusieurs travaux scientifiques ont montré l’importance de l’arbre dans l’amélioration de la fertilité des sols et l’augmentation de la production des céréales. C’est ainsi, relève-t-on, que les arbres situés dans les champs agricoles, contribuent au maintien de la production agricole dans un climat variable et à la protection des cultures contre les évènements climatiques extrêmes. Il est aussi apparu que l’agroforesterie, qui associe la plantation d’arbres et d’arbustes et les cultures agricoles et/ou l’élevage, est de plus en plus reconnue comme une approche efficace pour minimiser les risques liés à la variabilité et aux changements climatiques qui pèsent sur la production.

 

En effet, grâce à leurs systèmes racinaires profonds, les arbres peuvent explorer le sol en profondeur à la recherche d’eau et de nutriments, ce qui est bénéfique aux cultures en période de sècheresse. Des études révèlent qu’en contribuant à augmenter la porosité du sol, à réduire le ruissellement et à accroître la couverture du sol, les arbres augmentent l’infiltration et la rétention de l’eau et réduisent le stress hydrique lorsque les précipitations sont faibles etc.

Issaka Saïdou(onep)