Journée mondiale de la langue Haoussa, édition 2021 : La langue Haoussa et ses merveilles

Société
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Pour la troisième année consécutive, la communauté Hausa du Niger a célébré la semaine dernière, la journée mondiale de la langue Haoussa sous le thème «Le Haoussa et ses métiers». Pour marquer cette journée et malgré la forte pluie tombée toute la matinée du jeudi 26 août sur la ville de Niamey, le comité d’organisation a procédé au lancement de la célébration de la journée dans l’après-midi. Pour l’édition 2021, le comité d’organisation a animé une série de conférences à la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’université Abdou (FLSH/UAM), ainsi qu’un salon sur la pharmacopée traditionnelle et une soirée culturelle.

En marge de la célébration de la journée mondiale de la langue Haoussa, Pr Mahamane Laoualy Abdoulaye du département de Linguistique de l’UAM, a expliqué que le Niger, à l’image de la plupart des pays d’Afrique, est un pays multilingues dans lequel les langues nationales et celles coloniales se côtoient, avec le plus souvent peu de citoyens qui parlent ces langues coloniales. «Les langues africaines qui ont un grand nombre de locuteurs sont appelées à jouer un rôle très important. C’est le cas du Haoussa qui est une langue véhiculaire depuis longtemps, bien avant l’arrivée des langues coloniales et qui continue à jouer ce rôle et à se développer davantage», estime-t-il.

Depuis le lancement de la journée mondiale du Haoussa, dit le chercheur Nigérien, la langue a beaucoup évolué et a atteint des sommets inimaginables il y’a encore quelques années. On la retrouve aujourd’hui en utilisation dans beaucoup de medias, notamment la télévision, l’internet, les chansons et l’art. Cette vivacité de la langue Haoussa à travers son utilisation, fait-il remarquer, est un espoir qu’elle devienne un outil de développement en général. Et pour lui, le développement soutenu des outils d’analyse est de bonne augure pour la deuxième langue africaine la plus utilisée après le Swahili car «on ne finira jamais, à mon avis, de développer une langue».

En tant que chercheur, avoue-t-il, Pr Mahamane Laoualy Abdoulaye ne se sent pas préoccupé par la perte de certaines compétences de la langue parlée qui s’observent au niveau des locuteurs Hausa qui vivent dans les centres urbains même si, précise-t-il, certains traditionnalistes peuvent le condamner. «On ne peut pas empêcher les gens de parler la langue comme ils le veulent. L’essentiel est qu’il ait une communauté qui observe des standards communs et après, que ces standards changent d’une région à une autre, d’un moment à un autre, cela ne pose aucun problème scientifique sur la langue de toute façon», a-t-il indiqué.

Unanimement, le président du comité d’organisation de la journée mondiale du Haoussa au Niger, M. Aboubacar Yacouba Maïga, et le chercheur spécialiste de la langue Haoussa, Pr Mahamane Laoualy Abdoulaye, appellent les Nigériens à une prise de conscience indispensable pour son développement. Ils font remarquer que la plupart des autres pays, tout en ayant besoin d’une langue étrangère internationale comme l’Anglais ou le Français, prennent néanmoins soin de leurs langues maternelles. «Si vous êtes éduqués, c’est en ce moment que vous devrez normalement, encore plus, respecter votre langue traditionnelle ou langue maternelle», ajoute Pr Mahamane Laoualy Abdoulaye.

Par Souleymane Yahaya(onep)