Point de presse du ministre des Finances et du représentant résident du FMI au Niger :Des bonnes perspectives pour la croissance économique du Niger en 2021, soit 6,9%

Economie
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Le ministre des Finances, M. Mamadou Diop, et le représentant résident du Fonds Monétaire International au Niger, M. Mehmet Cangul, ont conjointement animé hier matin un point de presse relatif au programme appuyé par la Facilité Elargie de Crédit (FEC). Les priorités du programme FEC portent sur un certain nombre de points essentiels pour l’économie tels que la stabilité macroéconomique ; la mobilisation des recettes et l’efficience des dépenses ; la gestion des finances publiques ; le développement du secteur privé et du système financier ; la gouvernance, y compris dans les secteurs minier et pétrolier ; le recul de la pauvreté et enfin les défis démographiques, notamment l’amélioration de la scolarisation des filles. 

Dans ses propos liminaires, le ministre des Finances a rappelé que le programme FEC du Niger a été approuvé par le conseil d’administration du FMI le 23 janvier 2017. La mise en œuvre de ce programme a été satisfaisante malgré un environnement régional et international difficile. La croissance économique est restée vigoureuse grâce à d’importants projets d’envergure. Quant à la politique budgétaire, elle est axée sur la recherche du difficile équilibre entre la prise en charge des besoins publics et le soutien à la stabilité macroéconomique. En outre, sur la période 2017-2020, le total des décaissements est évalué à 118,44 millions de DTS, soit environ 95,1 milliards de FCFA. Ainsi, le gouvernement a mis en œuvre des reformes inscrites dans le Plan de Développement Economique et Social 2017-2021, appuyé par l’accord au titre de la Facilité Elargie de Crédit. Durant la même période, a dit le ministre des Finances, la stabilité macroéconomique reste fermement établie, soutenue par une politique budgétaire prudente et une croissance vigoureuse. Pendant ce temps, l’activité économique a bénéficié du succès du gouvernement à attirer des investisseurs étrangers et de l’augmentation de l’appui des bailleurs de fonds, ainsi que de bonnes campagnes agricoles, malgré la persistance de la situation sécuritaire et la fermeture des frontières avec le Nigeria en Août 2019. En termes de résultats, on peut relever que la croissance économique a atteint 6 % en moyenne sur la période 2017-2019. Quant aux perspectives économiques pour l’année 2020, la capacité de résilience de notre pays face à la pandémie à coronavirus permettra de maintenir une croissance positive à 1,2%  en 2020. Quant à l’inflation, elle serait contenue pour ressortir à 2,8% en 2020, grâce aux mesures de soutien prises par le gouvernement. Sur la période 2017-2019, l’inflation est restée faible, soit 0,1% en moyenne, nettement en deçà de la norme communautaire de l’UEMOA, fixée à 3%.

 S’agissant des perspectives à moyen terme, le ministre des Finances a précisé que la croissance devrait rebondir à 6,9% en 2021 en raison du début des exportations de pétrole et le maintien de la vigueur de l’investissement, à moyen terme, la croissance devrait être de 9% en moyenne. L’inflation devrait baisser de 2% en 2021, après le niveau de 2,8% prévu en 2020. Par ailleurs, la situation budgétaire demeure satisfaisante et le déficit global s’est amélioré à -3,6% en moyenne sur la période 2017-2019. Bien que la mobilisation des recettes reste un combat difficile, surtout compte tenu de la fermeture des frontières avec le Nigeria, les efforts de reforme incessants du gouvernement et la gestion prudente des dépenses ont permis d’assurer la solidité des finances publiques. Au titre de l’année 2020, pour financer les dépenses liées à la pandémie à coronavirus, faire face aux pertes de revenus et satisfaire les dépenses essentielles dans les domaines de la sécurité et du développement, le déficit budgétaire atteindrait 5,8% du produit intérieur brut. Par rapport à la gestion de la dette publique, le gouvernement a mis en œuvre une politique d’endettement prudente, en privilégiant les prêts extérieurs concessionnels. Le ratio de dette extérieure rapporté au PIB est ressorti à 39,7% en 2019 pour une norme communautaire de l’UEMOA de 70 %. Le ministre des Finances devait souligner que les efforts seront poursuivis pour une véritable transformation de l’économie. Des reformes allant dans le sens de l’élargissement de la base fiscale seront engagées afin que l’économie nigérienne sorte progressivement de l’informel.

Quant au représentant résident du FMI au Niger, M. Mehmet Cangul, il a indiqué que l’exécution du programme a permis d’aboutir à un certain nombre de réalisations telles que l’apurement du restant des arriérés de paiement intérieurs et la politique prudente en matière d’endettement extérieur. Toutefois, les dépassements de dépenses en 2019 et les difficultés persistantes à accroitre les recettes intérieures témoignent des défis qu’il reste à relever. Le FMI a tout de même salué la volonté des autorités nigériennes de mettre l’accent sur le développement du secteur privé. Les investissements étrangers de grande ampleur ont eu des résultats visibles. Néanmoins, ces investissements, a dit Mehmet Cangul doivent concrètement profiter aux entreprises privées locales et formelles. Pour réaliser cet objectif, il conviendra d’élargir l’accès au crédit à des conditions abordables, à la formation et à l’éducation, surtout pour les filles, ainsi que d’investir dans l’infrastructure et l’alphabétisation numériques. Des partenaires extérieurs permettraient aux entreprises du Niger d’accroitre leur efficience et de faciliter leur intégration dans les chaines de valeur mondiales.

Par Hassane Daouda (onep)