Religion : Les Baha’is du Niger ont tenu leur 35ème Convention Nationale à Niamey

Société
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Du 22 au 23 avril 2022, se sont tenus, à Niamey, les travaux de la 35ème Convention Nationale des baha’is du Niger. L’objet de cette rencontre religieuse est de renouveler l’instance chargée de gérer les affaires de la foi au niveau national, mais aussi faire une revue de la marche du monde dans son ensemble pour situer l’action que les baha’is sont appelés à mettre en œuvre pendant l’année à venir. Pour marquer la diversité qui caractérise la Communauté Baha’ie, la cérémonie d’ouverture a débuté par des prières dites en plusieurs langues nationales et en français et cela en présence de plusieurs invités notamment, le Directeur des Affaires Chrétiennes et autres Croyances du Ministère de l’Intérieur, M. Hassane Sani, du maire de la Commune Niamey II, M. Amadou Sidibé, des membre du Corps Continental des Conseillers, les délégués à ladite Convention, ainsi que les membres de l’Assemblée Spirituelle Nationale sortante. A l’issue de ces deux jours, M. Kamayé Moussa a été reconduit à la tête du nouveau bureau.

Dans une brève intervention, M. Hassane Sani, s’est dit honoré de sa présence à cette rencontre religieuse des baha’is du Niger, tout en se félicitant que les prières ont été dites dans des nombreuses langues nationales. Le Représentant du Ministère de l’Intérieur a, par ailleurs, demandé plus de prières et d’invocations en faveur de la sécurité, de la paix et de la tolérance au Niger, pour que chacun exerce sa religion.

M. Kamayé Moussa, Président de l’Assemblée Spirituelle Nationale (ASN) sortante, a prononcé à cette occasion un important discours dans lequel il a commencé, par remercier les nombreux invités qui, ont honoré de leur présence cette 35ème Convention Nationale. Ce qui, en soi, prouve, d’après lui, leur profonde amitié à l’endroit des membres de la Communauté Baha’ie et leur attachement aux idéaux de paix, d’unité et de bien-être social qu’ils défendent. Il a aussi rappelé qu’il y a plus de cent cinquante ans, Baha’u’llah, ‘‘la Gloire de Dieu’’, fondateur de la religion baha’ie), appelait les dirigeants du monde à se concerter et mettre en place le mécanisme qui permettrait d’établir la paix sur terre. «Cet appel n’a malheureusement pas été entendu, et les forces de désintégration agissant ont entrainé guerres, conflits et animosités qui ont amené l’humanité au bord de sa disparition. Aujourd’hui encore, des tempêtes d’une violence sans précédent s’abattent sur le monde, et des conditions et conflits persistent qui engendrent une détresse et des souffrances extrêmes. Nous devons plus qu’auparavant nous rappeler cet appel de Baha’u’llah pour réaliser l’unité de l’Humanité, seul remède aux maux d’un monde oublieux des valeurs que les Messagers divins nous ont apportées, et qui s’est embourbé dans la concupiscence, la corruption, l’injustice et la dépravation», a estimé M. Moussa.

M. Kamayé Moussa a ajouté que, malgré les bonnes volontés offrant secours et soutien aux populations affligées, tant que l’Humanité dans son ensemble n’entreprendra pas d’établir ses affaires sur des bases de justice et de vérité, elle sera, hélas, condamnée à être ballotée d’une crise à une autre. «Nous devons explorer ensemble comment mieux contribuer au bien-être matériel et spirituel de l’ensemble de l’humanité et comment bâtir une société dans laquelle pourront s’épanouir les talents innés de tous les êtres humains, sans distinction d’origine ethnique, de religion, de sexe, et  de classe sociale», a-t-il lancé. Bien que dévastatrices dans leurs effets, les forces de désintégration contribuent, selon lui, à faire tomber les barrières qui empêchent le progrès de l’humanité, offrant au processus d’intégration la possibilité de rassembler des groupes divers et dévoilant de nouvelles occasions de coopération et de collaboration.

Cette convention est donc une occasion spéciale, au-delà du rôle d’élection de l’Assemblée Spirituelle Nationale, pour consulter sur les moyens d’atteindre cet objectif. Pendant ces assises, le clou de l’évènement a été, sans nul doute, l’élection de la nouvelle l’Assemblée Spirituelle Nationale (ASN). Cette élection s’est déroulée dans le strict respect des principes de la Foi Baha’ie en la matière, c’est-à-dire sans propagande, à bulletin secret et dans une posture de méditation absolue, l’esprit tourné vers Dieu. Les élections baha’ies ont un caractère sacré et apolitique. Les délégués ont ainsi élu les 9 membres qui composent une ASN. Ils les ont choisi parmi tous les baha’is résidant au Niger en âge de voter, c’est-à-dire ceux dont l’âge varie entre 21 ans et plus.

Notons que l’enseignement principal du Baha’u’llah est de proclamer que Dieu est un (il n’existe qu’un seul Dieu) et que la religion est une, puisque l’humanité forme une seule famille. Autrement dit, selon les Baha’is, les religions sont toutes dédiées à une seule chose, l’unité et la paix dans le monde. Leurs différences ne sont que le fait du contexte historique, culturel, économique, social dans lequel elles émergent. L’éducation est une des valeurs fondamentales de la religion bahaïe. Haïfa, en Israël, est le lieu de pèlerinage des baha’is du monde entier. La ville est aussi le siège mondial de toutes les institutions bahaïes. En 2011, cette religion se réclame 7 millions de fidèles à travers le monde, avec plus de 2.100 groupes ethniques, répartis dans plus de 189 pays. Au Niger, le chiffre de près de 5.000 baha’is est avancé.

Mahamadou Diallo(onep)