REMISE D’UN DON DE SEMENCES DE RIZ AUX PRODUCTEURS DES REGIONS DU FLEUVE A DAY-BERI ET A KARMA : Booster la production de riz par le renouvellement du matériel semencier des producteurs

Société
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Après un an de mise en œuvre dans les régions de Tillabéri, Niamey et Dosso, le Programme Régional de Développement des Chaines de Valeurs du Riz composante Niger (RRVCDP-Niger) affiche ses ambitions qui sont celles de l’action concrète sur le terrain à travers un appui conséquent en semences de qualité au profit des producteurs de la filière riz dans les régions du fleuve. La remise officielle d’un appui de 340 tonnes de riz de la variété Gambiaka et 1142 kg de semences maraichères destinées aux sociétés coopératives rizicoles des régions de Dosso, Tillabéri et Niamey, est intervenue le vendredi, 12 novembre 2021, au village de Day-Béri, situé à quelques encablures de la ville de Tillabéri.

 C’est le conseiller technique du ministre de l’Agriculture, Elhadj Marah Mamadou qui, à l’occasion, a remis un échantillon de semences de riz maraichères au préfet du département de Tillabéri, Mme Tanimoune Haoua. C’était au cours d’une cérémonie sobre en présence du coordonnateur national du RRVCDP-Niger M. Idé Yacouba ainsi que les services techniques d’encadrement et d’appui-conseil de la région de Tillabéri.

Le Programme Régional de Développement des Chaines de Valeurs du riz : Composante Niger (RRVCDP NIGER) est conjointement financé par la Banque Islamique de Développement (BID) et l’Etat du Niger à plus de 18 millions US. C’est un programme qui intervient dans dix (10) pays membres (de la BID) en Afrique en l’occurrence le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Gambie, le Mali, le Niger, la Sierra Leone, le Sénégal et le Soudan.

L’objectif principal ce projet dans notre pays est de contribuer à réduire le taux élevé d’importation du riz et à stimuler la croissance économique en améliorant la production, la transformation et la commercialisation du riz,tout en renforçant la participation du secteur privé. La première phase du projet va durer cinq (5) ans avec comme zone d’intervention les régions du fleuve (Tillabéri ; Niamey et Dosso). Au cours de cette phase pilote, le projet a pour groupes cibles 70.000 ménages de producteurs dans la zone d’intervention dont 5250 productrices.

Avec une approche innovante dans la filière riz, ce projet de développement des chaines de valeurs du riz prend en compte, comme son nom l’indique, tous les maillons de la chaine, de la production à la commercialisation en passant par le stockage/conditionnement ; la fourniture d’intrants, le financement et d’autres services de soutien ainsi que la gouvernance de la chaine des valeurs. Par ailleurs, le programme contribuera à la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement de la filière riz au Niger dont l’objectif ultime est de couvrir les besoins nationaux en riz, améliorer les revenus des producteurs et contribuer à la croissance économique à l’horizon 2025.

En allant à la rencontre directe des producteurs de la société coopérative Wafakaye du village de Day-Béri, le coordonnateur national du programme régional de développement des chaines de valeurs du riz-au Niger n’a pas voyagé les mains vides. Il est d’ailleurs venu au moment opportun pour remettre un appui en semences de qualité aux producteurs qui s’apprêtent à retrousser leurs pantalons et les manches de leurs chemises pour la campagne rizicole au titre de la période sèche.

Onze (11) Tonnes de riz de la variété Gambiaka et un important lot de semences maraichères ont été remises à la société coopérative du village de Day-Béri. Cet appui en semences doit être perçu par les bénéficiaires comme étant un fonds de roulement pour assurer la continuité de leur travail dans la perspective de booster les rendements et   la production rizicole. Le département de Tillabéri a   lui seul, bénéficié 122,56 tonnes de semences de riz et un important lot de semence maraichères pour le compte de ces 19 sociétés coopératives dont 17 spécialisées dans la production du riz et deux (2) pratiquant, la polyculture.

LA SOCIETE COOPERATIVE DU VILLAGE DE DAY-BERI DOTEE DE SEMENCES DE QUALITE

En réceptionnant cet appui, (qui porte la signature du programme régional de développement des chaines de valeurs du riz-au Niger), le préfet du département de Tillabéri, Mme Tanimoune Haoua a souligné que ce don intervient à un moment où les producteurs se posent mille et une questions sur l’acquisition des semences surtout de qualité. En effet, la particularité de cette année, c’est qu’en plus des inondations récurrentes, la saison des pluies n’a pas répondu aux attentes des populations. Selon, Mme Tanimoune Haoua, son entité administrative compte plus de 120 villages  déficitaires à plus de 50 %.

 C’est dire qu’il nous faut trouver rapidement des solutions d’atténuation de cette crise.‘’ Je pense que cet appui est venu à point nommé pour permettre aux coopératives de disposer d’un stock qui sera géré dans le cadre d’un revolving par les producteurs du riz qui n’ont pas été épargnés par la mauvaise compagne pluviale.  Ceci permettra aux coopératives de se relancer surtout que le projet prend en compte d’autres aspects de la chaine de production’’, a précisé le préfet du département de Tillabéry.

 Quant au conseiller technique du ministre de l’Agriculture,  en remettant un échantillon de semences à l’autorité départementale, Elhadj Marah Mamadou a relevé que le don de semences s’inscrit justement dans le cadre de la politique agricole du Niger à travers l’Initiative 3N les Nigériens Nourrissent les Nigériens et l’acte III du Président de la République d’apporter au moins 25 % de semences de variétés améliorées  pour  obtenir un accroissement de la production de riz  pouvant aller jusqu’à  35 %. ‘’ Et, nous savons bien que la région de Tillabéry a une vocation agropastorale avec un potentiel rizicole très important. Le gouvernement du Niger a, un objectif à atteindre qui est de zéro (0) importation du riz à l’horizon 2025. Et nous pensons que Tillabéri va tirer le train dans ce sens-là.  C’est pourquoi, je lance un appel à l’endroit des coopératives pour une utilisation rationnelle et transparente de ce don-là. Ce sont des semences produites ici même à Day Béri   et le projet les a rachetées pour mettre à la disposition des producteurs comme fonds de roulement. Il faut savoir qu’un projet a une durée de vie. Il faudrait que ce « fonds semences » soit géré de manière transparente et qu’il soit pérennisé pour les générations futures a souhaité le conseiller du ministre de l’Agriculture.

Pour le président de la société coopérative de Day-Béri, M. Mohamed Idrissa, cet appui inestimable du projet chaine de valeurs riz vient fort opportunément ‘’ enlever l’épine’’ dans les pieds des producteurs du village de Day-Béri. En effet, depuis fort longtemps, la non disponibilité des semences de riz à temps fait partie du sempiternel problème des producteurs. ‘’ La qualité des semences conditionne en grande partie le niveau du rendement à l’hectare et de la production.

C’est le lieu de remercier sincèrement le projet chaine de valeurs riz pour la promptitude avec laquelle il a pensé à nous. Les semences qu’il vient de mettre à notre disposition seront utilisées à bon escient. Notre coopérative dispose d’un « comité de semences » qui va s’atteler à la tâche. Après chaque campagne, ce stock de fonds de roulement sera reconstitué et déposé dans notre magasin.

Nous pratiquons dans l’année deux campagnes. Pendant la campagne dite pluvieuse, la variété que nous cultivons est la ‘’Gambiaka’’, tandis qu’en campagne sèche, nous utilisons la variété du riz qu’on appelle ‘’IR 15’’. Bref, la disponibilité des semences est source de sécurité pour les producteurs. Cette année, la campagne agricole a été mauvaise sur quasiment toute l’étendue du territoire du Niger. Nous ne pouvons que renouveler nos remerciements au projet pour ce soutien.

En plus de cela, le projet nous a offert également des semences potagères pour les cultures de contre saison.  Ce sont des variétés d’oignon (le violet de Galmi) et de la tomate. Nous demandons à l’Etat de faciliter la tâche à ce projet qui nous aide’’, a plaidé le président de la société coopérative de Day-béri.  S’agissant de la commercialisation du riz, M. Mohamed Idrissa pense qu’il faut créer les conditions aux coopératives des producteurs d’écouler leurs productions. Notre partenaire qui rachète notre riz   n’arrive toujours pas à payer à temps les producteurs pour qu’ils puissent acheter les intrants tels que les semences et l’engrais de qualité.

DE L’ACCESSIBILITE DE L’ENGRAIS POUR BOOSTER LA PRODUCTION RIZICOLE

Cependant, il est illusoire d’imaginer un accroissement de la production du riz en s’appuyant sur le seul accélérateur de l’acquisition des semences certifiées. Il va falloir absolument songer à l’accessibilité à l’engrais, un élément incontournable pour la production du riz. Ce que le projet chaine de valeurs riz n’a pas omis dans la réflexion relative à la conception dudit projet. Certes, le gouvernement du Niger est dans une phase transitoire de réforme du secteur de l’engrais.  Cette réforme a abouti à la mise en place des organes tels que l’observatoire du marché d’engrais et un comité technique. Les réflexions à ce niveau visent à responsabiliser les privés nigériens à s’occuper de l’importation d’engrais. Et l’Etat veille à ce que l’engrais de qualité soit disponible et accessible sur l’ensemble du territoire national. La question de l’engrais de qualité il faut le dire reste hautement stratégique.

Pour rassurer les producteurs par rapport à question de l’engrais, le coordonnateur national du programme régional de développement des chaines de valeurs du riz-au Niger M. Idé Yacouba a été, on ne peut plus clair le projet a bel et bien intégré cette dimension sans laquelle il serait difficile d’augmenter la production du riz. Le projet est à pied d’œuvre pour la mise en place d’un fonds de garantie auprès d’une banque de la place. Il suffit juste de constituer un dossier bien ficelé et s’adresser à cette institution bancaire pour un traitement objectif.

Cependant, pour qu’une coopérative soit éligible à ce fonds dédié au financement de l’engrais, il faudrait que celle-ci soit crédible du point de vue gestion, a averti le coordonnateur national du projet M. Idé Yacouba. En plus, le projet va créer les conditions pour que la commercialisation du riz de son bien. Il est prévu d’établir des contrats entre les producteurs o paddy et les transformateurs. Après cette étape, des commerçants grossistes ou demi-grossistes seront appuyés pour   acheter le riz blanchi afin qu’il n’y ait plus de problème d’écoulement. Pour être plus prêts du consommateur, il est prévu la construction de plusieurs boutiques pour la vente du riz blanchi.

En réagissant par rapport à cette dotation du projet chaine de valeurs riz, le directeur du périmètre de Day-béri M. Kader Issiakou dit qu’il n’est pas surpris de cet appui car, le projet a associé les producteurs depuis la conception jusqu’aujourd’hui. ‘’ Les semences constituent le point de départ dans le domaine agricole. Et le fait que les coopératives puissent obtenir les semences avant le début de la campagne est un ouf de soulagement.

Le grand problème que nous avons sur les périmètres est relatif au calendrier cultural, faute de disponibilité de semences de qualité à temps. Nous prenons l’engagement d’accompagner pas à pas ces producteurs en capitalisant cet appui’’, a rassuré le Directeur du périmètre du Day-Béri. En s’exprimant au nom du Conseil Régional de Tillabéry M. Issou Boubacar s’est réjoui de cet appui extrêmement important pour les coopératives de la région de Tillabéry. ‘’ Lorsqu’on sème des semences de qualité, on est sûr d’avoir une bonne récolte.

Les responsables du projet ont également visité au cours de ce déplacement une variété du riz parfumé qui s’appelle ORY LUX 6 expérimentée par le vice-président de la société coopérative de Day-Béri M. Boubacar Hamid. La particularité de cette semence réside dans sa précocité. Avec cette variété, on peut faire trois campagnes dans l’année, rassure le vice-président de la coopérative avant de préciser qu’elle vient du Centre Africain du Riz (AfricaRice). Elle est cultivée sur trois périmètres rizicoles à savoir : Day-Béri ; Day-Kaina et Toula. C’est une variété de riz qui demande moins d’engrais. Il faut aussi rappeler qu’avec une superficie de 370 ha endigués dont 309 sont exploitables, la société coopérative de Day-Béri compte au total 4933 exploitants dont trois (3) productrices.

LA COOPERATIVE DE KARMA REÇOIT UN APPUI SIMILAIRE

Le président de la société coopérative de Karma M. Elhadj Yacouba Alzouma, par ailleurs président de la Fédération des Unions de coopératives des producteurs de Riz du Niger (FUCOPRI) a également reçu des mains du représentant du préfet de Kollo, un échantillon des semences fournis par le projet chaine de valeurs riz. Il s’agit comme à Day Béri de semences de riz et de semences de cultures maraichères. ‘’Nous attendons beaucoup de la part du projet. Nous voulons aussi des machines de de labour, de repiquage, de récolte et battage et de transformation du riz pour encourager les producteurs à mieux produire.

 Il faut que le circuit de commercialisation soit formel et sécurisé pour que le producteur puisse jouir des fruits de son labeur’’, a espéré le président de la société coopérative de Karma. La variété de riz « Gambiaka» sont appréciées aussi bien par les producteurs que par les consommateurs. Son rendement moyen est de 7 tonnes à l’hectare.  Selon les directeurs régionaux de l’Agriculture et de l’ONAHA M. Zakari-yaou Seydou et Idrissa Oumarou Falké, cet appui est salutaire parce qu’il intervient à un moment où les producteurs en ont besoin.

 Ils souhaitent que le projet encourage si possible le financement de la production des semences. S’agissant de la problématique du coût d’électricité sur les périmètres irrigués, le directeur régional de l’ONAHA a annoncé la mise en place des associations des usagers de l’eau d’irrigation (AIEI) qui sont des entités qui vont collaborer avec les sociétés coopératives pour régler les problèmes liés à la gestion de l’eau et des infrastructures.

LES PRODUCTEURS DE N’DOUNGA ET LIBORE REÇOIVENT DES SEMENCES DE RIZ GAMBIAKA

Dans les magasins des sociétés coopératives de N’dounga 1, N’Dounga 2 et de Liboré (département de Kollo), des sacs de semences de riz Gambiaka sont minutieusement stockés. Ces semences sont gracieusement offertes aux producteurs de la filière Riz par le Programme Régional de Développement des Chaines de Valeurs du riz au Niger.  Ce samedi 20 novembre 2021, les différents présidents des coopératives reçoivent la mission du RRVCDP-Niger pour procéder à la distribution des semences aux producteurs. A N’dounga 2 par exemple, le mouvement des sacs de semences du riz du magasin vers les parcelles déjà préparées pour premiers semis était visible. Le président de la coopérative M. Ousmane Moussa veille au grain par rapport à la distribution.

Le périmètre de N’dounga 2 compte au total 1316 exploitants et couvre une superficie de 276 ha. Avec le sourire aux lèvres, les producteurs de N’dounga 2 entament la campagne dite de saisons sèche dans la sérénité et promettent aux responsables du projet chaine de valeurs riz de protéger cette variété pour les années à venir. M. Boubacar Chaibou et Boubacar Hamadou, tous exploitants du périmètre N’dounga ne savent même pas quoi dire ; ils sont tout simple néant ébahis après avoir reçu leur part de semences.

Ils souhaitent que le projet prenne en compte l’ensemble des problèmes liés à la production.  A ce niveau, le conseiller technique du ministre de l’Agriculture M. Elhadj Marah Mamadou rassure les producteurs que le projet suit pas à pas les préoccupations afin d’y apporter les solutions permettant de booster la production. Même son de cloche à N’dounga 1 et à Liboré où les présidents de la coopérative M. Hama Souley et Adamou Moumouni saluent l’initiative du RRVCDP-Niger. Le président de la coopérative de Liboré a par ailleurs signalé aux responsables du projet qu’il sera difficile pour les producteurs de semer en saison sèche la variété Gambiaka en raison des problèmes d’eau liés à l’ensablement du fleuve. 

Par Hassane Daouda(onep), envoyé spécial