Le Premier ministre prononçant son discours
Le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a présidé, dans la journée du vendredi 24 avril 2026 à Tchintabaraden (Région de Tahoua), le lancement des activités de la célébration de la 31è édition de la Journée Nationale de la Concorde, en souvenir de la signature des accords de paix du 24 avril 1995 ayant mis fin à la rébellion armée dans le nord du Niger. Cette cérémonie a enregistré la présence de plusieurs membres du CNSP, ceux du Gouvernement, des membres du Corps diplomatique, du président de la HACP, des gouverneurs, des préfets, de la présidente du FSSP, des Chefs traditionnels, des représentants des partenaires techniques et financiers, ainsi que plusieurs personnalités civiles et militaires.
Dans son allocution, le Premier ministre a adressé ses remerciements aux autorités administratives et à la population de Tchintabaraden pour son accueil fraternel et chaleureux, saluant l’appel à la paix et à la sécurité lancé par les différents intervenants qui l’ont précédé. Il a précisé qu’il a été délégué par le Président de la République, Chef de l’Etat pour venir à Tchintabaraden parler du Niger, faire des prières et pour implorer la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Enfin, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a exprimé ses remerciements à tous ceux qui ont effectué le déplacement de Tchintabaraden avant de leur souhaiter un bon retour à chacun dans son foyer.
Auparavant, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration Territoriale, le Général de Division Mohamed Toumba a rappelé que cela fait trente et un ans, précisément le 24 avril 1995, qu’étaient signés à Niamey les accords mettant fin à l’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire récente du Niger. Avec la signature, à cette date, des accords de paix de Niamey, la rébellion armée des années 1990 à 1995 venait ainsi de connaître son épilogue, laissant derrière elle les déchirements fratricides entre les fils d’une même nation, a laissé entendre le ministre Toumba.
Évoquant le thème retenu cette année, « Concorde nationale, gage de paix et de cohésion sociale », le Général de Division Mohamed Toumba a expliqué qu’il est d’autant plus pertinent dans le contexte actuel où le Niger fait face à des menaces sécuritaires de tous ordres et aussi à une guerre informationnelle sans précédent. « C’est avec la cohésion en notre sein, en tant que nation, que nous pourrons faire face efficacement au défi sécuritaire et déconstruire le narratif informationnel mensonger distillé par des médias à la solde de l’ennemi », a-t-il dit.
Le ministre en charge de l’Intérieur a souligné que l’institutionnalisation de la JNC le 20 juin 1997 a pour finalité « de marquer l’esprit de chaque nigérienne et de chaque nigérien, quant à l’impérieuse nécessité d’entretenir, avec soin, la fibre qui nous relie tous les uns aux autres, en tant que maillon d’une même chaîne de fraternité et qui a pour nom la Nation nigérienne ». Le Général de Division Mohamed Toumba a également rappelé la cérémonie solennelle d’incinération de plus d’un millier d’armes de guerre, provenant des ex-rebellions armées, sur la place de la flamme de la paix à Agadez, le 25 septembre 2000. Pour lui, cet acte participe également de cette volonté des Nigériens de tourner définitivement le dos à la violence comme mode de règlement des différends intercommunautaires ou entre communautés et pouvoirs publics.

Par ailleurs, le ministre d’Etat, a souligné que le lieu de cette cérémonie à Tchintabaraden porte, à lui seul, toute la symbolique de l’événement que nous célébrons, notamment avec cette figure architecturale représentant un sabre dégainé et planté dans le sable, signe de renoncement à la confrontation et à la violence. « Il s’agit là, assurément, d’un message fort, adressé aux Nigériens en général, et aux jeunes en particulier, ceux-là qui sont pris au piège du mercenariat afin qu’ils se ressaisissent pour l’avènement d’une paix durable dans notre pays. Il faut qu’ils comprennent que leur avenir se trouve ici, du côté de la mère-patrie et dans le labeur utile à eux-mêmes et à la communauté nationale », a-t-il expliqué.
Aussi, a-t-il solennellement lancé, un appel aux jeunes, encore sous influence des organisations criminelles, pour qu’ils reviennent au bercail et qu’ils rejoignent le programme national de réinsertion sociale des repentis. En cette ère de la Refondation, le thème des présentes commémorations, à savoir « Concorde nationale, gage de paix et de cohésion sociale », résonne, selon lui, comme un prérequis à l’un des points du Programme de la Refondation de la République, formulé comme suit : « la cohésion sociale, socle de la construction de toute nation ». Autrement dit, la concorde nationale constitue le socle de la cohésion sociale qui, à son tour, rend possible l’œuvre de construction de la nation, rappelant cette sage formule du Président de la République à l’attention des Nigériens : « aucune nation ne s’est construite dans la désunion ».
Le ministre d’Etat a rappelé que l’objectif général poursuivi, à travers les activités de la présente journée, est de contribuer au renforcement de la coexistence pacifique, de la paix et de la cohésion sociale au Niger. Elles visent également à capitaliser les expériences en matière de consolidation de la paix et de la cohésion sociale ; de valoriser nos traits de cultures qui vont dans le sens de la promotion du mieux vivre-ensemble ; de sensibiliser les populations sur les questions liées au mot d’ordre de mobilisation générale et à l’initiative « Domol Leydi » de création des brigades territoriales d’auto-défense ; de sensibiliser les populations sur les questions de santé et sur l’importance et l’utilité des actes d’état civil.
Le ministre en charge de l’Intérieur a, enfin, tenu à adresser ses remerciements aux autorités administratives et coutumières, ainsi qu’à l’ensemble de la population de la région de Tahoua pour leur accueil empreint de chaleur et leur hospitalité, avec une mention spéciale pour le département de Tchintabaraden. Il a par ailleurs réitéré son appel à la chefferie traditionnelle pour qu’elle s’investisse davantage dans le processus de reddition des jeunes engagés dans les groupes armés non étatiques.
Quant au gouverneur de la région de Tahoua, le Colonel-major Souleymane Amadou Moussa, il a exprimé toute sa satisfaction d’être à Tchintabaraden, terre symbolique de la résilience et de la paix, en ce jour du 24 avril 2026, une date gravée dans l’histoire du Niger qui commémore la signature des accords de paix de 1995 ayant mis fin à des années de conflits et de déchirement. « Nous célébrons, à Tchintabaraden, la victoire sur la violence, et celle de l’unité sur la division et du dialogue sur la violence et les armes », a-t-il déclaré. En célébrant ces activités, Tchintabaraden rappelle le courage de ceux qui ont choisi de déposer les armes pour bâtir ensemble un Niger uni et indivisible. Le Colonel-major Souleymane Amadou Moussa a également salué les efforts des FDS dont le sacrifice et le dévouement ont permis de préserver cette paix chèrement acquise et la sagesse des honorables chefs traditionnels et la résilience de la population locale.
Le gouverneur de Tahoua a rappelé que sa région fait face à de nouveaux défis sécuritaires, des menaces terroristes et des tentatives de déstabilisation, « qui cherchent à briser le tissu social que nous avons mis des années à consolider ». Le Colonel-major Souleymane Amadou Moussa a appelé tous les citoyens à redoubler d’efforts pour consolider la cohésion sociale, pour renforcer la collaboration avec les FDS et faire de la prévention des conflits une priorité.
Pour sa part, le président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), le Général de Division Diddili Ousmane, a axé son intervention sur le contexte de la guerre et la signature des accords militaires en 1995. Il a ensuite rappelé les différentes mutations subies par son institution chargée d’entreprendre des actions et consolider la paix, l’unité et la solidarité. Le président de la HACP a également rappelé les zones d’intervention, la mission et les orientations de l’institution qu’il dirige.
Auparavant, la présidente du Comité de gestion du FSSP, le préfet du département de Tchintabaraden, l’administrateur Délégué de la commune urbaine de Tchintabaraden et le représentant du Cadre de la paix des ex-rebelles ont tour à tour pris la parole pour souhaiter la chaleureuse bienvenue aux invités, avant de leur souhaiter un bon séjour dans la capitale de la paix et un bon retour dans leurs foyers respectifs.
Tsahirou Abdoua
ONEP/ Tahoua
