Dans une interview accordée cette semaine par l’ancien Premier ministre et président du parlement sénégalais Ousmane Sonko, il répondait ceci à une question du journaliste français relativement au match Sénégal-France au mondial 2026 : « Quelle qu’en soit l’issue du match, c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique. Rien qu’en regardant la composition de l’équipe de France, on comprend de quel côté se trouvent les besoins dans la relation entre la France et l’Afrique ». Et Sonko de conclure par un message aux Africains : « On a des ressources naturelles abondantes, des ressources humaines et donc une main d’œuvre tout aussi abondante. Si l’on sait les utiliser, cela changera certainement le rapport entre l’Afrique et l’Occident et on aura une autre perception de certaines questions comme l’immigration ».
Une réponse politique à une simple question sur le football. Sonko l’admet et l’assume pleinement. Du reste, ce que Sonko avance est corroboré par des faits et des attitudes. En effet, à écouter les débats sur la politique en France, on a comme l’impression que l’immigration est la seule source de toutes les misères que connaît ce pays. Pourtant avant le football, l’immigration (peut-être forcée) a contribué à sauver la France des griffes du Nazisme. En effet, des millions d’Africains (qualifiés sous le vocable méprisant de ‘’Tirailleurs Sénégalais’’) ont participé à la guerre mondiale pour libérer la France, même si leur apport a été sciemment négligé voire occulté dans les récits historiques. La suite on la connaît avec les événements de Thiaroye où des milliers d’anciens combattants africains ont été massacrés par la France pour avoir réclamé leurs soldes.
Bref pour revenir au football, observez que l’équipe de France à ce mondial 2026 est composée de Mike Maignan, Robin Risser et Brice Samba (comme gardiens de but). Au niveau de la défense, on a Lucas Digne, Malo Gusto, Lucas Hernandez, Theo Hernandez, Ibrahima Konaté, Jules Koundé, Maxence Lacroix, William Saliba et Dayot Upamecano. En milieu de terrain, nous avons N’Golo Kanté, Manu Koné, Adrien Rabiot, Aurélien Tchouaméni et Warren Zaïre-Emery. En attaque, on a Maghnes Akliouche, Bradley Barcola, Rayan Cherki, Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Jean-Philippe Mateta, Kylian Mbappé, Michael Olise et Marcus Thuram.
Si on fait une lecture au faciès de cette équipe, on a l’impression qu’il s’agit d’une équipe africaine, même si on ne sait si c’est une équipe du Mali, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, de la RD Congo, de l’Algérie, du Togo et peut-être même du Portugal. Pour les amateurs du ballon rond, on a l’impression d’être en face d’une ‘’équipe type de l’année’’ que proposent les experts et journalistes sportifs à la fin des championnats. On se rappelle qu’en 1998, lorsque la France remporta le Mondial, un homme politique a déclaré que c’est l’équipe internationale de France qui l’avait remporté. C’est dire que l’immigration a apporté plus qu’elle n’a pris à la France, particulièrement dans le Sport où elle lui a offert du prestige et de la fierté. L’équipe de France constitue le seul domaine où les médias français ne s’en prennent pas à l’immigration. On a vu le tollé que l’interview de Sonko a soulevé dans les milieux médiatiques qui, comme par magie soutiennent que tous ces joueurs afrodescendants sont des français. Malheureusement, le match a été remportée par ‘’l’Afrique de France’’ face l’Afrique africaine. Ainsi donc, c’est faire preuve d’une myopie politique et d’une malhonnêteté criarde que d’indexer à chaque fois l’immigration pour expliquer les problèmes qui assaillent la France. Tout comme, il est malhonnête de penser que l’Afrique (francophone notamment) a nécessairement besoin de la France pour se développer. Fort heureusement, les pédocriminels qui violent et tuent les enfants français ne sont pas des noirs africains ou maghrébins.
Siradji Sanda (ONEP)
