La question mérite d’être posée et demeure toujours pertinente au vu du contexte mondial actuel et surtout de la lutte que mènent les pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES).
Pour mieux cerner les contours de cette interrogation, il est utile de rappeler les objectifs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), devenue Union Africaine à compter du 09 juillet 2002. Ainsi, les principaux objectifs de l’OUA, lit-on dans tous les documents historiques, sont d’éradiquer du continent les derniers vestiges de la colonisation et de l’apartheid ; de promouvoir l’unité et la solidarité entre les États africains ; de coordonner et d’intensifier la coopération au développement ; de sauvegarder la souveraineté et l’intégrité territoriale des États membres. A cela s’ajoutent, pour le cas de l’UA, la promotion de la paix, la sécurité, la stabilité et des principes démocratiques, ainsi que la protection des droits humains sur le continent et la préservation de l’identité culturelle.
Mais à quoi assistons-nous aujourd’hui ?
Des violences xénophobes meurtrières (contre des Africains) en Afrique du Sud, un génocide à ciel ouvert, au Soudan juste à quelques encablures du siège de l’UA, un mercenariat terroriste et des ingérences étrangères dans l’espace AES, une haine entre Africains dans l’espace Cedeao, telles sont les nouvelles réalités que nous vivons chez nous, sur notre continent qui est le berceau de l’humanité.
Et, face à cette situation, l’Union Africaine ne trouve rien à dire. Ce qui l’intéresse, c’est surtout l’organisation des élections dans les pays de l’AES qui luttent pour leur survie, en guerre contre un terrorisme sponsorisé par des puissances étrangères connues de tous. C’est ainsi qu’en visite au Burkina Faso et au Mali du 12 au 14 juillet 2026, le président de la Commission de l’Union Africaine a repris la même ‘’proposition indécente’’, la même rengaine que ceux qui alimentent le terrorisme au Sahel pour la préservation de leur influence, de leurs intérêts géostratégiques et surtout de leurs approvisionnements en matières premières et de leurs débouchés industriels et commerciaux.
Dans la logique de l’UA, on a l’impression qu’il suffisait d’organiser des élections pour que tous les maux du continent disparaissent par un coup de baguette magique. Illusions, naïveté, paresse et inconséquence !
Les fameuses démocraties tropicales chouchoutées par l’Occident sont loin d’être un eldorado pour leurs citoyens. En effet, selon les statistiques de l’OIM et l’UNHCR, des pays comme la Guinée et la Côte d’Ivoire comptent parmi les nations qui enregistrent des nombres élevés de citoyens qui meurent en méditerranée. Poussés par le désespoir, ces jeunes tentent par tous les moyens de migrer au même titre que ceux de certains pays en guerre comme le Soudan, l’Afghanistan, la Syrie ou la Somalie.
Que fait l’Union Africaine face à ce drame ? Rien !
Détournée de ces objectifs, parce que financée par des institutions et des puissances extra-africaines, l’UA est absente sur le terrain du combat pour les grands défis du continent comme la conquête de la souveraineté de ses Etats membres et le contrôle de leurs ressources naturelles, la lutte contre les conflits allumés et entretenus par certaines puissances. Toute chose qui conditionne le développement du continent. En lieu et place, l’UA se comporte comme une succursale de certaines institutions et le bras armé de certaines puissances non-africaines pour jouer aux négriers. Dommage !
Siradji Sanda (ONEP)
