A l’ouverture de la Journée
Le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a présidé, dans la matinée du mardi 21 avril 2026 à Niamey, la cérémonie d’ouverture de la 3è édition de la Journée de l’Aviation Civile (JDAC) de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), placée sous le thème « l’aviation civile comme facteur d’intégration économique, de résilience et de mobilité au sein de l’AES ». Il s’agit à travers cette rencontre de transformer les défis en opportunités structurantes.
A cette occasion, le Premier ministre a souligné que la 3è journée de l’aviation civile cadre parfaitement avec l’agenda des trois Chefs d’Etat qui poursuivent méthodiquement et avec détermination la mise en place des piliers de la souveraineté des trois pays confédérés. « En témoin privilégié du cran de nos trois Chefs d’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, le Général d’Armée Assimi Goita et le Capitaine Ibrahim Traoré, j’aimerais à notre nom à tous dire notre engagement à faire de notre confédération un espace de paix, de solidarité, de coopération et de progrès partagé », a-t-il soutenu.
Pour lui, ce rendez-vous de Niamey doit être l’occasion idéale de plancher sur la place de l’aviation civile pour l’intégration socioéconomique, la résilience et la mobilité au sein de la confédération de l’Alliance des Etats du Sahel. « Notre espace couvre une superficie de 2 780 000 km2 environ dans lequel vit une population de 70 000 000 d’habitants en majorité jeune. Nos pays ont également la particularité d’être tous les trois des pays de l’hinterland. Ces trois caractéristiques communes à nos pays sont en réalité des conditions propices au développement de l’aviation civile dans notre espace », a-t-il notifié.
C’est pourquoi, a poursuivi le Premier ministre, il est fondamental d’avoir un contrôle absolu de l’espace aérien au même titre que le combat que mènent au sol et sans relâche, les Forces de défense et de sécurité pour rendre inviolables les terres du Liptako-Gourma. « Notre espace aérien doit être un espace sécurisé par nos soins. Il doit donc incarner notre souveraineté partagée. L’aviation civile de notre confédération doit, en plus de rendre fluides la mobilité et les échanges commerciaux internes, permettre également un accès facile de nos populations au reste du monde. Elle doit aussi pouvoir faciliter les déplacements de ceux et celles qui veulent visiter ou entreprendre des activités économiques, culturelles, sportives et artistiques en partenariat avec tout pays de l’AES », a-t-il soutenu.
Vers la création d’une compagnie aérienne de l’AES
Auparavant, le ministre des Transports et de l’Aviation Civile, le Colonel-major Abdourahamane Amadou, a affirmé que dans l’espace AES l’aviation n’est pas un luxe, mais un outil de désenclavement, un accélérateur d’intégration, un vecteur de résilience. « Face aux pressions extérieures et aux déficits sécuritaires, notre espace aérien doit devenir un espace de solidarité et de puissance collective. Nous avons choisi la voie de la dignité, de l’action et de la maitrise de notre destin aérien », a-t-il ajouté.
Cette édition vise, selon le ministre des Transports, à harmoniser les règlementations pour fluidifier la mobilité, mutualiser les ressources techniques et humaines pour garantir une sécurité aérienne de haut niveau, faire émerger une compagnie aérienne forte capable de relier les capitales sans dépendance extérieure. « L’aviation au sein de l’AES est désormais indissociable de la sécurité nationale. Dans le contexte géopolitique actuel, le contrôle effectif de notre espace aérien est l’expression de notre souveraineté », a-t-il déclaré avant de préciser que le second grand chantier de cette rencontre est celui de l’autonomie de transport aérien. « L’histoire nous enseigne que l’intégration économique reste théorique sans mobilité physique fluide entre nos populations. La création d’une compagnie aérienne commune de l’AES semblait impossible, elle est désormais une réalité en marche. Cette compagnie sera un instrument de désenclavement, un symbole de souveraineté et un pavillon de notre unité », a-t-il soutenu. Le Colonel-major Abdourahamane Amadou a enfin annoncé que le traité de création de cette compagnie aérienne sera signé au cours de ces assises. «Nos travaux traceront la voie d’une aviation civile sahélienne, souveraine, performante et intégrée.», a-t-il souligné.
Pour la ministre des Infrastructures et du Transport du Mali, Mme Dembelé Midina Sissoko, cette thématique s’inscrit en droite ligne de la vision partagée des leaders éclairés qui ont fait de l’AES une priorité. « J’appelle l’ensemble des autorités aéronautiques et les professionnels du secteur aérien à débattre des questions soulevées, à établir un diagnostic complet de notre environnement aéronautique et à proposer des solutions pertinentes afin de révéler les défis identifiés », a-t-elle martelé.
La secrétaire générale adjointe du ministère de l’Administration Territoriale et de la Mobilité du Burkina Faso, Mme Ouédraogo Alice, a souligné que face aux défis de la mobilité des biens et des personnes caractérisés par un accès faible aussi bien physique que monétaire aux services de transports aériens par les différentes couches des populations et face à un marché unique africain du transport aérien qui peine à s’opérationnaliser, les journées de l’aviation civile offrent un cadre approprié aux acteurs et experts du domaine de partager des expériences enrichissantes pour une réelle envolée du secteur aérien de l’espace confédéral.
Farida. A. Ibrahim (ONEP)
