Mme Aissatou Abdoulaye Tondi
À l’instar de la communauté internationale, le Niger célèbre aujourd’hui 12 juin 2025, la Journée Mondiale de Lutte contre le Travail des Enfants. À cette occasion, la ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi, Mme Aissatou Abdoulaye Tondi, a livré un message. L’édition 2025 qui est placée sous le thème « Les progrès sont visibles, mais il reste beaucoup à faire, accélérons nos efforts», vise à rappeler à toutes les parties prenantes d’améliorer la mise en œuvre des deux conventions fondamentales de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur le travail des enfants afin d’apporter des réponses urgentes à ce fléau.
Instituée par les États membres de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), il y a vingt-trois (23) ans, la Journée Mondiale de Lutte contre le Travail des Enfants est célébrée au Niger, de façon rotative dans les différentes régions afin d’impliquer activement toute la population dans cette campagne de lutte. Dans son message, la ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi a expliqué que le travail des enfants doit s’entendre comme un travail qui prive les enfants de leur enfance, de leur potentiel, leur dignité et qui nuit à leur développement physique et mental. « Il s’agit d’un travail qui est mentalement, physiquement, socialement ou moralement dangereux et nocif pour les enfants et/ou qui interfère avec leur scolarité en les privant de la possibilité d’aller à l’école, les oblige à quitter l’école prématurément ou à essayer de combiner la fréquentation scolaire avec un travail long et lourd », a-t-elle indiqué. Toutefois, poursuit-elle, la participation d’enfants ou d’adolescents au-delà de 16 ans qui est l’âge minimum d’admission à l’emploi, à des travaux qui n’affectent pas la santé, le développement personnel, la scolarité, est considérée comme positive. « Cela comprend des activités telles que l’aide dans une entreprise familiale ou le gain de l’argent de poche en dehors des heures de classe et pendant les vacances scolaires », a ajouté Mme Aissatou Abdoulaye Tondi.
Par ailleurs, la ministre a souligné que, malgré les progrès réalisés dans le monde entier, beaucoup reste à faire et l’État du Niger s’est engagé à promouvoir une politique nationale visant à assurer l’abolition effective du travail des enfants à travers un meilleur encadrement de l’activité des jeunes et à élever progressivement l’âge minimum d’admission à l’emploi ou au travail pour que les adolescents puissent atteindre leur plus complet développement physique et mental. C’est dans ce sens que le Ministère a mené des actions avec le Programme International pour l’Abolition du Travail des Enfants (IPEC) au titre du Programme National et du Projet BIT/IPEC/Mines. « Ce sont plus de 25 Programmes d’Action et Mini Programmes avec comme principaux résultats, près de 4.500 enfants (dont 45% de filles), qui ont directement bénéficié du retrait des pires formes d’exploitation et de l’insertion scolaire, de la formation professionnelle et apprentissage ainsi que de la réinsertion socioprofessionnelle », a-t-elle mentionné. En plus de la mise en place de ces programmes, Mme Aissatou Abdoulaye Tondi a révélé qu’en 2021, le Bureau International du Travail, sur financement du Département Américain du Travail (USDOL), a accompagné les efforts du Gouvernement à travers la mise en place du Projet MAP16 afin de lutter efficacement contre les pires formes de travail des enfants.
S’agissant des progrès internationaux réalisés pour la réduction du travail des enfants au cours des deux dernières décennies, la ministre met l’accent sur les conventions n°138 et 182 de l’OIT. En effet, l’estimation globale faite par l’OIT et l’UNICEF sur le Travail des Enfants, qui a été publiée le 10 juin 2021, fait cas de 160 millions d’enfants astreints au travail des enfants dans le monde durant la période 2016-2020. « Parmi eux, 72% effectuent ce travail au sein des familles. De même, 79 millions de l’ensemble effectuent des travaux dangereux qui compromettent directement leur santé et leur développement moral », a-t-elle révélé.
La ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi a indiqué que la célébration de cette journée confirme l’engagement national soutenu en faveur de la lutte contre le travail des enfants avant de réitérer l’engagement permanent des pouvoirs publics en faveur des questions de l’enfance et le souci constant d’améliorer la situation de cette catégorie. C’est pourquoi, Mme Aissatou Abdoulaye Tondi a remercié l’ensemble des partenaires techniques et financiers qui accompagnent le Niger dans la lutte contre le travail des enfants avant de lancer un appel vibrant à tous les Nigériens pour s’investir pleinement dans la lutte contre le travail des enfants. Il faut enfin souligner que cette année, c’est la région de Zinder qui abritera les activités entrant dans le cadre de la commémoration de cette journée.
Massaouda A. Ibrahim (ONEP)
