
Le styliste Kader Djibo, entouré de ses jeunes apprenants, travaille le tissu dans son atelier
Au Niger, où l’accès à l’emploi reste un défi majeur pour une grande frange de la jeunesse, certains dispositifs publics font la différence. C’est le cas du Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage (FAFPA), qui se positionne aujourd’hui comme un acteur clé du développement socioéconomique à travers la formation, l’appui matériel et l’accompagnement des jeunes vers l’autonomie professionnelle. Ce mécanisme d’insertion basé sur la qualification des jeunes et le renforcement de leurs compétences leur permet de créer leurs propres opportunités et de contribuer, à leur tour, à la formation d’autres jeunes.
Fidèle à sa mission, le FAFPA ne se limite pas à proposer des formations qualifiantes. Il va bien au-delà. L’accompagnement proposé s’étend de la formation professionnelle initiale à l’octroi de kits d’installation, en passant par le suivi post-formation et l’orientation vers des stages ou spécialisations. L’objectif est de donner aux jeunes les outils pour devenir des acteurs autonomes de leur avenir.
Dans ce cadre, des centaines de jeunes nigériens bénéficient chaque année de l’appui du FAFPA dans plusieurs domaines techniques, avec une attention particulière accordée aux cas réussis, ces jeunes qui, après la formation, se distinguent par leur engagement, leur discipline et leur capacité à entreprendre. Focus sur un modèle qui fonctionne, à travers trois parcours inspirants.
Parmi ces cas réussis, Abdoul-Kader Djibo, jeune styliste installé à Niamey 2000, incarne parfaitement la réussite à la nigérienne. Promoteur de l’atelier ALKAWALI Couture, il s’est spécialisé dans la couture masculine. Grâce au FAFPA, il a bénéficié d’une formation approfondie, suivie d’un appui matériel conséquent pour lancer son activité. Aujourd’hui, Abdoul-Kader travaille à son propre compte et forme cinq jeunes, dont deux orientés par le FAFPA pour la spécialisation.

Son parcours force l’admiration : « j’ai quitté très tôt l’école, dès le primaire. C’est un voisin qui m’a parlé du FAFPA. J’ai déposé un dossier, j’ai été retenu, et aujourd’hui je vis de mon métier. Dieu merci, je subviens à mes besoins », confie-t-il avec fierté. Il appelle d’ailleurs les jeunes désœuvrés à sortir des fadas et à saisir l’opportunité que représente le FAFPA pour apprendre un métier et prendre leur destin en main.
Autre exemple parlant : Abdoul-Nasser Abdoul-Karim, artisan en menuiserie métallique, également établi à Niamey 2000. Comme beaucoup, il a quitté très tôt les bancs de l’école, mais n’a jamais renoncé à l’idée de se former. Grâce à une information transmise par un membre de sa famille, il découvre le FAFPA. Le jeune homme entreprend les démarches, intègre le programme de formation en menuiserie métallique et en ressort transformé.
Aujourd’hui, son atelier est pleinement fonctionnel. Il fabrique des portes, des fenêtres des mobiliers en métal et ne cesse d’élargir sa clientèle. Mieux, il contribue lui aussi à la formation en encadrant un apprenant orienté par le FAFPA. L’appui matériel reçu après sa formation lui a permis de démarrer rapidement et de voler de ses propres ailes.
Dans un autre domaine, celui de la mécatronique, Gambo Ibrahim illustre la capacité du FAFPA à offrir des formations techniques modernes et adaptées au marché de l’emploi. Ayant quitté l’école en classe de 4è, il avait déjà commencé à apprendre la mécanique dans son quartier sous la houlette de Maman Laouali, chef de garage. Mais c’est grâce au FAFPA qu’il a pu renforcer ses compétences, apprendre les bases de l’électricité automobile, la réparation de démarreurs, alternateurs et autres composants électroniques. Aujourd’hui, Gambo Ibrahim possède son propre garage, emploie trois jeunes apprentis et se dit pleinement autonome : « Je peux réparer aussi bien une panne mécanique qu’électrique. Je remercie beaucoup le FAFPA, grâce à qui je suis indépendant et j’arrive à subvenir à mes besoins ».

À travers ces témoignages, une réalité s’impose : le FAFPA ne change pas seulement des destins, il transforme des communautés. Chaque jeune formé et installé devient un relais de savoir-faire, un acteur de développement local, un formateur potentiel pour d’autres jeunes.
L’impact de ces actions dépasse les chiffres. Il se lit sur les visages des jeunes qui retrouvent leur confiance, des familles qui voient leurs enfants réussir et des quartiers qui s’animent autour d’activités productives.
Aïchatou H. Wakasso (ONEP)