La mission de suivi du projet lors d’une des étapes de sa visite dans la région de Tahoua
Le Projet de Gestion Intégrée des Paysages (PGIP), placé sous la tutelle du Ministère de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, continue de marquer positivement son empreinte dans la région de Tahoua. Démarré en juillet 2023, ce vaste programme de restauration écologique et de promotion des moyens de subsistance durables est financé par la Banque mondiale à hauteur de 150 millions de dollars, soit environ 95 milliards de FCFA, pour une durée de six (06) ans.
Avec l’objectif de favoriser l’adoption de pratiques intelligentes face au climat et d’améliorer les revenus des populations rurales, le PGIP intervient dans 82 communes réparties dans six régions du Niger, dont 15 dans la région de Tahoua. Ces communes sont situées dans les départements de Tahoua, Illéla, Bagaroua, Bouza, Kéita et Madaoua.
À ce jour, le Projet de Gestion Intégrée des Paysages (PGIP) a permis la récupération d’environ 18 000 hectares de terres dégradées, ainsi que l’implantation de la Régénération Naturelle Assistée (RNA) sur 10 500 hectares. En deux années d’activités, 299 sites ont été aménagés sous diverses formes : Demi-lunes agricoles (DLA), Demi-lunes sylvopastorales (DLSP), RNA et Lutte Contre les Plantes Envahissantes Terrestres (LCPET). À ces réalisations s’ajoutent l’élaboration des Plans de Développement Communal (PDC) pour les communes de Bagaroua, Tebaram et Bambeye, l’empoissonnement de la mare d’Erouf dans le village d’Abdouga (commune de Bambeye), ainsi que l’étude préparatoire en vue de la création d’une Ferme Agricole Communautaire Intégrée (FACI) à Guidan Karo, dans la commune d’Illéla.
Des réalisations concrètes et un impact social fort
Dans le département d’Illéla, qui compte 57 sites aménagés, la mission de suivi conduite par le Coordonnateur national du PGIP, le Colonel Kader Mohamed, accompagnée du Coordonnateur régional de Tahoua, le Colonel Nafatou Oumarou, a constaté l’ampleur des changements. Sur le site de Guidan Karo, le président du comité de gestion Oumarou Aboubacar a salué les retombées du projet : « Plusieurs centaines de jeunes ont trouvé de l’emploi. Avec l’argent gagné, ils ont pu subvenir à leurs besoins, acheter des vêtements ou faire de l’embouche ».
Les femmes aussi tirent profit de ce projet. Mme Oumma Dari, présidente du groupement féminin Adjémouraba, témoigne : « Grâce au PGIP, nous avons pu nourrir nos familles, payer les fournitures scolaires, épargner et démarrer des AGR ».
À Nagaro, dans la commune de Badaguichiri, les agriculteurs ont retrouvé espoir. Salifou Illiassou confie : « Depuis notre enfance, on ne cultivait pas ces champs. Aujourd’hui, grâce au projet, la terre est redevenue productive ».
Le préfet d’Illéla, M. Issiaka Abdou, a félicité le PGIP pour ces deux volets majeurs : la restauration des sites agricoles et pastoraux. Il a salué une initiative qui mobilise la jeunesse rurale et leur offre des revenus concrets, limitant ainsi l’exode.
D’autres départements bénéficiaires
La commune de Bambeye, avec 42 sites, a également reçu la visite de la mission. L’Administrateur Délégué, Inspecteur de police Boubé Moussa, a souligné la transformation du site de Danfan : « C’était un désert, sans paille ni arbre. Aujourd’hui, le site revit grâce au PGIP. Les jeunes ont gagné de l’argent, ils ne pensent plus à l’exode ».
Dans le département de Bouza, qui a bénéficié de 109 sites aménagés par le Projet de Gestion Intégrée des Paysages (PGIP), la mission s’est rendue dans la forêt classée de Karofane, chef-lieu de la commune. Selon le directeur départemental de l’Environnement, le Lieutenant-Colonel Gilbert Aloké, cette forêt, d’une superficie de 4 020 hectares, a été classée dans les années 1950. Depuis plus de vingt ans, aucune activité de restauration n’y avait été entreprise, malgré l’envahissement progressif du site par une plante herbacée, le Sida cordifolia, peu ou pas consommée par les animaux.
Grâce à l’appui du PGIP, une importante campagne de restauration est enfin lancée cette année, axée sur la lutte contre les plantes envahissantes terrestres. Le projet prévoit d’injecter plus de 230 Millions de FCFA pour traiter 2 000 hectares infestés, avec l’appui de 14 ONG locales et la mobilisation de 14 villages riverains. L’opération consistera notamment à sarcler et à arracher manuellement les plants de Sida cordifolia.
Cette initiative environnementale a également une forte portée socio-économique : plus de 2 000 travailleurs locaux seront mobilisés à travers le mécanisme du Cash for Work, générant ainsi plusieurs centaines de millions de FCFA en revenus pour les bénéficiaires. Un coup de pouce économique salué par les populations.
La délégation du PGIP a aussi visité le site pastoral de Sabon Sara Yamma dans la même commune, où les activités de gestion durable des terres se poursuivent. Partout où la mission est passée, les autorités locales et les communautés ont exprimé leur satisfaction face aux réalisations du projet. Elles ont unanimement souhaité la poursuite de ces actions, qui ont significativement amélioré les conditions de vie des populations et contribué à la restauration de l’environnement.
Tsahirou Abdoua, ANP-Tahoua
