Des personnalités prient sur la dépouille mortuaire de Karidjo Mahamadou avant son inhumation
« Nous venons de Dieu et vers lui nous retournons », ainsi s’établit l’irréversible cycle de la vie de tout être vivant. En ce jour 24 août 2025, le Niger enterre son fils Karidjo Mahamadou décédé le mercredi 20 août 2025 à l’âge de 72 ans. Ancien ministre de la Défense Nationale et des Transports et ancien parlementaire, feu Karidjo a été accompagné à sa dernière demeure par sa famille, ses amis et ses camarades de lutte dont des anciens Présidents de la République, anciens Chefs d’État et anciens ministres venus lui rendre un dernier hommage.
À la devanture du cimetière musulman de Yantala de Niamey, devant la dépouille mortuaire installée pour recevoir les derniers hommages, l’atmosphère est lourde, le silence s’installe au milieu des visages tristes dont certains en larmes. Très touchés par la perte d’un des leurs, les proches parents, amis et connaissances du défunt sont inconsolables devant l’évidence de ne plus le revoir, ni de l’entendre. Le corps inerte de celui qui fut leur père, leur confident et grand-père, qu’ils sont venus accompagner, le cœur serré.
Dans son oraison funèbre, M. Foumakoye Gado, camarade de lutte et ami du défunt, a rappelé le parcours glorieux de l’homme tant en politique que dans sa carrière de syndicaliste et d’enseignant. « Chargée d’enseignement en anglais dans plusieurs établissements scolaires du Niger, tu fus un modèle pour tes élèves. Je reconnais en toi un professeur qui a donné le meilleur de lui-même pour tous ceux qui sont passés dans tes classes. Ton esprit de créativité t’amènera dans tous ces établissements à être bénévolement responsable des activités artistiques et culturelles », a-t-il souligné.
Dans le domaine syndical, le défunt a eu, selon son ami, un parcours marqué par des activités syndicales et politiques qui le conduisirent à Zinder à être enrôlé par l’autorité dans l’armée durant deux ans, ce qui lui avait valu la double casquette d’élève soldat. « Tu quitteras les FAN avec le grade de caporal. Malgré tout, cela n’a ôté en rien ton engagement syndical qui se poursuivit dans le Syndicat National des Enseignants du Niger, dont tu fus le secrétaire à l’organisation du bureau exécutif national de 1979 à 1980 », s’est-il remémoré.
En effet, homme de combat, feu Karidjo fut dès son plus jeune âge de toutes les luttes pour la liberté, la démocratie et le progrès. Un éducateur chevronné car, après avoir enseigné durant de nombreuses années, sa passion pour l’éducation des jeunes l’amena à se lancer dans l’aventure de l’enseignement privé. Un homme de culture comme en témoigne ses compositions et créations avec la troupe artistique de Tillabéri. « Nous ne manquerons pas ici de signaler également sa face méconnue du grand public, écrivain de roman et de poèmes. Camarades Karidjo, tu fus pour nous, ta famille, tes amis et compagnons, un homme de valeur, de conviction qui a partagé des moments enrichissants avec ses élèves et ses compagnons de lutte. Tu resteras à nos yeux un homme courtois, loyal, généreux, intellectuel, rigoureux et un responsable politique qui a contribué au développement de notre pays. À sa famille éplorée, ses sœurs, ses enfants, ses petits-enfants et à tous ses parents, j’adresse mes condoléances les plus attristées, tout en priant afin que Dieu apaise leur douleur. Repose en paix, cher frère et camarades, que la terre te soit légère ! », a-t-il souhaité.
Hamissou Yahaya (ONEP)



