Dr Moustapha Ahoumadou
La Zakât, traduite littéralement comme l’aumône, est le troisième pilier de l’Islam. Cette aumône est imposable sur les fortunes qui ont atteint un certain seuil (le Nissâb) au cours d’une certaine période. Ces fortunes peuvent être de l’or, des objets de valeur, de l’argent fructifié, le bétail ou les céréales. Selon les écoles ou les savants, elle avoisine les 2,5% sur la liquidité, 1/10 sur les céréales, etc. Le but recherché est, entre autres, la cohésion sociale, la culture de la solidarité, du partage et la lutte contre la pauvreté voire du chômage et la promotion de l’entreprenariat.
Selon les explications du président de l’Association Islamique Faouziyya, Assistant Technique du Conseil Islamique du Niger, Dr. Moustapha Ahoumadou, certaines catégories de personnes sont éligibles à la Zakât. Il s’agit, entre autres, des pauvres, les nécessiteux, les collecteurs de zakat, les orphelins ou les orphelinats, les nouveaux convertis à l’Islam, les personnes endettées, les combattants dans la voie de Dieu ou le voyageur en difficulté. Toutefois, précise cet ouléma, si celui qui est imposable donne sa Zakât à l’une des huit catégories de bénéficiaires (éligibles), cela lui suffit. Cependant, la priorité est donnée aux bénéficiaires les plus nécessiteux. « Le musulman peut décider de donner au-delà du pourcentage recommandé. La priorité est donnée aux pauvres ou les nécessiteux les plus proches. Ils vous connaissent et ont l’idée de vos fortunes ou de l’opulence dans laquelle vous vivez », a-t-il conseillé.Relativement au Waqf, Dr Moustapha Ahoumadou explique que celui-ci est un acte de bienfaisance qui est indépendant de la zakat, c’est-à-dire sa source de financement qui ne doit pas provenir de la Zakât. La Zakât privilégie l’individu alors que le Waqf la communauté. Dans ce cas, le fonds de la Zakât ne doit pas être détourné pour soutenir les actions du Waqf. Ce dernier peut être individuel ou associatif. C’est-à-dire, l’on peut s’associer pour mobiliser des fonds pour entreprendre des actions sociales ou communautaires », a-t-il ajouté. Au sujet des fonctionnaires, le président de l’Association Islamique Faouziyya a dit que ces derniers sont des personnes qui sont en charge. Ce que le fonctionnaire perçoit lui servira juste pour satisfaire ses besoins. L’objectif n’est pas de fructifier la somme perçue. « Le fonctionnaire est pris en charge par un employeur qui peut être l’État. L’impôt sur les traitements et salaires (ITS) qui est prélevé lui sera utile lorsqu’il sera à la retraite pour qu’il puisse survivre », a-t-il souligné. Relativement aux voyous armés qui prétendent prélever la Zakât sur les communautés ou localités, Dr Moustapha Ahoumadou qualifie ces actes de banditisme, de vol et de cambriolage. « L’Etat est tenu de protéger sa population de ces genres d’actes et de combattre ces individus ou leur appliquer la Charia. L’Etat peut se charger de collecter la Zakât ou orienter les riches à distribuer celle-ci au niveau des zones ou régions du pays qui ont plus besoin », a-t-il rappelé.
Abdoulaye Mamane (ONEP)



