Séance plénière du CCR présidée par Pr Issoufou Katambé
Les travaux de la deuxième session ordinaire du Conseil Consultatif pour la Refondation (CCR) au titre de l’année 2025 se poursuivent activement à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale. Deux points étaient inscrits à l’ordre du jour de la séance plénière du vendredi 19 décembres 2025, à savoir une communication de la présidente de la Haute Autorité Nigérienne à l’Énergie Atomique (HANEA), Dr Mindaoudou Souley Zeinabou, et celle du ministre délégué auprès du Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, chargé du Budget, M. Mamane Sidi. Cette plénière a été présidée par le 1er Vice-président du Conseil Consultatif pour la Refondation, Pr Issoufou Katambé.
Peu après l’examen et l’adoption du compte rendu sommaire de la séance du mercredi 17 décembre 2025, la plénière s’est poursuivie avec les deux présentations inscrites à l’ordre du jour.
Ainsi, dans sa communication, la présidente de la Haute Autorité Nigérienne à l’Énergie Atomique a évoqué certains travaux menés par cette institution, dont une enquête au niveau des institutions sur la disponibilité des ressources humaines. La présidente de la HANEA a reconnu que le besoin est immense en termes de ressources humaines pour la phase de construction d’une seule centrale nucléaire qui nécessite près de 8 000 à 10 000 employés. Dr Mindaoudou Souley Zeinabou a souligné les efforts consentis dans ce sens. Elle a cité, entre autres, des bourses d’études en électricité nucléaire, des stages réguliers de courte ou moyenne durée, 400 et 500 bourses de formation que la HANEA reçoit par an et un chronogramme adopté pour le développement des ressources humaines pour chaque institution.
La seconde présentation a été celle du ministre délégué chargé du Budget, M. Mamane Sidi, axée sur le développement récent de la situation économique et financière. Dans sa présentation, le ministre délégué au Budget a souligné que l’économie nigérienne s’est montrée résiliente en dépit de multiples chocs liés notamment à la situation sécuritaire, au changement climatique, aux effets des sanctions économiques et financières, ainsi qu’à la suspension des appuis budgétaires.
S’agissant de la performance économique, le taux de croissance est ressorti à 2,6% en 2023 pour une prévision de 7%. « En 2024, il s’est établi à 10,3% grâce aux résultats combinés de la discipline budgétaire adoptée depuis 2023, de la levée des sanctions économiques et financières, de l’enregistrement d’abondantes précipitations et du début des exportations du pétrole brut qui ont relancé l’activité économique », a-t-il expliqué. M. Mamane Sidi a annoncé qu’en 2025, la croissance est estimée à 6,7% et serait de 7% en moyenne entre 2026 et 2028, grâce à la poursuite de l’exportation du brut, à l’augmentation de la production agricole irriguée et à la mise en œuvre d’importants projets dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures.
Toutefois, il a fait remarquer que le PIB par habitant qui était d’environ 766,9 USD (460 148 FCFA) en 2024, serait à 813,2 USD en 2025 (487 922 FCFA). Cet Indicateur s’établirait en moyenne à 899,5 USD (539 714 FCFA) entre 2026 et 2028, traduisant ainsi l’amélioration des conditions de vie des populations. Quant au taux d’inflation, il est ressorti à 9,1% en moyenne annuelle en 2024 en raison de la campagne agricole 2022-2023 moins bonne et à la rupture des chaines d’approvisionnement en produits de première nécessité due à la fermeture des frontières avec les autres pays de la CEDEAO. M. Mamane Sidi s’est réjoui de constater que les mesures prises par le Gouvernement ont porté leurs fruits, notamment l’interdiction de l’exportation du riz paddy, du riz blanchi, du mil, du sorgho, du niébé et du maïs. « Cette mesure, initialement adoptée en 2024 pour contenir la hausse des prix de certains produits alimentaires, a donné des résultats satisfaisants en particulier l’amélioration de la disponibilité des céréales sur les marchés nationaux et la stabilisation des prix, y compris pendant la période de soudure. Ainsi, l’inflation est ressortie à -9% en glissement annuel à fin août 2025. Elle serait à -2,5% en moyenne annuelle à fin décembre 2025 », a-t-il expliqué.
Situation budgétaire et financière
S’agissant de la mobilisation des recettes internes, le ministre délégué chargé du Budget a fait remarquer qu’à la fin novembre 2025, en dépit de la situation économique difficile, des sabotages extérieurs au niveau de nos frontières et de la situation sécuritaire, les recettes fiscales ont été mobilisées à hauteur de 1 069 milliards de FCFA dont 896 milliards par la DGI et 173 milliards par la Douane. « Les recettes non fiscales recouvrées par le Trésor et la DGI se chiffrent à 119,8 milliards. Pour l’ensemble de l’année, les recettes internes sont estimées à 1 230 milliards à fin décembre 2025 contre 929,5 milliards en 2024 et 977,2 milliards en 2022 », ajoute-t-il.
M. Mamane Sidi a relevé que le budget 2025 prévoit un niveau de dépenses de 1 987,5 milliards hors exonérations. Ces dépenses se composent de 1 162 milliards, de dépenses courantes, dont salaires 396,3 milliards et de dépenses d’investissement de 816,5 milliards. « Dans ces conditions, le déficit global, y compris les dons, qui était de 5,4% en 2023, largement au-dessus de la norme communautaire de 3%, est ressorti à 4,1% en 2024 », a-t-il déclaré.
Pour l’année 2025, le ministre délégué Mamane Sidi souligne que le déficit serait de 3,2% grâce à une augmentation des recettes issues des ressources naturelles, une meilleure mobilisation des recettes internes hors ressources naturelles et un meilleur contrôle de la croissance des dépenses publiques. à moyen terme, le déficit se maintiendrait à 3% en moyenne sur la période 2026 à 2028.
Le ministre délégué au Budget a annoncé qu’au cours de l’année 2026, la politique budgétaire sera centrée sur le renforcement de la mobilisation des recettes internes à travers l’élargissement de l’assiette fiscale, l’amélioration du climat des affaires grâce à la refonte du Code Général des impôts et les réflexions sur de nouvelles mesures visant une fiscalisation du secteur informel et de certains produits de l’agriculture et de l’élevage.
Concernant la dette publique, le ministre délégué Mamane Sidi assure que, dès la mise en place du Gouvernement, il a procédé à une revue de tous les projets et programmes pour s’assurer de leur alignement effectif aux nouvelles priorités et à leur niveau de mise en œuvre. A la suite de cet exercice, beaucoup de projets ont été restructurés et certains abandonnés. Ainsi, précise le ministre délégué chargé du Budget, le taux d’endettement est passé de 52,5% du PIB en 2023 à 44,5% du PIB en 2024. Il s’établirait à 43,2% du PIB en 2025. « Cette trajectoire est obtenue grâce aux mesures prises afin de concilier la couverture du besoin de financement avec sa politique d’endettement prudent. A ce titre, nous avons privilégié le recours aux ressources concessionnelles ayant un impact économique certain sur les ménages, les revenus des contribuables et les recettes de l’Etat », a-t-il indiqué.
Commerce extérieur
S’agissant du commerce extérieur, le ministre délégué Mamane Sidi souligne également que les exportations de biens ont été évaluées à 919 milliards de FCFA, représentant 7,6% du PIB en 2024. Elles sont dominées par l’exportation du pétrole et des produits agricoles. En 2025, les exportations sont estimées à 1 592 milliards de FCFA (12,3% du PIB), tirées par l’exportation du pétrole brut (1 144 milliards de FCFA).
Pour ce qui est des importations, a-t-il ajouté, elles sont évaluées à 1 214 milliards de FCFA, représentant ainsi 10,1% du PIB. Les importations sont dominées principalement par les produits alimentaires, les biens de consommation et les équipements. « Dans ces conditions, la balance commerciale qui était structurellement déficitaire jusqu’en 2024 (-2,5% du PIB), deviendra positive à partir de 2025 à 0,3% du PIB pour s’établir à 1,4% du PIB en moyenne sur la période 2026 à 2028. Les exportations pétrolières contribueront à réduire le déséquilibre de la balance commerciale », a-t-il annoncé.
Situation des grands projets structurants qui soutiennent la croissance
Le ministre délégué en charge du Budget a assuré de la poursuite dans le secteur de l’agriculture et l’élevage des projets comme le Projet d’Appui au développement des Cultures Irriguées et à l’Intensification de la Production Animale (PACIPA) pour un milliard de dollars, le Programme Grande Irrigation (PGI) pour un montant de 520 milliards de FCFA, le Programme Barrage de Kandadji pour 756 223 000 000 FCFA et le Programme de Développement Durable des Chaines de Valeurs Lait et Viande (PRODELAV) pour un montant de
132 800 000 000 FCFA.
Dans le secteur hydraulique, Mamane Sidi cite le Projet Plateforme pour la Sécurité de l’Eau (PISEN) avec un financement de 400 000 000 de dollars américains, le Projet de Renforcement de l’Alimentation en Eau Potable et Assainissement et d’Amélioration de la Résilience à Zinder, Mirriah et Villages Environnants (PREPAAR ZMVE) dont le montant est de 98 751 591 000 F CFA et le Projet de Gestion Intégrée des Paysages au Niger (PGIP) pour un financement de 94 650 00 000 F CFA.
Relativement au transport, il y a le Programmation d’Intégration et de Connectivité du Sud du Niger (PICSN) d’un montant d’un milliard de dollars, ensuite le Projet d’accélération de l’accès à l’électricité au Niger (PROJET HASKE) pour 185 milliards de FCFA dans le domaine de l’énergie. A cela s’ajoute, le Programme de Développement de la Zone Agro-Industrielle et Portuaire dans la Région de Maradi (PROZAP-Maradi) pour 60 000 000 000 F CFA dans le domaine des transports.
Dans le domaine de l’éducation, l’on retient le Projet d’amélioration de l’apprentissage pour des Résultats en Education (PROJET LIRE) pour un montant de 137 000 000 000 FCFA. Concernant la santé, il y a le Projet d’Amélioration de l’Accès des Femmes et des Filles à des Services Améliorés de Santé et de Nutrition dans les domaines prioritaires (Projet Lafia Iyali) pour la construction de 5 Hôpitaux de District et 35 CSI (70 000 000 000 FCFA).
Selon le ministre délégué en charge du Budget, les perspectives pour les prochaines années sont encourageantes. « La croissance économique serait forte avec un taux de 7% en moyenne entre 2026-2029. La trajectoire de réduction du déficit budgétaire se confirme. Le déficit budgétaire qui était de 6,7% du PIB en 2022 et 5,4% en 2023 s’est établi à 4,1% du PIB en 2024 et ressortirait à 3,2% en 2025. En 2026 et à moyen terme, ce déficit serait maintenu à 3% du PIB, conformément à la norme communautaire », a-t-il rassuré.
Abdoulaye Mamane (ONEP)



