Mamane Awal
La commune urbaine de Tanout couvre une superficie d’environ 6 780 km², soit 22,42 % de la superficie totale du département, estimée à plus de 30 000 km². La ville de Tanout, chef-lieu de la commune, se trouve à environ 145 kilomètres au nord de Zinder et à plus de 2 000 kilomètres de Niamey, la capitale. La commune compte 252 villages administratifs ainsi que 240 tribus, ce qui montre la richesse et la diversité de cet espace. Dans cet entretien, l’administrateur délégué de Tanout aborde la vie de la commune, les défis et les opportunités auxquels font face les citoyens de cette collectivité.
Dans le cadre de la décentralisation, l’Etat a transféré un certain nombre de secteurs aux communes, comment se présente la gestion de cette responsabilité confiée aux collectivités territoriales à Tanout?
En effet, comme toutes les autres collectivités du Niger, la commune de Tanout gère les compétences transférées aux communes dans le cadre du processus de décentralisation, l’État. Il s’agit en l’occurrence des domaines comme la santé, l’éducation, l’environnement et l’hydraulique. Ces domaines sont essentiels pour le développement local et pour l’amélioration des conditions de vie des populations. Le transfert de ces domaines a été certes réalisé, mais l’accompagnement nécessaire n’a pas suivi pour assurer la transition. Toutefois, nous assumons pleinement cette responsabilité avec les ressources disponibles. Nous pensons que l’Etat doit continuer à aider les collectivités territoriales pour renforcer l’ancrage du processus de la décentralisation au Niger.
Quelles sont les principales sources de financement de la commune pour mener ses actions de développement ?
Les ressources financières de la commune proviennent de plusieurs sources. D’abord, il y a les fonds propres de la commune, issus notamment des taxes et impôts locaux. Ensuite, nous bénéficions de l’appui de l’État, à travers les dotations et transferts budgétaires. Enfin, il faut également mentionner l’appui de partenaires techniques et financiers, notamment certains projets et organisations non gouvernementales qui accompagnent la commune dans la réalisation de plusieurs activités de développement.
L’incivisme est souvent évoqué comme un défi dans la gestion des collectivités territoriales. Quelle est la situation dans votre commune ?
Effectivement, l’incivisme est un problème qui touche plusieurs localités, et il est souvent plus visible dans les centres urbains. Dans notre commune, nous avons également constaté ce phénomène. C’est pourquoi, nous avons multiplié les séances de sensibilisation et de rencontres avec la population afin d’expliquer l’importance du respect des règles de la vie collective. À la suite de ces actions, nous constatons aujourd’hui une prise de conscience progressive de la part des citoyens.

La question de l’accès à l’eau est également un défi dans plusieurs zones. Est-ce que la commune de Tanout fait face à ce problème ?
Lorsque nous avons pris fonction, nous avons effectivement constaté des difficultés liées à l’accès à l’eau dans certaines localités de la commune. Cependant, grâce à l’engagement du conseil municipal et à la collaboration avec les différents partenaires, plusieurs solutions ont été mises en œuvre. Les réalisations sont nombreuses et figurent d’ailleurs dans le bilan des activités réalisées ces dernières années.
De par sa position géographique, la commune de Tanout est une plateforme tournante en matière d’échanges commerciaux. Quel rôle joue ce secteur dans la mobilisation des ressources de la commune ?
Oui, tout à fait. Le commerce constitue une source importante de revenus pour la commune. À travers les activités commerciales, la commune perçoit certaines taxes et impôts qui contribuent à alimenter le budget local. Une partie de ces recettes est ensuite réinvestie dans des projets au profit de la population.
Comment se déroule la collaboration entre les responsables en charge de la commune et les populations locales ?
La collaboration avec la population est très bonne. Pour favoriser la participation citoyenne, nous avons mis en place une commission consultative communale qui regroupe les représentants de toutes les couches sociales : la chefferie traditionnelle, les organisations sociales, les jeunes, les femmes et d’autres acteurs locaux. Cela permet d’associer la population à toutes les décisions importantes. Nous tenons à ce que toutes nos actions soient transparentes et connues de la population, ce qui renforce la confiance et la coopération.
Les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont parfois signalés dans la plupart des zones à vocation agro-pastorale. Qu’en est-t-il de la commune de Tanout ?
Cette question constitue effectivement un défi dans notre commune. Nous avons malheureusement enregistré certains incidents ces dernières années. Pour y faire face, nous avons mis en place un cadre de concertation communal qui regroupe toutes les parties concernées : représentants de l’État, chefs traditionnels, agriculteurs, éleveurs et autres acteurs locaux. Ce comité, composé de plus de trente personnes, travaille à la prévention et à la gestion des conflits. Par ailleurs, nous menons régulièrement des campagnes de sensibilisation pour rappeler le respect des dates de libération des champs et l’utilisation des couloirs de passage du bétail.
Quelles sont les perspectives et les projets futurs de la commune ?
Pour l’avenir, la commune a élaboré plusieurs projets innovants qui s’inscrivent dans la vision des plus hautes autorités du pays pour améliorer les conditions de vie des populations. Ces projets seront soumis aux partenaires techniques et financiers afin de mobiliser les ressources nécessaires à leur réalisation. Notre ambition est de renforcer l’accès aux services sociaux de base et de soutenir les activités économiques locales.
Quel message souhaitez-vous adresser à la population ?
Je voudrais rassurer la population que le conseil communal reste pleinement engagé à travailler pour l’amélioration des conditions de vie des habitants. Nos actions ne se limitent pas uniquement aux compétences transférées par l’État, mais concernent également le soutien aux activités agricoles, pastorales et sociales. Avec la collaboration de tous, nous sommes convaincus que la commune continuera à progresser.
Rabiou Dogo, ONEP Zinder



