Honorable Goubo Chétima
En votre qualité de membre du CCR, quelle conception avez-vous de la Refondation ?
La refondation à mon sens est la renaissance de la patrie. En d’autres termes, il s’agit d’une réforme institutionnelle, politique, économique et culturelle. Refonder une nation, c’est la reconstruire sur de nouvelles bases. Dans le contexte nigérien notamment, il s’agit tout simplement de sortir du joug de l’impérialisme occidental, d’aller à la quête de la souveraineté entière et véritable du pays dans tous les domaines (sécuritaire, économique, politique, culturel…).
Nous vivons à l’heure des préparatifs de la mise en œuvre de la Mobilisation Générale pour la Défense de la Patrie (MGDP). Quelles actions allez-vous entreprendre pour éveiller les consciences ?
Vous savez, avec les événements du 26 juillet 2023, notre pays a eu la chance d’avoir à sa tête des autorités qui ont le sens de l’anticipation, des visionnaires hors pair. Certes, il y avait eu dans le passé des dirigeants qui avaient eu cette inspiration à l’image de feu, le Président Tandja Mamadou. Malheureusement, en ce moment, il n’avait pas eu l’adhésion du peuple. C’est pour dire que lorsque l’ordonnance sur la mobilisation générale a été ratifiée par SE le Président de la République le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, nous savions que quelque chose de très sérieux se tramait quelque part contre pays. Pour preuve, quelques semaines seulement après, il y a eu les attaques sur les aéroports de Niamey et de Tahoua, attaques qui ont été vaillamment repoussées par nos intrépides FDS. Donc la mobilisation générale lancée par les plus hautes autorités de notre pays doit être prise au sérieux. Et, c’est dans cette optique que nous sommes en train de mener quotidiennement les actions de sensibilisation tant en ville qu’en campagne pour éveiller les populations.
En ce qui concerne le département de Maine Soroa, nous avons mené plusieurs séances de sensibilisation de masse. Dans la ville, nous avons réuni toutes les couches sociales avec lesquelles nous avons échangé sur le rôle du CCR et sur la refondation, mais aussi sur la mobilisation générale. Après, nous nous sommes rendus dans les deux autres chefs lieux de communes (Foulatari et Nguel Beyli) et le groupement peul dAmbouram Ali à la rencontre des populations rurales. La deuxième étape de nos actions a consisté à nous rendre dans plusieurs gros villages. Toutes ces activités, nous les avons menées aux côtés des autorités départementales, communales et coutumières. Nous profitons d’ailleurs de l’opportunité qui nous est offerte pour réitérer nos remerciements à toutes ces autorités qui, chaque fois qu’il s’agit d’action de développement, nous impliquent pleinement. Nous en sommes très reconnaissants. En ce qui est de la prochaine étape, nous avons élaboré à notre propre initiative un chronogramme d’activités que nous avons soumis à l’appréciation du préfet et qui consistera à intensifier les rencontres avec les populations rurales des zones les plus reculées notamment. Et cela, nous le ferons incessamment in chaa Allah.
Quel message particulier avez-vous à transmettre à la jeunesse pour réussir cette mobilisation générale et en particulier au niveau de votre communauté ?
Nous demandons simplement à la jeunesse un sursaut patriotique. D’abord même la mobilisation ne peut pas se faire sans une implication conséquente de la jeunesse car cette dernière constitue le levier du développement d’un pays, et au Niger, elle représente les 3/4 de la population. Alors, pour réussir leur participation à cette mobilisation, les jeunes doivent comprendre que primo ils doivent cultiver la cohésion en leur sein, bannir toute idée discriminatoire, ethnocentriste, clanique car une communauté désunie est susceptible d’être anéantie le plus facilement possible. Secondo, la vigilance doit être de mise ; il faut dénoncer tout suspect auprès des autorités compétentes. Tertio, comme l’a dit le Président de la République, chaque citoyen doit se constituer en un soldat, non pas en se procurant une arme, mais chacun selon ses capacités peut contribuer à la défense de la patrie. Par exemple pour les jeunes, il y a la lutte contre la désinformation et la cybercriminalite, l’engagement volontaire pour les groupes d’autodéfense ‘’Domol leydi’’, etc.
Quel est votre dernier mot, monsieur le conseiller?
Le Niger est notre unique patrie. Personne ne peut la construire à notre place. C’est à nous et à nous seuls de la protéger et de la construire. Alors retroussons nos manches et accompagnons nos autorités qui se battent nuit et jour, en multipliant notamment les douas et les prières et en restant constamment vigilants. Que le Tout Puissant Allah protège le Niger et son peuple.
Mato Adamou, ONEP-Diffa
