Présent dans les rendez-vous continentaux du Karaté, Mohamadou Ali Hamido ...
À seulement 25 ans, Mohamadou Ali Hamido représente avec fierté la nouvelle génération d’arbitres dans le paysage du karaté nigérien. Grand de taille, mesurant 1m80 pour 62 kg, il se distingue par une détermination affirmée. Aujourd’hui, il a su s’imposer progressivement dans un domaine longtemps dominé par des figures plus expérimentées. Son parcours, à la fois inspirant et prometteur, illustre son ambition claire de contribuer au renouvellement du corps arbitral et afficher le Niger sur la scène internationale.
Mohamadou Ali Hamido dispose d’une solide connaissance en communication et en management. Titulaire d’un BTS en communication des entreprises, d’une licence professionnelle en communication marketing et d’un master en management des entreprises et des projets, il est également le promoteur d’un cabinet de communication et de marketing dénommé MaCom, à travers lequel il met son expertise au service des organisations et des entreprises.
L’histoire de Mohamadou Ali Hamido avec l’arbitrage commence presque naturellement avec le contact avec son premier maître, le défunt Sanoussi Konaté. Chaque dimanche, ce dernier arbitrait les combats des élèves avec rigueur et passion. Ces moments ont profondément marqué le jeune pratiquant, éveillant en lui une fascination pour ce rôle souvent discret mais fondamental dans la pratique du karaté. Très tôt, il comprend que l’arbitre n’est pas seulement un juge, mais un garant de l’équité, de la sécurité et du respect des règles. « Mais au-delà de cette admiration, c’est aussi un constat qui a renforcé ma décision de m’engager dans cette voie : l’absence de jeunes dans le corps », a-t-il dit. Là où le jeune Mohamadou ne voyait que des aînés, il décide de devenir un pionnier de sa génération.

Sa carrière a débuté officiellement en septembre 2022, à l’occasion du championnat du Niger organisé à Zinder. « Ce premier contact avec la réalité du terrain constitue pour moi une véritable initiation. C’est à cette occasion que j’ai appris les bases du métier, mais surtout l’importance de la discipline, de la concentration et de la connaissance des règles », a-t-il fait savoir. Très rapidement, il bénéficie de l’accompagnement de la Commission Nationale des Arbitres qui joue un rôle déterminant dans sa progression, avant de suivre des formations continues et aussi de participer à des compétitions nationales, avant d’accéder à des compétitions d’envergure internationale. « En 2024, j’ai participé au championnat d’Afrique à Tunis, une étape cruciale dans ma carrière. L’année suivante, j’ai enchaîné avec le championnat d’Afrique à Abuja, au Nigeria, le championnat de la zone Ouest 2 au Burkina Faso, ainsi que les premiers Jeux de l’Alliance des États du Sahel (AES) organisés à Bamako », a raconté le jeune arbitre.
Selon lui, le rôle d’un arbitre dépasse largement le simple fait de compter des points. Il s’agit avant tout d’assurer la sécurité des athlètes, d’éviter les blessures et de maintenir l’ordre dans le combat. Pour exceller dans ce métier, Mohamadou Ali Hamido insiste sur des qualités essentielles comme la vigilance, la maîtrise de soi et la connaissance approfondie du règlement qui, d’après lui, sont les piliers de l’arbitrage.
Parmi les moments les plus marquants de sa carrière, Mohamadou Ali Hamido évoque avec émotion l’obtention de son premier diplôme international lors du championnat d’Afrique de Tunis en 2024. « Ce jour-là, j’ai compris que mes efforts portaient leurs fruits et que mon rêve devenait réalité », s’est-il réjoui. Cependant, des obstacles se dressent toujours sur son chemin. « Les coûts liés aux déplacements, aux formations et aux compétitions sont souvent élevés et difficiles à assumer individuellement », a-t-il déploré. Malgré cela, il continue d’avancer, porté par sa passion et sa détermination.
Aujourd’hui, Mohamadou Ali Hamido fait partie des cinq arbitres internationaux les plus gradés du Niger. Conscient de son rôle de modèle, il encourage les jeunes qui le souhaitent de se lancer dans l’arbitrage. « Il est possible de réussir, même en étant jeune, à condition de s’engager pleinement et de croire en ses capacités », a-t-il déclaré.
Hafissatou Mounkaila, (Stagiaire)
