Ibrahim Garba, artiste plasticien et mosaïste
Pratiqué depuis l’Antiquité, l’art de la mosaïque permet de créer des décors durables et colorés servant à orner les pavements, les murs de maisons ou encore les lieux publics. Les artistes mosaïstes assemblent de petits fragments, appelés tesselles, généralement des pierres, pâte de verre ou des images afin de former des figures ou d’autres objets d’art tels que des images géométriques. Art décoratif à part entière aujourd’hui, la mosaïque mêle tradition et créativité.
Au Niger, Ibrahim Garba, artiste plasticien et mosaïste, s’illustre à travers cette forme d’expression artistique contemporaine. À travers ses créations et sa participation à plusieurs symposions internationaux, notamment en Tunisie, en Jordanie et au Maroc, cet artiste contribue au rayonnement de l’art nigérien sur la scène internationale.
Depuis quelques mois, cet artiste s’active à l’organisation d’une grande rencontre dédiée à la mosaïque à Niamey. Considéré comme l’un des pionniers de l’art de la mosaïque au Niger, Ibrahim Garba œuvre à la promotion de cette forme d’expression artistique et culturelle. Il annonce la tenue à Niamey du 20 juin au 5 juillet 2026 du symposium international de l’art de la mosaïque qui va réunir artistes, artisans et passionnés de l’art autour d’une création monumentale symbolisant l’unité et la coopération des peuples du Sahel.
Une occasion pour rendre hommage aux dirigeants de l’AES
Pendant deux semaines, au musée national Boubou Hama de Niamey, une trentaine de participants, des artistes venus de différents pays réaliseront collectivement une fresque entièrement conçue en mosaïque, représentant les portraits des trois présidents de l’Alliance des États du Sahel. Cette œuvre d’une dimension de 6 mètres x 3 mètres, soit une surface totale de 18 m2, est non seulement un symbole de coopération, mais aussi de solidarité et d’intégration entre les peuples du Sahel.
Pour M. Ibrahim Garba, organisateur de l’événement, ce symposium va au-delà d’une simple exposition artistique. C’est une occasion pour honorer les chefs d’Etat du Niger, du Mali et du Burkina Faso, respectivement le Général d’armée Abdourahamane Tiani, le Général d’armée Assimi Goita et le Capitaine Ibrahim Traoré pour les sacrifices consentis dans la défense de la dignité de leurs peuples et la lutte pour la souveraineté.
« Je prépare ce symposium international de l’art de la mosaïque au Niger pour faire vivre l’art et ses valeurs dans notre pays à travers des exposions artistiques, créations de mosaïques en direct, rencontres culturelles, ateliers et échanges artistiques et la valorisation des arts africains contemporains ; c’est aussi une occasion pour immortaliser la bravoure de nos dirigeants », a confié Ibrahim Garba.
Pour lui, l’importance politique du choix de cet art réside dans son caractère symbolique de durabilité. En effet, contrairement à la peinture qui s’altère, la mosaïque résiste aux siècles. Son choix exprime la volonté d’ancrer un régime, une victoire ou des exploits héroïques.
Sur le plan social, la mosaïque exprime l’identité, l’intégration et l’espace public. C’est avant tout une identité culturelle locale, une démocratisation de l’art urbain, un outil de cohésion sociale contemporain favorisant le lien social, l’intégration des jeunes, la réhabilitation urbaine, etc.
Afin de bien mener son projet, Ibrahim lance un appel à l’endroit des autorités pour être soutenu dans la réalisation de son initiative qui rassemblera des personnalités artistiques des horizons différents. « J’ai besoin d’appui parce, jusque-là je participe à toutes les rencontres artistiques à travers le monde pour honorer le Niger, et c’était toujours dans mes propres fonds et ce sont des choses qui demandent beaucoup de moyens », a-t-il déclaré.
Yacouba Moumouni (Stagiaire)
