Le ministre de l’Intérieur et son homologue de l’Industrie du Bénin ...
Le processus devant déboucher sur la réouverture de la frontière Bénin-Niger suit son cours avec l’ouverture des négociations directes entre les délégations des deux pays qui ont débuté, le samedi 20 janvier 2026, à Cotonou au Bénin. La délégation nigérienne a été conduite par le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Général de division Mohamed Toumba. Elle comprend des experts nationaux issus de plusieurs départements ministériels et institutions de l’Etat.
A l’ouverture des négociations, le ministre d’Etat Mohamed Toumba a déclaré que c’est avec un sentiment de profonde responsabilité et d’espérance que la délégation nigérienne s’est rendue à Cotonou. Il a ensuite salué la courtoisie des autorités béninoises, reflet de la considération que les deux peuples se portent mutuellement depuis des siècles. Le Général Toumba a également rappelé que ce processus a été enclenché sous les hautes instructions des Présidents Abdourahamane Tiani et Romuald Wadagni. « Leurs décisions du 2 juin dernier à Niamey ont ouvert une voie nouvelle, celle de la réconciliation et du dialogue fraternel », a-t-il précisé.

Le ministre d’Etat a ensuite rappelé les enjeux de ce processus pour les deux pays. « La paix et la sécurité créent plus de valeur que la conflictualité. Le conflit nous a appauvris, divisés, affaiblis. La paix, elle, peut nous enrichir, nous rapprocher, nous fortifier », a-t-il déclaré, ajoutant que la délégation nigérienne est allée à Cotonou, non pas pour ressasser le passé, mais pour construire un avenir commun. « Le péril, nous le connaissons : il se nomme terrorisme, trafics illicites, insécurité transfrontalière. Ce qui sauve, c’est notre capacité à nous rassembler, à dépasser nos différences pour affronter ensemble les défis communs », a-t-il précisé.
Aussi, en sa qualité de ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité, le Général de Division Mohamed Toumba a insisté sur l’aspect sécuritaire. « Sans sécurité, la réouverture de la frontière ne serait qu’un leurre », a-t-il déclaré, relevant la persistance de la menace terroriste dans le complexe W-Arly-Pendjari où des groupes affiliés au JNIM, à l’EIGS et au groupe Lakurawa exploitent les zones grises, les couloirs de transit et les sanctuaires que peuvent constituer des espaces mal contrôlés.
Face à cet état de fait, le ministre d’Etat a annoncé deux préalables absolus qui doivent être acceptés par les deux parties. Il s’agit notamment de la signature d’un Accord de Défense et d’un Accord de Sécurité clairs, qui posent le principe intangible de la non-utilisation du territoire de l’un contre l’autre, et la transparence totale sur les dispositifs étrangers stationnés à proximité de la frontière commune. Vient ensuite la création opérationnelle d’une Cellule Bilatérale de Fusion du Renseignement, pour une lutte coordonnée contre le terrorisme qui, ne connaît pas de frontières. « Sur ces points, notre mandat est ferme et notre exigence est totale. Ils ne doivent être pas négociables, car ils touchent à la survie même de nos États et à la sécurité de nos populations », a déclaré le Général de Division Mohamed Toumba.
Le Chef de la délégation nigérienne a souhaité que le sujet sécuritaire soit traité en priorité, le même jour et en face à face entre les deux délégations, jusqu’à obtenir un accord de principe solide. Il a également reconnu l’importance des sujets économiques. « Mais ils ne doivent pas parasiter notre capacité à sécuriser la réouverture », a-t-il précisé, ajoutant que certains aspects peuvent être renvoyés à la prochaine session de la Grande Commission Mixte de Coopération ou à des groupes de travail techniques.
Pour le ministre d’Etat Mohamed Toumba, les deux parties doivent, au cours des 48 heures que durent ces discussions, se mettre d’accord sur la sécurité du corridor pour rouvrir la frontière aux personnes et aux biens. « Le reste est une question de calculs. La sécurité, elle, est une question de survie », a-t-il précisé, ajoutant que les deux parties ont l’opportunité de redonner vie à un corridor économique essentiel pour des millions de citoyens. « Nous avons entre les mains la possibilité de montrer que les États de la sous-région sont capables de surmonter leurs différends par le dialogue et la coopération », a-t-il conclu, tout en assurant de l’entière disponibilité du Niger au dialogue.
Siradji Sanda (ONEP)
Source : MI/SP/AT
