Lors de la visite au tribunal de Grande Instance de Gouré
Dans le cadre de sa tournée au sein des juridictions du pays, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, a effectué le jeudi 2 juillet 2026, une visite de travail à la maison d’arrêt et au Tribunal de Grande Instance de Gouré, dans la région de Zinder. Ce déplacement vise notamment à évaluer le fonctionnement des juridictions, échanger avec les acteurs et renforcer la proximité entre la justice et les populations. Il était accompagné du gouverneur de la région de Zinder, des membres de l’appareil judiciaire ainsi que des responsables des FDS.
La maison d’arrêt de Gouré, créée en 1912, héberge aujourd’hui un effectif de 298 détenus, dont 4 femmes et 11 mineurs. Elle est dotée d’un champ de culture d’une superficie de 16 hectares et d’une infirmerie. Le régisseur de cet établissement, commandant Ali Ibrahim, a présenté quelques doléances au ministre de la Justice qui se limitent à l’insuffisance de matériels et autres infrastructures pour répondre aux besoins du service pénitentiaire.
Au regard de la surpopulation de la prison, le ministre Alio Daouda a insisté sur l’accélération du traitement des dossiers judiciaires avant de recommander la création de commissions de surveillance des Etablissements pénitentiaires et de développer des activités de production pénitentiaire afin de lutter contre la récidive. Il ensuite évoqué la nécessité de transformer les prisons en Centres d’expertises où les détenus peuvent acquérir des compétences utiles et encouragé l’utilisation des peines de travaux d’intérêt général par la mise en place de structures pour gérer et sélectionner les détenus pour ces travaux.
La seconde visite a conduit le ministre de la Justice au Tribunal de Grande Instance, où il a visité les différents bureaux avant de tenir une rencontre avec les magistrats, greffiers et autres agents relevant du département de Gouré. Ces échanges directs ont permis de mieux cerner les réalités du terrain, d’identifier les contraintes majeures et d’envisager des pistes d’amélioration dans la perspective d’un service public de la justice plus performant et proche des citoyens. La réunion a porté sur le fonctionnement de la juridiction, les performances enregistrées, les difficultés rencontrées et les mesures envisagées pour améliorer la qualité du service public de la justice. Les échanges ont également permis de faire le point sur le traitement des dossiers au niveau du Tribunal de Grande Instance de Gouré.
Selon le ministre, cette démarche répond à la volonté du gouvernement de bâtir une justice plus accessible, plus efficace et davantage au service des citoyens. « Nous voulons que les populations sentent que la justice est rendue en leur nom, que les portes des tribunaux leur sont ouvertes et que nous travaillons avec elles pour renforcer leur confiance envers l’institution judiciaire », a-t-il déclaré. M. Alio Daouda a rappelé les réformes engagées par le ministère et qui portent sur la simplification des procédures, l’accélération du traitement des dossiers, la promotion des modes alternatifs de règlement des conflits, le respect des droits humains et la surpopulation carcérale. Le ministre a salué les efforts consentis par les responsables de la juridiction et les a invités à poursuivre leurs efforts afin de réduire le nombre de dossiers en instance.
S’adressant aux magistrats, le ministre a rappelé que l’indépendance de la justice ne saurait être interprétée comme une absence de responsabilité. « Vous êtes indépendants lorsque vous rendez votre décision. En dehors de cette mission, vous êtes des fonctionnaires de l’État, soumis aux mêmes obligations de présence, de discipline et de reddition de comptes que tous les autres agents publics », a-t-il souligné.
Le ministre a également dénoncé certaines pratiques incompatibles avec les exigences de la fonction judiciaire, notamment l’absentéisme, les retards dans le traitement des dossiers, les déplacements non autorisés ainsi que le manque de disponibilité de certains magistrats. « L’absentéisme constitue une faute disciplinaire. Désormais, chacun devra respecter les obligations prévues par le statut de la magistrature », a-t-il averti. Évoquant les relations entre les magistrats et les justiciables, le Garde des Sceaux a appelé à un changement de comportement afin de garantir un accueil respectueux et équitable des citoyens. « Nous n’allons promouvoir que ceux qui accomplissent correctement leur mission. La refondation de la justice passe par le retour aux fondamentaux et le respect strict des obligations professionnelles », a conclu le ministre.
Avant son départ du département de Gouré, le ministre Alio Daouda a effectué une visite de courtoisie à l’honorable Mai Moussa, Chef de Canton du Mounioma. Ce dernier a conféré au ministre le titre honorifique de ‘’Boulama’’ du Palais royal du Mounioma. En route pour Zinder, le ministre de la Justice a marqué un arrêt à Mirriah pour examiner le chantier du bureau du Tribunal d’Instance, dont la construction progresse comme prévu.
Rabiou Dogo, ONEP Zinder
