Mme Mariama présente des produits locaux sur son étal
L’économie populaire constitue un pilier important de l’activité économique. Dans les marchés, sur les trottoirs et dans les rues de Niamey, des milliers de commerçantes exercent diverses activités génératrices de revenus. À travers la vente d’épices, de céréales, de plantes médicinales ou encore de produits alimentaires, elles luttent contre le chômage et contribuent au développement socio-économique du pays.
Pour de nombreuses femmes, leurs activités dans l’économie populaire constituent une source de revenus destinée à subvenir aux besoins de leurs familles et à assurer leur autonomie financière. Ainsi, chaque matin dès les premières heures de la journée, ces commerçantes rejoignent leurs lieux de vente avec l’espoir de réaliser suffisamment de bénéfices pour la journée.
Au Petit Marché de Niamey se trouve Mme Doussou Aïchatou, 43 ans mère de 6 enfants qui vend des plantes médicinales depuis plus de vingt ans. « Je vends du bicarbonate, du kaolin, des balais, des décoctions pour enfants, des plantes à infusion, de la gomme pour les habits, du sel et du savon noir. J’achète mes produits au Bénin. Parfois, je passe des commandes et d’autres fois, je m’y rends personnellement pour me ravitailler », explique-t-elle.
Sur son étal, les prix varient en fonction des produits. Le balai est vendu à 200 FCFA, le sel à 100 FCFA, le demi-kilo de gomme à 700 FCFA, le bicarbonate entre 1 000 et 1 500 FCFA, le savon noir entre 500 et 1 000 FCFA, tandis que certaines plantes médicinales comme l’Acacia nilotica sont commercialisées dans des sachets à partir de 25 FCFA à 100 F.
À quelques mètres de là, Mme Mariama Issa, 45 ans, gagne sa vie grâce à la vente des épices. Installée sous un parasol, elle propose du gombo séché, des oignons torréfiés (gabou), des feuilles de baobab séchées (miyar kouka), ainsi que du sésame. « Cela fait plus de sept ans que j’exerce cette activité. Je m’approvisionne au marché de Torodi. Grâce à ce commerce, j’ai pu réaliser beaucoup de choses et répondre aux besoins de ma famille », confie-t-elle avec satisfaction. Par contre, elle déplore certaines difficultés liées à son commerce.
« Nous payons chaque matin une taxe de 50 FCFA, mais nous n’avons jamais bénéficié d’un soutien quelconque. Les clients se font de plus en plus rares, car beaucoup préfèrent s’approvisionner au marché Dolé où les prix sont jugés plus abordables », déplore Mme Mariama. Elle lance un appel aux autorités afin de revoir le système de taxation appliqué aux petits commerçants et encourage les jeunes à entreprendre et à s’investir dans le travail pour contribuer au développement du pays.
De son côté, Mme Fati Seyni, âgée de 40 ans et mère de quatre enfants, exerce depuis quinze ans la vente du riz local. « Le riz que nous vendons provient principalement de la région de Tillabéri. Je m’approvisionne au Grand Marché, parfois même à crédit. La mesure appelée «Tiya» est vendue entre 1 000 et 1 250 FCFA, tandis que le sac de 50 kilogrammes coûte environ 20 000 FCFA », explique-t-elle. Tout comme les autres commerçantes, elle s’acquitte quotidiennement d’une taxe de 50 FCFA et affirme n’avoir jamais bénéficié d’aide. « Ce commerce me permet de vivre dignement sans tendre la main à qui que ce soit. Par contre, nous avons besoin d’un meilleur accompagnement pour développer nos activités », souligne-t-elle.
À travers leurs témoignages, ces femmes démontrent que l’économie populaire reste un levier essentiel de résilience économique et sociale. Malgré les difficultés liées au manque de soutien et aux charges fiscales, elles jouent un rôle crucial dans la prise en charge de leurs familles et dans la dynamique économique de la capitale nigérienne.
Rabi I. Guero (ONEP)
