La friperie, un commerce en plein essor qui séduit de plus en plus de consommateurs
La vente des friperies, ou le commerce de vêtements d’occasion, a le vent en poupe ces dernières années. Plusieurs facteurs contribuent à cet état de fait. Acheter des vêtements d’occasion permet non seulement de soulager le pouvoir d’achat des Nigériens mais aussi de prolonger la durée de vie des articles. Les vêtements d’occasion sont plus résistants que ceux dits de « qualités », dit-t-on. La friperie attire une clientèle variée et offre une sélection unique qui n’est pas disponible dans les magasins traditionnels.
La friperie s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, où les biens sont réutilisés. Ce modèle économique favorise non seulement la durabilité, mais également l’accessibilité financière, permettant à un plus large public d’acquérir des vêtements de qualité à prix réduit.
Le marché Wadata de Niamey constitue une plaque tournante en matière de vente de friperie. C’est une activité économique en plein essor ici. Wadata offre un lieu de prédilection pour les habitants à la recherche de vêtements d’occasion à prix abordables. A l’extérieur du marché, comme à l’intérieur, les étals de vêtements d’occasion et boutique bondés de balles de friperie sont visibles. Le visiteur est accueilli d’abord par les vendeurs à la crier avant de voir un peu partout d’autres acteurs de la filière qui exposent les vêtements sur des sacs sous forme de natte, tandis que ceux qui n’ont pas de place prennent d’assaut les trottoirs. Les méthodes pour attirer l’attention des clients varient en fonction des vendeurs. Certains vendent à la crier et d’autres utilisent les haut-parleurs. C’est dans ce brouhaha que les commerçants de vêtement d’occasion tirent leur épingle du jeu.
Abdoul Salam Hama, un vendeur de vêtements d’occasion depuis cinq (5) ans, s’est spécialisé dans la vente de friperie pour femmes au marché Wadata. Il affirme que la vente de vêtements d’occasion est une activité complexe parce que la marge bénéficiaire fluctue beaucoup. Ce qui fait qu’on peut perdre ses économies dans un tant court. Généralement, a dit Abdoul Salam Hama, la période de froid et celle de canicule demeurent les moments propices pour la filière de vente de vêtements d’occasion.
Les balles de friperie sont importées de villes côtières comme, par exemple, Lomé et Cotonou. « J’ai débuté cette activité depuis 2021. Mon étal est composé de robes, jupes et divers habillements pour femme. Les prix varient entre 1 000 F et 2 500F. Les jupes, quant à elles, varient de 750F à 1 000F », a-t-il expliqué.
Selon Almoustapha qui exerce depuis plus de 3 ans, la filière friperie propose une diversité de vêtements allant des marques occidentales aux vêtements traditionnels et attire un large public. D’autres balles de friperie proviennent aussi de l’Asie, notamment de pays comme le Japon, la Chine, le Singapour, l’Inde, etc. Par ailleurs, la filière des vêtements d’occasion établit toute une chaine pour la vente, avec des commerçants qui achètent des lots de vêtements en gros afin de les revendre au détail.
Ce commerce permet non seulement de favoriser la consommation responsable, mais constitue également une source de revenus pour de nombreuses familles. « La cherté des balles de friperie est fonction de la provenance. Par exemple, les balles venant des pays arabes comme la Mecque coûtent entre 100 mille et 400 mille », a indiqué Almoustapha. Le prix de la vente en détail de ces vêtements tourne entre 1 500F et 2 500 FCFA pour les pantalons.
Comme toute activité, la vente de friperie comporte aussi des contrainte majeures. « Nous sommes dans un pays d’hinterland. Nous rencontrons des difficultés au Bénin où transitent nos marchandises avec une durée d’attente dépassant les normes. A cela viennent se greffer les tracasseries douanières avant l’obtention de nos friperies parce que nos colis peuvent atteindre trois mois avant d’arriver à Niamey. Avec la fermeture des frontières entre le Niger et le Bénin, c’est un calvaire. Nous souhaitons l’ouverture des frontières pour qu’on puisse exercer convenablement l’activité », a souhaité Abdoul Salam Hama.
Aichatou Moumouni, (Stagiaire)
