Des cultures à un stade avancé
Au Niger, la saison des pluies tire progressivement à sa fin, laissant place aux dernières étapes des travaux champêtres. Dans les champs, les producteurs s’activent pour entretenir les cultures et préparer les prochaines récoltes. Dans la commune rurale de Youri, les agriculteurs nourrissent l’espoir de récoltes satisfaisantes, après plusieurs mois de labeur. De leur côté, les services techniques et les autorités communales poursuivent leurs efforts pour accompagner les producteurs jusqu’à la fin de la campagne agricole.
Depuis plus de trois mois, dès les premières heures de la journée, les champs de mil, de sorgho, de niébé et d’autres cultures grouillent de vie. Dabas et autres outils manuels en main, les acteurs du secteur agricole nourrissent l’espoir d’une récolte meilleure que celle de l’année dernière.
Sur le chemin menant au chef-lieu de la commune rurale de Youri, le paysage est bordé de champs où les cultures apparaissent à différents stades de développement.
Dans la commune, des femmes se sont regroupées pour travailler la terre. Réunies au sein du groupement « Bondouré Guessel », elles se rassemblent chaque matin, bien avant les premières pluies, pour préparer les terres. Dans un premier temps, elles aménagent les parcelles, labourent, remuent la terre et y apportent de l’engrais afin d’améliorer les rendements. Elles attendent ensuite la tombée des premières pluies pour procéder aux semis.
Pour ces femmes, l’agriculture constitue un moyen de résilience face à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire. Mme Larabo Oumarou, la quarantaine, est l’une d’entre elles. Elle s’affaire au sarclage de son champ.

« Ce terrain de plusieurs hectares sur lequel nous travaillons nous a été gracieusement offert par un autochtone du village. Chaque année, depuis trois ans, pendant la saison des pluies, nous nous organisons pour exploiter minutieusement cet espace. Nous avons commencé les semis avec les premières pluies », a-t-elle expliqué.
Dans ce périmètre bien aménagé et divisé en plusieurs parcelles pour favoriser la bonne croissance des cultures, on trouve du woandzou, de l’arachide, du mil et à certains endroits, de l’hibiscus. Les cultures se développent progressivement et les travaux avancent dans de bonnes conditions.
Selon Mme Larabo Oumarou, chaque variété de culture possède une technique culturale propre. Ici, les femmes accordent une attention particulière à la culture du woandzou. La première récolte, a-t-elle souligné, avait été satisfaisante. « Nous avons vendu, mangé et donné. C’était une expérience à la hauteur de nos attentes. Mais l’année passée, le rendement était faible. Nous n’avons pratiquement pas récolté en raison de la rareté des pluies. C’était un échec total. Cette année, nous espérons que la récolte sera au rendez-vous », a-t-elle confié, une lueur d’espoir dans les yeux. Au sein du même groupement, Fati Halidou, une mère de 47 ans, s’investit elle aussi pleinement dans les activités agricoles. Cela fait exactement trois ans qu’elle a décidé de s’associer à ses sœurs pour travailler la terre. « Depuis que nous avons commencé, nous n’avons rencontré aucune difficulté majeure. Le seul problème est que nous n’avons pas bénéficié d’appui pour nous encourager dans ce que nous faisons. Mais depuis un certain temps, avec l’arrivée des autorités communales actuelles, les choses ont changé. Nous travaillons désormais en étroite collaboration avec le responsable communal de l’agriculture, qui nous donne des conseils et nous prête main-forte en cas de besoin », a-t-elle indiqué.

En dehors de ce site, elle exploite un autre périmètre agricole, sur lequel elle cultive du gombo, du sésame, du niébé et de l’arachide. Une activité qui fait aujourd’hui sa fierté.
Une campagne jugée satisfaisante au niveau communal
Avec les premières pluies enregistrées dès le 6 juin, pour un cumul de 41 mm, la saison agricole à Youri a débuté plus tôt que l’année précédente. En 2025, elle n’avait commencé que le 16 juin, avec un cumul de 14 mm. Cette situation laisse entrevoir de bonnes perspectives pour la campagne agricole en cours.
« La campagne a débuté dans des conditions favorables et nous souhaitons que cette tendance se poursuive afin de réussir la campagne agricole 2026 », a rappelé le chef communal de l’Agriculture, M. Abdoul Razak Boubacar. Dans la commune, les 25 villages ont tous effectué leurs semis, selon le responsable communal. 15 villages sont au stade de floraison pour les céréales, tandis que 10 sont au stade de montaison. Concernant le niébé, les cultures sont, dans l’ensemble, au stade de ramification. Quant à l’arachide et au woandzou, ils sont en pleine croissance.

S’agissant des attaques phytosanitaires, un seul village sur les 25 a signalé une attaque d’insectes floricoles. « Nous sommes à pied d’œuvre pour répondre rapidement à ce problème. Une situation a déjà été établie afin de déterminer le nombre de producteurs concernés ainsi que les superficies infestées », a-t-il déclaré.
Pour prévenir d’éventuelles attaques phytosanitaires, les autorités communales ont pris des dispositions préventives bien avant le début de la campagne. Ainsi, chaque village dispose d’un brigadier phytosanitaire, doté de conseils, de quelques outils et de produits phytosanitaires afin de pouvoir intervenir rapidement en cas de besoin.
« Si cette tendance se maintient jusqu’à la troisième décade du mois de septembre, nous pourrons dire que la campagne agricole 2026 est en bonne voie et qu’elle pourra s’achever dans de très bonnes conditions, avec des récoltes satisfaisantes », a-t-il indiqué. Cependant, malgré une bonne répartition des pluies, M. Abdoul Razak Boubacar déplore le manque de renforcement des capacités des producteurs ainsi que l’insuffisance de semences améliorées et d’intrants agricoles, aussi bien en qualité qu’en quantité. « Nos agriculteurs ont encore des pratiques quelque peu ancestrales. Si aujourd’hui nous arrivons à moderniser les techniques culturales à travers la formation et la vulgarisation de nouvelles méthodes de production, ils pourront apprendre beaucoup de choses et mieux s’adapter aux changements climatiques qui se manifestent de manière de plus en plus évidente », a-t-il expliqué.
Il a également ajouté que les services techniques envisagent d’accompagner les producteurs afin qu’ils puissent mieux s’organiser en coopératives et qu’au-delà de la production, ils puissent développer des activités de transformation et de conservation de leurs produits, afin de faciliter leur écoulement sur les marchés.
Fatiyatou Inoussa (ONEP)
