Né le 8 avril 1998 à Tanout (Zinder), Azahil Abou Hamid, plus connu sous le nom de « Az Boy », est un artiste rappeur et interprète nigérien. Il a commencé sa carrière musicale en 2018 au sein d’un groupe dénommé « Compagnie d’appui », sous le label « Wally Prod» de Baba No’ciph. Il a décidé, en 2020, de se lancer dans une carrière solo.
Devenir artiste rappeur a toujours été un rêve, une passion que Azahil nourrit depuis sa tendre enfance. Pour cela, il s’est inspiré de plusieurs artistes qui ont contribué à faire évoluer sa carrière musicale. À travers ses chansons, l’artiste aborde des sujets en lien avec la vie en société, tels que la cohésion sociale, l’amour et l’entraide. Il essaie toujours d’exprimer ce qu’il ressent à travers son propre style, « Afrobeat Haoussa », un genre musical issu du mélange de genres de musiques urbaines nigériennes.
Pour lui, le rap est un canal qui lui permet de transmettre son message. « J’ai choisi la musique pour sensibiliser notre génération. Je chante pour attirer l’attention des gens et dénoncer certaines pratiques néfastes. Je voudrais être la voix des “sans-voix” afin de sensibiliser la population », confie-t-il.
Le jeune artiste dénonce le fait que, de nos jours, certains adoptent la culture des autres pour réussir dans la musique. Pour sa part, il a préféré intégrer des instruments et chante en langues locales nigériennes dans ses créations afin de donner davantage de sens à ses propos. « Au Niger, il est important de chanter et de collaborer dans des langues que tout le monde comprend, à savoir le zarma, le haoussa, le tamasheq et bien d’autres. Dans mes clips, le plus souvent, je m’habille en tenue touareg en portant le turban, car celui qui néglige sa culture est un perdu », estime-t-il.
S’agissant du processus de création, il explique que derrière chaque chanson, il y a tout un sacrifice. « Il faut consacrer beaucoup de temps pour bien réfléchir afin de réaliser une très belle chanson. Les idées doivent se suivre pour capter et attirer l’attention des fans. Il faut aussi beaucoup de courage et de patience », insiste-t-il.
En ce qui concerne les difficultés, il évoque un sérieux manque d’attention à l’égard de la musique nigérienne, précisant que, dans d’autres pays, les artistes sont soutenus et occupent une place importante dans la société. « Malheureusement, chez nous, ce n’est pas le cas, car même au sein de ta famille, la musique est mal perçue. Les gens nous découragent, nous sommes considérés comme des ratés, alors que nous ne souhaitons qu’un soutien et des encouragements. C’est en ce sens qu’on peut aller loin et atteindre nos objectifs », déclare-t-il avec regret. Parlant de l’évolution du rap au Niger, « Az Boy » indique qu’il y a eu un grand changement par rapport aux années antérieures. Dans le temps, la technologie n’était pas aussi développée et il n’y avait pas les réseaux sociaux. Il fallait « charbonner » avant d’être connu du grand public. « Aujourd’hui, tout tourne autour du numérique et on ne peut pas s’en passer. À travers un seul “single”, on peut faire le buzz », témoigne le jeune rappeur.
Malgré tout, il reconnaît avoir un public exceptionnel qui l’encourage à aller jusqu’au bout. Il en profite pour le remercier pour son soutien constant et ses encouragements. « Grâce à eux, j’arrive à progresser dans cette musique. J’ai fait de belles rencontres et j’ai aussi tissé des relations avec d’autres artistes », se réjouit-il. L’artiste a, en outre, lancé un appel aux jeunes artistes qui hésitent encore à s’engager dans la musique, les invitant à le rejoindre et à s’armer de courage et de patience pour surmonter les obstacles.
Il faut noter qu’en dehors du rap, Azahil Abou Hamid est également un homme d’affaires. Il exerce de petites activités afin de ne pas avoir à tendre la main à quelqu’un. « Même si cette musique ne nourrit pas complètement son homme, on remercie Dieu car, à travers elle, on arrive à satisfaire quelques besoins. Elle m’a aussi donné une bonne image. C’est à travers elle que j’excelle dans ce que j’entreprends », conclut-il.
Farida. A. Ibrahim (ONEP)
