Poursuivant sa visite de travail dans les juridictions et les maisons d’arrêt du pays, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, s’est rendu à Madarounfa où il a visité la maison d’arrêt ainsi que le tribunal d’instance.
Construite en 2017 en matériaux définitifs, la maison d’arrêt de Madarounfa dispose d’une capacité d’accueil de 250 détenus. Elle héberge actuellement 126 pensionnaires, dont 55 condamnés, 71 prévenus et 12 détenus de nationalité étrangère.
Dans le cadre des activités de réinsertion, l’établissement dispose d’un jardin de 0,90 hectare où les détenus pratiquent les cultures de contre-saison. Les récoltes contribuent à l’alimentation des pensionnaires. La maison d’arrêt comprend également un atelier de couture ainsi qu’un atelier de transformation des produits alimentaires et de fabrication de produits cosmétiques.
Parmi les principales doléances formulées au ministre figurent la construction d’un mur de clôture pour renforcer la sécurité du centre, la création d’une infirmerie et la mise à disposition d’un véhicule destiné au transport des détenus.
Le régisseur de la maison d’arrêt de Madarounfa, le capitaine Hamissou Garba, a souligné que son établissement entretient une excellente collaboration avec le médecin-chef du district sanitaire de Madarounfa, qui assure la prise en charge des détenus malades, ainsi qu’avec les autorités administratives et coutumières, dont les interventions ont permis de résoudre plusieurs difficultés. Il a également sollicité la création de nouveaux ateliers d’apprentissage, notamment en menuiserie bois, menuiserie métallique et soudure. En réponse, le ministre a recommandé aux responsables de la maison d’arrêt de se rapprocher des centres de formation professionnelle de Maradi afin d’élaborer une proposition concrète permettant la mise en place de ces ateliers.
Au tribunal d’instance de Madarounfa, après la présentation de la juridiction, le ministre Alio Daouda a adressé ses félicitations au personnel, estimant que plusieurs préoccupations avaient déjà trouvé des solutions. Il est ensuite revenu sur les réformes engagées pour améliorer le fonctionnement de la justice au service des citoyens. Il a rappelé aux magistrats qu’en tant qu’agents de l’État, ils sont soumis à des exigences de discipline, notamment le respect de la hiérarchie, l’assiduité au travail et la célérité dans le traitement des dossiers judiciaires. Il a également rappelé les orientations stratégiques qui permettront à la justice nigérienne de mieux répondre aux attentes des populations.
La délégation ministérielle s’est ensuite rendue à la maison d’arrêt de Maradi. Créée en 1945 et réhabilitée en 1992, cette maison d’arrêt a une capacité d’accueil de 450 détenus. Elle héberge aujourd’hui 853 pensionnaires, dont 198 étrangers, précisément : 190 Nigérians, 4 Togolais, 2 Tchadiens et 2 Libyens. Parmi tous les détenus, 458 relèvent du droit commun et 395 sont des détenus de sécurité. Plusieurs activités de réinsertion y sont menées au profit des pensionnaires. Toutefois, l’établissement a plusieurs besoins, notamment l’installation de caméras de surveillance, la construction de salles d’isolement pour les malades atteints de maladies contagieuses, ainsi que la création d’ateliers de menuiserie bois, de menuiserie métallique, de soudure et de taille. Le régisseur a également exprimé sa gratitude à l’endroit des personnes de bonne volonté qui apportent régulièrement leur soutien aux détenus, particulièrement pendant le mois de Ramadan et à l’occasion des fêtes religieuses.
Au tribunal de grande instance de Maradi, le ministre de la Justice a suivi la présentation de la juridiction avant de transmettre le même message que celui adressé à Madarounfa. Il a invité les magistrats à s’inscrire pleinement dans la dynamique des réformes en cours, soulignant que la nouvelle vision de la justice ne laisse plus de place aux anciennes pratiques qui ont longtemps entravé son bon fonctionnement.
Tiémogo Amadou, ONEP-Maradi
