Les plus hautes autorités de notre pays ont toujours prôné l’efficacité de l’administration et la qualité du service rendu aux citoyens comme étant l’un des facteurs devant soutenir le processus de Refondation.
Cette exigence émane d’un constat : les usagers se plaignent de la lenteur administrative. En effet, l’administration publique nigérienne est lourde lorsqu’il s’agit de prendre des décisions. Une situation qui peut avoir diverses raisons dont l’insuffisance en personnel et en matériel, mais aussi les insuffisances des agents eux-mêmes, la routine, l’absence d’initiative et d’innovation, la manie de certains agents de garder, entre leurs mains, un volume important d’actes administratifs ou d’activités à réaliser. Une situation qui a des répercussions, le plus souvent, négatives sur les activités des autres secteurs et acteurs.
Les efforts de créations de guichets uniques dans certains domaines et la digitalisation d’autres services s’inscrivent dans cette logique d’amélioration de la qualité, de la diligence et de la célérité dans l’offre de service rendu aux usagers.
Malheureusement, certaines pratiques ont la vie dure et, la routine aidant, les usagers continuent de payer le prix fort de la lenteur administrative.
Certains hauts responsables en parlent sans tabou à l’image du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme qui ne cesse de déplorer la lenteur judiciaire qui a pour conséquences la surpopulation carcérale, ses coûts pour l’Etat, mais aussi la privation de liberté pour des prévenus dont certains passent plus de temps en prison que ce que prévoit leur condamnation.
Dans d’autres domaines, cette lenteur a des répercussions silencieuses mais tout aussi insidieuses. Tenez-vous bien ! pour avoir une attestation de service civique, il faut attendre six (06) mois, six (06) longs mois au cours desquels un jeune diplômé en quête d’emploi peut manquer des opportunités si tant est que ce papier banal est exigé dans la composition du dossier de candidature.
Dans le secteur privé, et même dans certaines institutions publiques, les attestations de service sont établies presque séance tenante, étant donné que l’administration dispose de toutes les informations sur le demandeur.
Face à une telle lenteur qui peut être préjudiciable au devenir des jeunes en quête d’emploi, la digitalisation des procédures s’impose comme une alternative.
Siradji Sanda (ONEP)
