‘‘L’erreur est humaine, mais persister dans l’erreur est diabolique’’ dit un adage. L’attitude de deux puissances actuellement dans le monde est une illustration parfaite de cette sagesse populaire. D’un côté l’immense USA avec sa mésaventure au pays des Mollahs et de l’autre la toute petite France face à son cauchemar sahélien.
En effet, après plusieurs mois de conflit au Moyen Orient sans objectif clair, les Etats Unis ont signé un accord avec l’Iran pour mettre fin à ce conflit inutile. Une attitude qui est une sorte de reconnaissance de l’erreur commise par les USA en déclenchant cette guerre, mais qui n’en demeure pas moins un acte de grandeur. Parce que reconnaître ses erreurs, même si l’on a la conviction d’être le plus fort, est un acte de grandeur.
Cette disposition d’esprit est absente en France, et chez les Européens en général, qui s’échinent à maintenir leur position au Sahel, y compris en recourant et s’associant aux groupes terroristes qui endeuillent les populations sahéliennes. Pour ce faire, la France et ses alliés européens s’adonnent à une vaste campagne de mensonge, de désinformation et de dénigrement menée jusqu’au sein du parlement européen par quelques individus à l’esprit tordu, nostalgiques du colonialisme et incapables de comprendre l’évolution et les dynamiques du monde actuel, particulièrement dans l’espace de la Confédération des Etats du Sahel.
C’est ce substrat de l’esprit colonial qui a suscité l’adoption des scélérates résolutions par le Parlement européen le 12 mars et le 18 juin 2026, respectivement pour donner des instructions au Niger et au Burkina Faso. Cette sénilité politique disqualifie la France et ses alliés européens à avoir une quelconque autorité sur ce qui se passe dans l’AES. Plus encore, de quel ascendant moral disposent-ils pour faire la leçon aux pays de l’AES, alors que la France est passée maître dans le double standard ? pourquoi insistent-ils à nous imposer leurs valeurs et les hommes qui doivent nous gouverner ?
Il est temps que la France et ses alliés européens se rendent compte que le Sahel, en particulier la Confédération AES, n’est plus l’espace auquel ils étaient habitués, c’est-à-dire ces pays dirigés par des Chefs d’Etat qui obéissent au simple claquement de doigts ou clignement des yeux des dirigeants français. L’AES est aujourd’hui dirigée par des leaders nationalistes jaloux de la souveraineté de leurs pays et de la dignité de leurs peuples.
Exit, l’ère des béni oui-oui. L’AES exige et impose le respect de ses choix politiques et géostratégiques. C’est un processus irréversible que ni les menaces, ni les actions perfides ne sauraient compromettre parce que c’est un processus voulu et soutenu par les peuples fiers et souverains de la Confédération.
Désormais, toute relation avec la Confédération AES doit être fondée sur le respect mutuel. Du reste, un monde de paix se construit dans le dialogue, le respect de l’autre et l’acceptation de la différence. C’est ce que certains appellent sournoisement ‘’multilatéralisme’’, alors qu’ils se refusent à l’appliquer face à l’Afrique.
Depuis les Lumières, le philosophe français J. J. Rousseau, ne disait-il pas que « le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir » ? Une fois encore, les Etats Unis font preuve de grandeur en mettant fin à la guerre contre l’Iran, au même moment où la France et l’Europe continuent, par mépris et par arrogance, à attiser et alimenter les conflits en Ukraine et au Sahel. C’est peut-être la nature profonde de leur âme. Et, elle finira par les perdre. Ce dont nous serons particulièrement fiers.
Siradji Sanda (ONEP)
