Le mondial de football organisé sous l’égide de la FIFA tous les quatre ans est incontestablement le plus grand rendez-vous du football, sport le plus populaire à travers la planète. Ce moment de passion retient l’attention de ses amateurs et même d’autres acteurs, non seulement pour le spectacle, les échanges, la convivialité mais aussi pour les affaires, parce que le football brasse des milliards.
Pour le Mondial 2026 coorganisé par trois pays d’Amérique (les Etats-Unis, le Canada et le Mexique), le spectacle a commencé avant l’heure, c’est-à-dire avant les compétitions elles-mêmes notamment aux USA. Un spectacle plutôt désolant où des délégations sont soumises à des contrôles presque humiliants, des supporters sont empêchés d’entrer aux Etats Unis. Les délégations du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la RDC en savent quelque chose. Que dire de l’équipe d’Iran obligée de rentrer au Mexique aussi après chaque match sur le sol américain. L’arbitre africain de nationalité somalienne Omar Artan (le meilleur du continent en 2025) pourtant accrédité à officier par la FIFA s’est vu également refouler à l’atterrissage aux Etats-Unis malgré son visa. De même que le photographe officiel de l’équipe d’Irak renvoyé chez lui malgré aussi l’accréditation de la FIFA. Personne n’est épargné par ce comportement du gouvernement américain. Des officiels aux supporters en passant par les joueurs, les arbitres.
Des supporters ont acheté des billets d’avion, des tickets et fait des réservations d’hôtels pour aller vivre leur passion. Beaucoup n’iront pas, cela sans compter l’état de certaines pelouses. Mais le plus révoltant est que ces humiliations se passent au nez et à la barbe de la FIFA qui en est parfaitement au courant. De tout cela, que dit la FIFA ? Pour l’instant, elle ne pipe mot. Que voulez-vous, est-on tenté de dire ? C’est l’oncle Sam ! Il fait ce qu’il veut chez lui et même partout dans le monde, sauf bien sûr chez les Mollahs d’Iran.
En définitive, ce spectacle avant l’heure vient exposer, au grand jour, la chimère que nous a vendue la FIFA selon laquelle le sport (football) ne se mêle pas de la politique. En effet, imaginez que ces comportements soient intervenus sur le continent africain. On n’a même assisté à des impondérables moins graves que ceux qu’ont vécus actuellement certaines délégations aux Etats Unis et qui ont valu des réprimandes de la part de l’instance faitière du football mondial.
Où sont passées les grandes gueules promptes à vilipender les dirigeants africains qui essaient de mettre de l’ordre dans leurs fédérations ? Que de chuchotements, des murmures ! Pourquoi, la FIFA n’impose-t-elle pas ses règles à Trump, comme elle prétendait le faire en Afrique et ailleurs ?
Siradji Sanda (ONEP)
