Une vue de bâtiments du CSI inauguré ...
Le village de Bagagi a vécu, le mardi 10 juin 2026, jour de marché hebdomadaire, un événement historique avec l’inauguration officielle de son nouveau Centre de Santé Intégré (CSI) de type II par le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, le Médecin Colonel-Major Garba Hakimi, et la Représentante de l’UNICEF au Niger, Mme Djanabou Mahondé. C’était en présence du Gouverneur de la région de Dosso, des autorités administratives, coutumières, religieuses, des femmes, des jeunes et de milliers d’habitants venus célébrer l’aboutissement d’un projet attendu depuis plusieurs années et témoigner leur reconnaissance à l’État du Niger et à l’Unicef.
Dans son intervention, le ministre Garba Hakimi a salué une réalisation qui s’inscrit dans la vision des plus hautes autorités du Niger visant à rapprocher les services sociaux essentiels des populations. Pour lui, ce nouveau centre constitue une réponse concrète aux besoins sanitaires des habitants de Bagagi et des villages environnants. « Chaque femme, chaque enfant et chaque famille a droit à des soins de qualité. Ce centre permettra d’améliorer considérablement la prise en charge sanitaire des populations et de réduire les difficultés liées à l’éloignement des structures de santé », a déclaré le ministre, tout en appelant les communautés à veiller à la préservation de cette infrastructure. Le Médecin Colonel-Major Garba Hakimi a également salué la qualité du partenariat entre le Gouvernement du Niger et l’UNICEF ainsi que l’expertise des entreprises nigériennes ayant réalisé les travaux. Il a réaffirmé l’engagement de l’État à poursuivre les investissements dans le secteur de la santé afin de garantir une meilleure couverture sanitaire à travers le pays.

Pour sa part, la Représentante de l’UNICEF au Niger, Mme Djanabou Mahondé, a souligné que cette cérémonie symbolise bien plus que l’achèvement d’un chantier. « Là où il y avait une attente légitime des populations, il existe désormais un espace de soins, de prévention, de protection et d’espoir », a-t-elle affirmé. Mme Djanabou Mahondé a rappelé que ce Centre de Santé Intégré, construit et équipé pour un montant de 687 184 299 FCFA, permettra aux femmes enceintes de bénéficier d’un meilleur suivi, aux enfants d’accéder rapidement aux soins et aux jeunes de disposer d’un cadre adapté pour les activités de sensibilisation et de promotion de la santé. La Représentante de l’UNICEF a insisté sur le fait que le véritable succès du centre se mesurera au nombre de vies sauvées, au nombre d’accouchements réalisés dans des conditions sécurisées et à la confiance que les populations lui accorderont. Elle a réitéré l’engagement de l’UNICEF à accompagner le Gouvernement du Niger dans ses efforts pour améliorer durablement l’accès aux services sociaux de base.
Les témoignages des populations ont donné tout son sens à cette inauguration. Pour Aïchatou Chipkaou, mère de famille rencontrée sur le site, l’ouverture du CSI représente un immense soulagement. « Par le passé, lorsqu’une femme tombait malade ou rencontrait des complications pendant sa grossesse, il fallait parcourir plusieurs kilomètres pour trouver des soins. Aujourd’hui, nous avons une maternité moderne à proximité. C’est une bénédiction pour toutes les femmes de Bagagi », confie-t-elle avec émotion.
Même sentiment chez Ibrahim Dambadji, commerçant fréquentant régulièrement le marché de Bagagi. « Chaque semaine, des milliers de personnes passent ici. Avec cette affluence, les besoins en santé sont énormes. Ce centre arrive au bon moment et va sauver beaucoup de vies », estime-t-il.
Le chef spirituel de la zone, Baoura Gamba, a également exprimé sa satisfaction devant ce qu’il considère comme une réponse aux prières des populations. « Nos enfants, nos femmes et nos familles vont désormais bénéficier de meilleurs soins modernes. Nous remercions les autorités du Niger et leur partenaire pour cette œuvre qui restera dans l’histoire de notre village Bagagi », a-t-il déclaré sous les applaudissements de l’assistance.
Le maire de la commune rurale de Matankari, l’officier de Police Ibrahim Kako, a, quant à lui, souligné que cette infrastructure profitera non seulement aux habitants du village Bagagi, mais aussi à ceux vivant dans les autres localités environnantes. La mise en service du CSI constitue pour lui une étape décisive dans le renforcement de l’offre sanitaire pour les quelque 10 700 habitants de la commune. « Il contribuera à améliorer durablement les indicateurs de santé maternelle et infantile dans l’ensemble de la commune » a-t-il déclaré tout en insistant sur l’importance de l’appropriation communautaire afin d’assurer la pérennité de cet investissement.
Les populations ont tenu à traduire leur reconnaissance par des gestes symboliques. Le chef spirituel de la zone, Baoura Gamba, a offert un cheval destiné au Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani. Un notable de la cour de Baoura a offert un chameau au ministre Garba Hakimi tandis qu’un groupement de femmes de Bagagi a remis une vache à Mme Djanabou Mahondé. Les ressortissants du village ont également offert des médicaments au nouveau centre de santé. Les populations ont pour leur parts manifesté leur patriotisme en remettant une contribution de 400 000 FCFA au Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP), somme officiellement reçue par le gouverneur de la région de Dosso. Plus émouvant encore un habitant a remis une paire de chaussures au ministre de la Santé en signe de gratitude.
Autre moment fort de la cérémonie, la décision unanime des populations de baptiser le centre « CSI Garba Hakimi » et sa maternité « Maternité Djanabou Mahondé » afin d’immortaliser la contribution des deux personnalités à la réalisation de cette infrastructure.
La cérémonie s’est achevée avec la remise d’un témoignage officiel de satisfaction à la Représentante de l’Unicef par le gouverneur de la région de Dosso au nom des populations de Bagagi. Un geste fort qui traduit la reconnaissance d’une communauté désormais convaincue que l’accès aux soins de qualité n’est plus un privilège lointain, mais une réalité au cœur même de son territoire.
Seini Seydou Zakaria, Envoyé spécial
