On ne le dira jamais assez : nous avons un problème avec la salubrité. Nos comportements individuels et collectifs en disent long sur notre rapport à cette question et surtout la négligence avec laquelle nous l’abordons.
Pourtant, la salubrité est une condition nécessaire à notre bien-être, en particulier en cette saison des pluies. En effet, les tas d’immondices négligées deviennent une cause de stagnation des eaux, une source d’humidité et d’odeurs désagréables et un lieu d’éclosion des moustiques. Chaque trou creusé sur la voie publique devient une anomalie susceptible de créer des désagréments pour les usagers. Les déchets solides jetés insouciamment dans les caniveaux deviennent les causes du blocage des eaux de ruissellement et donc de formation des flaques d’eau et même d’inondations de nos quartiers ou de nos concessions.
Bref, en cette saison des pluies, nous récoltons ce que nous avions semé pendant les autres saisons de l’année. Et, les autorités municipales ne peuvent rien. Du reste, elles ne sauraient à elles seules prendre efficacement en charge la question de la salubrité. Elles ont beau parler, beau enlever ce qu’elles peuvent en termes d’ordures, elles ne sauraient se substituer aux citoyens dans la gestion de leur environnement immédiat.
Parfois, il n’est pas rare de trouver des tas de déchets déversés à côtés des bacs à ordure placés par la mairie.
Toutefois, les municipalités ont aussi leur part de responsabilité dans la mauvaise gestion des déchets urbains. En effet, il arrive que dans certains quartiers, des terrains appartenant à des particuliers soient transformés en décharges publiques. Ainsi, pour la seule raison que le propriétaire n’ait pas mis en valeur sa parcelle, les camions de la mairie commencent à y déverser les ordures ouvrant ainsi la voie aux riverains.
Et, au bout d’un certain temps, la situation devient ingérable au grand dam du propriétaire et des riverains eux-mêmes.
En définitive, une ville comme Niamey se doit de disposer des centres de tris des déchets suffisants et fonctionnels. A défaut, une grande partie de déchets enlevés en particulier, les plastiques reviendront, par l’action du vent ou du ruissellement, nous pourrir encore l’atmosphère.
Mais, au-delà de tout, il faut une véritable prise de conscience pour intégrer la salubrité et l’entretien de notre environnement immédiat dans nos pratiques et attitudes quotidiennes.
Siradji Sanda (ONEP)
