Sur la tombe du fondateur du village, Cheick Ali Ibn Hassoumi
Situé à l’ouest de la commune rurale de Gorou Bankassam, à environ 28 kilomètres de la ville Dosso, et à 3 km de Nikki Béri, Hamdallaye est un village un peu difficile, avec une route dégradée par les eaux de ruissellement. Le trajet demande du temps et de la patience. Mais une fois sur place, le calme domine et l’environnement devient plus apaisant.
Hamdallaye se caractérise par un mode de vie simple. Les activités se déroulent sans agitation, loin du rythme des centres urbains. Malgré cette apparence, le village occupe une place importante dans la vie religieuse de la région de Dosso. Chaque année, à l’occasion du Maoulid, Hamdallaye accueille des milliers de fidèles venant de différentes régions du Niger mais aussi de pays voisins comme le Ghana, le Nigeria et la Côte d’Ivoire. Ils s’y rassemblent pour prier et commémorer la naissance du Prophète Mohammed (SAW). Dès l’arrivée, un groupe de marabouts et de jeunes apprenants accueillent les invités.
Ce 14 avril 2026, autour des leaders religieux du village, les voix s’élèvent dans des séances de Zikr, entre invocations et chants religieux. L’atmosphère est marquée par le recueillement et la concentration. Tout se déroule dans un esprit de recueillement absolu.
L’histoire de Hamdallaye est liée à Cheick Ali Ibn Hassoumi, appelé Sékou Ali, né en 1915. Fondateur de ce village, il était un guide religieux respecté qui avait consacré sa vie à l’enseignement du Coran et à la transmission de la foi. Formé notamment au Nigeria, il a poursuivi ses études à Kaolack au Sénégal auprès de Cheikh Ibrahim Niass, avant de former lui-même plusieurs disciples. Ses prêches sont aujourd’hui disponibles sur la plateforme YouTube, où ils continuent d’être suivis par de nombreux fidèles.
Avant son décès en 1986 en Côte d’Ivoire, à l’âge de 71 ans, Sékou Ali avait désigné lui-même l’endroit où il souhaitait être enterré à Hamdallaye. Sa tombe se trouve aujourd’hui dans un lieu appelé ‘’Raouda’’. Cet espace est bien entretenu et reste un lieu de prière et de recueillement pour les visiteurs. Le sol est constamment balayé, mais aucune trace de pas n’y est visible ; seules celles laissées par le balai apparaissent ; comme si le geste d’entretien relevait lui-même d’un savoir-faire presque mystique.
Hamdallaye entretient des liens avec Kiota, un autre grand centre religieux. En effet, Cheikh Ali Ibn Hassoumi et Cheikh Aboubacar Hassoumi ont étudié ensemble et appartiennent à une même tradition religieuse. Le Maoulid est célébré à la même date dans les deux localités. Aujourd’hui, la direction religieuse est assurée par Amadou Cheick Ali, fils du fondateur et khalife. Il veille à la continuité des activités religieuses et à la transmission des enseignements.
Malgré cette importance religieuse, Hamdallaye fait face à plusieurs difficultés. Selon les habitants, notamment les descendants de Sékou Ali comme Cheick Mahamadou Baki et Cheick Mahamadou Nassirou, leur localité manque de reconnaissance. Ils rappellent que Hamdallaye fait partie des premiers lieux à avoir célébré le Maoulid au Niger, il y a plus de 70 ans.
« L’accès à ce quartier reste difficile, surtout en saison des pluies. Le village ne dispose pas d’électricité et l’organisation du Maoulid repose en grande partie sur les efforts des habitants » a indiqué Cheick Mahamadou Baki. Les habitants souhaitent une amélioration de leurs conditions, notamment l’aménagement de la route et un appui pour faciliter l’organisation de ce grand événement religieux.
Hamdallaye reste ainsi un village discret mais important, un lieu où la foi occupe une place centrale et où les habitants continuent de préserver leur héritage religieux malgré les difficultés.
Aminatou Seydou Harouna,
Envoyée spéciale
