M. Yacouba Tanda, directeur de l’Union SCOOPS expliquant le fonctionnement de la Structure
Dans la commune rurale de Falwel, département de Loga, l’union des groupements mixte dénommée Madda Ben a été créée en 2000 par 69 groupements mixtes. Tous ces groupements œuvraient dans le cadre de la lutte contre la pauvreté à travers de nombreuses activités génératrices de revenus. Aujourd’hui Madda Ben est devenue une union des Sociétés et coopératives simplifiées, en abrégé union SCOOPS Madda Ben, avec plus de 3 160 membres dont 1 692 femmes et 1 475 hommes. Parmi ces membres figurent 560 filles et garçons.
Avec un début modeste et un quart de siècle d’existence, Union SCOOPS Madda Ben de Falwel est une structure mature qui intervient dans 48 villages de la commune, selon son directeur, M. Yacouba Tanda. Grâce à la discipline de ses membres, l’engagement de ses administrateurs et une gestion administrative rigoureuse, l’effet de l’union SCOOPS Madda Ben se ressent dans les villages. Elle a mis en place un mécanisme de formation touchant l’ensemble des membres grâce aux animateurs endogènes qui forment les relais communautaires disséminés dans les villages. A ceux-là s’ajoutent plus de 560 jeunes que la structure a formés pour assurer la relève. Pour mieux faire passer ses messages, elle s’appuie aussi sur une radio communautaire qui couvre un rayon de 20km. La colonne vertébrale de la structure, c’est sa rigueur administrative, car elle a respecté les obligations statutaires avec la tenue régulière de la réunion du conseil d’administration.
Du point de vue de la coopération, l’union SCOOPS Madda Ben, selon son directeur, est membre de plusieurs organisations nationales et internationales comme la plateforme paysanne du Niger, le ROPPA, CASPANI, COASPE etc…Au fil des années, Madda Ben a su améliorer son mode de fonctionnement et s’est spécialisée dans plusieurs domaines notamment la production agricole et arboricole, la production semencière, l’élevage mais aussi la transformation des produits agroalimentaires. Pour la production agricole, l’union appuie ses membres dans tout le processus afin d’avoir un bon rendement. Selon M. Tanda, l’union se charge également de collecter le surplus des différents produits de leur labeur pour organiser une vente groupée qui s’avère être beaucoup plus bénéfique. Par ce travail, elle a mis en place un système garantissant plus de revenu aux producteurs.

Quant à la production semencière, c’est le domaine d’excellence de l’Union SCOOPS Madda Ben. L’union s’est spécialisée dans la production de deux catégories de semences : les semences améliorées certifiées et la semence paysanne, toutes de très bonne qualité, assure M. Yacouba Tanda. Ses membres ont reçu de nombreuses formations qui leur ont permis de maitriser toute la chaine de production. Depuis 2006, l’union s’est attachée les services d’experts en production semencière qui suivent le processus de production des semences améliorées certifiées pour garantir un meilleur rendement. Pour ce qui est des semences paysannes, le directeur de l’union explique que les paysans choisissent eux-mêmes les bonnes semences, soulignant qu’en amont, ils ont bénéficié de formation sur l’identification des bonnes semences.
En matière de transformation agroalimentaire, l’union s’est particulièrement distinguée et s’est imposée comme pionnière et un acteur clé au plan national, tant en ce qui est de la qualité que de la quantité. Elle dispose d’une usine moderne de transformation d’arachide flambant neuve dotée d’un système automatique de prétraitement, de conditionnement et d’ajout de vitamine pour avoir de l’huile enrichie en vitamine A. Pour la transformation des autres produits, l’union dispose également d’équipements adaptés lui donnant une grande capacité de transformation. Pour l’arachide par exemple, l’usine transforme entre 30 et 50 tonnes en divers sous-produits, avec une capacité de production journalière d’huile de 150litres, a dit le directeur de l’union. Dans le domaine de l’environnement, Madda Ben intervient dans la régénération naturelle assistée (RNA) en formant les paysans sur les techniques de la RNA ainsi que le défrichement des champs. En 2025, plus de 2 700 paysans ont bénéficié de cette formation, selon M. Yacouba Tanda.
Cette organisation a mis en place 35 banques céréalières qui pratiquent la vente sociale des vivres au profit des populations et le prêt en nature, remboursable en nature sans intérêt à ses membres. Pour mieux accompagner ces derniers, l’union offre à la demande des intéressés des charrues et charrettes et leurs bœufs, remboursables après deux campagnes agricoles. Les paysans membres reçoivent des formations en techniques culturales. Ce qui contribue significativement à améliorer le rendement, a souligné le directeur de l’union SCOOPS.
Diversifiant, ses prestations, l’union a en outre mis en place un type d’appui appelé « élevage naisseur ». Il consiste à donner aux ménages vulnérables trois petits ruminants, dont un mâle et deux femelles, que le bénéficiaire peut rembourser en nature ou en espèce sur la base d’un prix indicatif. Dans leur gamme d’activités, c’est seulement le maraichage qui manque, regrette M. Yacouba. Et cela est dû au manque d’eau de surface et de forages, mais aussi à la profondeur des nappes. En plus, le chef-lieu de ladite commune rurale n’est pas connecté au réseau électrique national. Ce qui constitue également un frein au développement de cette union, pourtant animée par des hommes et des femmes dévoués. C’est le cri de cœur des membres de cette union qui continuent malgré tout avec détermination, volontarisme et abnégation à se battre pour leur dignité et leur autonomie financière.
Zabeirou Moussa,
Envoyé spécial
