Lors du spectacle de l’artiste ...
Le samedi 25 juillet 2026, le centre culturel Moustapha Alassane a résonné au rythme du hip-hop nigérien. Une dizaine d’artistes de la vieille école, absents des scènes musicales depuis une vingtaine d’années, ont été mobilisés par l’artiste Issoufou Oumarou, alias l’Homme Maïga, pour le concert de vernissage de son tout nouvel album « Labu Sanni-no ». Dans cet album de dix (10) titres, l’Homme Maïga chante pour la patrie, pour la femme et pour l’amour. Il commémore ainsi à sa manière les évènements du 26 juillet 2023.
Parmi les anciennes gloires qui ont égayé le public figurent le groupe Oneens, Snake, Amiral JC, Ibou Ganjo, Baguira et bien d’autres artistes aujourd’hui oubliés et méconnus de la nouvelle génération. Après la prestation de ces artistes, le constat reste sans appel : le hip-hop nigérien sombre dans la léthargie. La nouvelle génération peine à combler le vide laissé par l’ancienne qui avait jadis enflammé la scène musicale. À écouter ces anciens clips, les paroles véhiculent un message. Des mots qui font la promotion du vivre-ensemble, qui critiquent les réalités socioéconomiques et culturelles. Des chansons originales et authentiques chantées il y a plus de 20 ans par des artistes passionés.

Après plus de deux heures de prestations et de découverte du hip hop nigérien, le protagoniste tant attendu, l’homme de la soirée avait fait son entrée des plus remarquées avec son clip « Sey dey Hawchi ». Sapé tout en blanc, entouré de cinq jeunes danseurs habillés dans un style des grands rappeurs américains. Colliers étincelants au cou et montre argentée au poignet, l’artiste a étalé quelques-unes des chansons de son nouvel album. Parmi ces nouvelles chansons, l’artiste a spécialement dédié une à la femme. Une chanson dans laquelle il souligne la place combien importante que cette dernière occupe dans la société nigérienne et sa contribution dans la bonne marche du Niger.
En effet, entre les remix du DJ Wonkoye et les instruments traditionnels comme le tam-tam et l’instrumental à la « 50 Cent », l’artiste donne quelque chose d’unique à ses chansons qui prennent explicitement une connotation tradi-moderne. Le concert du roi de la sape, comme ses pairs aiment l’appeler affectueusement, a été un moment de découverte pour le jeune public qui découvre des artistes oubliés et des chansons magnifiques.
Selon l’Homme Maïga, l’album « Labu Sanni no » est sa façon à lui de célébrer la venue du CNSP en ce troisième anniversaire. Dans ces chansons, il transmet des messages positifs, d’entraide et de patriotisme. Il remercie également la diaspora nigérienne à travers un titre pour sa contribution au lendemain des évènements du 26 juillet. « Moi, ce que je veux dire à tout le monde, c’est qu’il faut aimer son pays. Il faut aimer son pays, comme moi je l’ai fait », a-t-il déclaré.
Hamissou Yahaya (ONEP)
