El Farido sur scène
Boubacar Djibo Abdoul Farid, de son nom d’artiste « El Farido », né en 1996 à Niamey, est un jeune étudiant de l’Université Abdou Moumouni de Niamey passionné de la musique, de la comédie et de la danse. Longtemps méconnu du grand public, ce jeune artiste a acquis en 2026 une très grande notoriété chez les Nigériens grâce à l’une de ses anciennes compositions, « Touwon resto », qui avait refait surface et qui a enflammé les réseaux sociaux.
Dans son enfance, El Farido nourrissait le rêve de devenir médecin, mais par un coup du destin, à l’âge de dix ans, en classe de CM1, il participa à une représentation dans laquelle il interpréta le son de l’artiste Boureima Disco. Face au regard admirateur des spectateurs et de sa famille, l’enfant de dix ans avait trouvé sa vraie passion, son penchant pour l’art. Ainsi, le jeune rêveur vient de laisser tomber les scalpels pour embrasser la guitare, les mots et les scènes de spectacles.
En effet, au collège comme au lycée et à l’Université, El Farido s’est débrouillé pour être un touche-à-tout en passant du sketch à la danse, la comédie et enfin à la musique. « Les gens aimaient ce que je faisais. Quand j’avais l’opportunité, souvent j’appelais pour demander qu’on me programme, pour me faire découvrir. J’ai embrassé la musique jusqu’à ce que j’aie commencé à jouer de la guitare. Je peux faire une scène dans laquelle je mélange la comédie musicale, la danse, le théâtre. Cela m’a permis de développer vraiment un potentiel personnel », a-t-il assuré.
Aujourd’hui inscrit en master 1 au département Art et Culture, El Farido a choisi comme domaine de prédilection l’étude du patrimoine culturel, car son ambition, dit-il, est de devenir un acteur culturel engagé dans le domaine de la promotion et la valorisation du patrimoine culturel du Niger. « Dans le patrimoine culturel, il y a un volet qu’on appelle valorisation. Par exemple, je peux chanter sur un objet du Niger. Je peux chanter sur le fleuve, qui est un patrimoine, et ainsi de suite pour valoriser notre culture, notre identité, notre trait distinctif », a ajouté El Farido.
Connu pour son engagement en faveur de la cause estudiantine notamment sur leurs conditions de vie, El Farido est convaincu que l’artiste est celui-là qui doit oser dire haut ce que les autres disent bas ; en d’autres termes : être le porte-parole des sans-voix ou de ceux qui n’osent pas. « J’ai pris l’engagement que, quel que soit ce qui va se passer dans le milieu dans lequel je suis, à l’Université ou au Niger, je me dois, obligatoirement, en tant qu’artiste, en tant que citoyen, en tant que patriote, de lutter et de militer contre cela », a-t-il déclaré.
S’agissant de sa chanson phare qui l’a révélé au monde en 2026, l’artiste souligne que le morceau datait de plus de trois ans et était stupéfait du buzz qu’il a fait grâce aux réseaux sociaux des années après. Il raconte que depuis cette chanson « Touwon resto », beaucoup d’améliorations ont été faites au niveau des prestations du CROU. « On mangeait des pierres, des sauces dans lesquelles il n’y avait que du « gari ». Mais nous avons vécu des situations où, souvent, la nourriture on la prend, et on se retrouve forcé de la jeter. Je ne sais pas par quel miracle ça a donné cette année. C’est maintenant que le monde la découvre. Moi, j’étais en train de dormir quand quelqu’un me réveille et me dit : Hé, regarde, ton son a fait un million de vues. Il y a une raison. Moi, tout ce que je chante, c’est des choses que j’ai vécues à l’Université, y compris la chanson des bus », a-t-il indiqué.
Artiste, militant des causes estudiantines, El Farido a retenu une chose du regain soudain de popularité. Il est désormais convaincu que l’artiste doit d’abord faire ses preuves avant d’être accepté. Pour ce dernier, être artiste, c’est s’engager à défendre une cause. « Je suis fier de la population nigérienne. Elle m’a montré que si un artiste est engagé, elle est prête à l’accompagner. Rien qu’avec le son « Tuwon Resto », dans les quartiers, les taxis, à l’Université, je ne peux pas sortir sans que quelqu’un me dise : Tuwon Resto, c’est toi. Des messages, des appels. Il y a même une bonne volonté qui m’a remis une somme de 100 000 francs juste pour ça. C’est la première bonne volonté qui m’a appelé, qui m’a dit : Mon petit, c’est bon, prends ça, j’ai aussi été étudiant », s’est-il réjoui.
Hamissou Yahaya (ONEP)
