M. Saley Sani Beidou, préfet du département de Tillabéri
À l’approche de la Journée Nationale de l’Arbre du 3 août, le préfet du département de Tillabéri, M. Saley Sani Beidou, a lancé un appel à une mobilisation en faveur de la protection de l’environnement. Pour lui, l’enjeu majeur de cette campagne ne réside pas uniquement dans la mise en terre des plants, mais surtout dans leur entretien et leur préservation afin qu’ils puissent contribuer pleinement à la restauration du couvert végétal.
La Journée Nationale de l’Arbre vise à renforcer l’engagement citoyen dans la lutte contre la désertification et la dégradation des ressources naturelles. Elle traduit également la volonté de faire de chaque Nigérien un acteur de la sauvegarde du patrimoine naturel, dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et la fragilité des écosystèmes.
Pour le préfet du département de Tillabéri, la réussite des opérations de reboisement dépend avant tout du suivi assuré après la plantation. « Un arbre sans suivi, c’est comme un bébé abandonné à lui-même. Sans eau, sans protection et sans attention, il ne peut tout simplement pas survivre », a-t-il expliqué.
Il rappelle que les jeunes plants nécessitent un accompagnement régulier dont l’arrosage, la protection contre les animaux en divagation, la lutte contre les feux de brousse, le désherbage et la surveillance contre les coupes abusives. Toutefois, il insiste sur le fait que la protection des arbres ne peut être une responsabilité exclusive de l’administration ; elle doit impliquer les collectivités territoriales, les autorités coutumières et religieuses, les établissements scolaires, les associations, les organisations de la jeunesse ainsi que les communautés locales.
M. Saley Sani Beidou souligne que la préservation des ressources forestières représente un défi national. La forte demande en bois-énergie, les défrichements agricoles, les feux de brousse et certaines pratiques d’exploitation non contrôlées contribuent à la réduction progressive du couvert végétal. Cette situation affecte la fertilité des sols, favorise l’érosion et fragilise les activités agricoles et pastorales. « Lorsque les arbres disparaissent, ce sont les terres qui s’appauvrissent, les récoltes qui diminuent et les conditions de vie des populations qui deviennent plus difficiles », a-t-il averti.
Dans ce contexte, dit-il, la plantation d’arbres apparaît comme une réponse concrète aux défis environnementaux actuels. Au-delà de leur rôle dans la protection des sols et la préservation de la biodiversité, a-t-il poursuivi, les arbres améliorent le cadre de vie, régulent le climat et renforcent la résilience des communautés.
Il appelle ainsi à une évolution des comportements. Pour lui, les campagnes annuelles de plantation doivent s’accompagner d’une véritable culture de protection de l’environnement, où chaque citoyen comprend que la sauvegarde d’un arbre constitue un acte en faveur de l’intérêt général. « Il ne faut plus parler uniquement de plantation d’arbres. Nous devons désormais parler de plantation, de protection et surtout de suivi. C’est seulement à cette condition que les efforts consentis produiront des résultats durables », insiste-t-il.
Evoquant les initiatives déjà menées, il salue les progrès enregistrés grâce à la création de sites de reboisement mieux sécurisés et suivis par les services compétents. Il propose par ailleurs la mise en place d’un mécanisme de reconnaissance des meilleures initiatives de reboisement portées par les communes, villages, établissements scolaires ou organisations communautaires, afin de renforcer l’engagement des acteurs et susciter une saine émulation.
Enfin, le préfet de Tillabéri met l’accent sur l’importance de l’éducation environnementale, notamment auprès des jeunes. À travers les écoles, les associations et les structures communautaires, il estime qu’il est possible de transmettre aux nouvelles générations les valeurs de protection et de respect de la nature. « J’invite les populations à considérer chaque arbre planté comme un patrimoine commun. Car le succès de la Journée Nationale de l’arbre ne se mesurera pas seulement au nombre de plants mis en terre le 3 août, mais à la capacité collective de les protéger pour qu’ils deviennent une véritable richesse écologique pour le Niger. Le véritable succès de cette journée sera de voir, plusieurs années après, des arbres encore debout, témoins de notre engagement pour l’environnement et pour l’avenir de notre pays », a-t-il conclu.
Adamou I. Nazirou, ONEP Tillabéri
