Photo de famille peu après la cérémonie de clôture
Le Colloque scientifique international sur le centenaire de la capitale Niamey a pris fin ce jeudi 15 octobre 2026 au Centre de Conférences Mahatma Gandhi. A l’issue de trois jours de travaux, les participants ont formulé des résolutions et recommandations fortes visant à guider le développement de la capitale et à apporter des réponses durables aux défis auxquels elle fait face.
Lors de la cérémonie de clôture, l’administrateur délégué de la Ville de Niamey et président du comité ad hoc d’organisation du centenaire, le Colonel Soumana Boubacar Garanké, a salué le dévouement des participants. « Le mérite de ce colloque n’est pas seulement de mieux regarder le passé. Niamey doit maîtriser son développement spatial afin de mieux prévenir ses risques. Les conclusions, désormais consacrées par la validation du rapport général, devront trouver leur place dans la réflexion sur l’avenir de notre capitale. La Ville de Niamey les accueille avec attention et responsabilité, non pas comme un simple souvenir du Centenaire, mais comme une contribution intellectuelle à la construction du deuxième siècle de Niamey », a-t-il déclaré.
Les résolutions majeures de ce colloque portent sur plusieurs secteurs. Ainsi, le colloque préconise un inventaire systématique et exhaustif des sites archéologiques, historiques et mémoriels de Niamey afin de préserver les traces matérielles et immatérielles du peuplement de la capitale. Sur la protection et l’urbanisme, il est demandé aux autorités d’intégrer ces données patrimoniales dans tous les documents de planification urbaine afin de prévenir la destruction des sites d’intérêt lors des projets d’aménagement. S’agissant des services urbains et face à la croissance démographique rapide, le colloque exhorte les pouvoirs publics à renforcer les politiques d’aménagement durable pour réduire les inégalités d’accès à l’eau potable, à l’assainissement et aux équipements sanitaires. Par rapport aux risques urbains, les participants encouragent les chercheurs de la Confédération des États du Sahel (AES) à mener des études pluridisciplinaires pour identifier et cartographier les principaux risques climatiques et environnementaux qui menacent les villes sahéliennes. Le colloque invite les États de la sous-région à redynamiser le réseau des villes fluviales pour coordonner la sauvegarde et la valorisation du fleuve Niger, menacé écologiquement.
Parmi les recommandations phares, les participants demandent aux gouvernements de l’AES d’affecter des archéologues et historiens aux grands projets d’aménagement et de renforcer la coopération décentralisée Sud-Sud. Aux autorités municipales, il est recommandé de créer un circuit touristique des lieux de mémoire, d’assurer une gestion durable des vallées et berges, de planifier le développement urbain, de développer l’agriculture urbaine pour transformer les villes consommatrices en villes nourricières, et de renforcer le maillage sécuritaire. Pour la Ville de Niamey, le colloque recommande de corriger les discontinuités urbaines, d’améliorer la desserte des quartiers en transport et d’accélérer la création de la bibliothèque numérique en partenariat avec les universités publiques du Niger. Aussi, les participants recommandent aux citoyens de la Ville de Niamey de renforcer le civisme.
Abdoul-Aziz Ibrahim (ONEP)



