Mamoudou Abdoul Salam «Tendiste»
Marié et père de six (6) enfants, M. Mamoudou Abdoul Salam, plus connu sous le pseudonyme Tendiste ou Kopto, est un artiste musicien, chanteur, auteur-compositeur, arrangeur et producteur nigérien. Cet artiste parvient à sensibiliser et à transmettre des messages à travers ses œuvres. On retient le titre «Bayoun Mata», dédié aux hommes qui sont les serviteurs de leurs femmes.
Abdoul Salam Mamoudou, ‘’Tendiste’’ pour certains, ‘’Bawan Mata’’ ou ‘’Kopto’’ pour d’autres, a commencé son parcours artistique en 1984. « Après avoir participé au prix ‘’Dan Gourmou’’ en 1987, j’ai été découvert par la radio ‘’mère’’ ORTN en 1989, où j’ai enregistré quatre (4) titres. Il s’agit notamment de ‘’Zaman Dounia’’, ‘’Dounia Labari’’, ‘’Aykin Halalia’’, et ‘’Rakia’’. En 1993, en tant qu’étudiant, j’ai encore participé au prix ‘’Dan Gourmou’’ avec des amis de l’Université et nous avons formé l’orchestre ‘’Les Tendistes’’. Nous avons été sacrés artistes de l’année. En 2002 également, artistes de l’année avec le morceau ‘’Bayoun Mata’’, sacrés artistes de l’année avec la meilleure vente nationale du titre ‘’Bayoun Mata’’. On a vendu quinze mille (15.000) cassettes, ce qui reste d’ailleurs la meilleure vente nationale jusqu’à aujourd’hui », confie le sexagénaire.
En 2006, poursuit-il, il a été sacré artiste de l’année avec la meilleure vente de sept mille (7.000) exemplaires, avec le titre ‘’Tabbachi’’. « Des trophées, on en a eu beaucoup. J’ai eu le trophée de meilleur artiste de l’année en 2006, délivré par l’ORTN à Niamey. La même année, j’ai été sacré artiste de l’année de la CEDEAO, où je suis allé au Mali recevoir mon trophée », ajoute-t-il.
Sur le marché, précise le ‘’Tendiste’’, il a sept (7) albums, deux cent cinquante-cinq (255) chansons (titres) personnelles sans interprétation aucune, qu’il a réalisées lui-même. « Dans le cadre artistique, je suis allé aux États-Unis en 2003, et au Canada en 2007. J’ai encadré beaucoup d’artistes parmi lesquels ‘’Aïchatou Dan Kwali’’, qui est actuellement la directrice du CCOG, ‘’Maikol Soumana Idé’’, qui est le directeur artistique d’une école de danse en Chine, ‘’Mahamadou Ibramiros’’, qui est aussi actuellement aux États-Unis… Bref, j’ai encadré beaucoup d’artistes », s’est-il réjoui.
Parlant de la production, Abdoul Salam Mamoudou explique que tout lui vient à partir d’une inspiration. « Quand un sujet est d’actualité, je compose là-dessus. Je chante l’amour, la guerre, l’amitié, l’amour de la patrie, l’enfance, et bien d’autres sujets », indique l’artiste. Pour ce qui est du titre ‘’Bawan Mata’’, par exemple, c’est une réalité que tout le monde connaît. « On le dit tout bas, et moi je l’ai dit tout haut. C’était parti d’une simple observation. J’étais assis sous un manguier, j’observais un coq qui creusait, grattait le sol. Quand il a découvert quelques grains, il a émis un son, et du coup, j’ai vu la poule courir vers lui. Elle est venue, elle a picoré les grains, et lui, il a picoré quelques grains de sable. Et tout content, le coq dansait, il levait ses ailes. J’ai dit quoi ? Même les animaux ? Cela m’a vraiment étonné, j’ai dit nous, les hommes, ‘’Bayoun Mata né’’. Nous sommes les serviteurs des femmes. C’était parti d’un simple constat qui, au fond, est une réalité », explique-t-il.
Après tant d’années de création, ce qui explique son silence ces derniers temps, selon lui, se caractérise par plusieurs facteurs. « Il y a des circonstances qui ne s’y prêtent pas, l’évolution de la technologie qui n’a pas été en notre faveur, nous autres artistes africains. On produisait pour vendre des cassettes, mais celles-ci ne sont plus à la mode. On est passé au CD, on produisait des œuvres en CD, mais ils ne sont plus disponibles non plus. On a été obligés d’arrêter. J’ai été nommé conseiller artistique et culturel au Ministère de la Culture pendant sept (7) ans. Culturellement, je ne produisais plus. Tantôt ce sont les réunions, tantôt les voyages, ce qui fait qu’on n’a pas le temps de se consacrer à ce qu’on avait l’habitude de faire », dit-il.
« Au niveau du CFPM Taya, c’est un cadre très approprié pour la réflexion et la composition, un cadre récréatif. J’encadre et j’assiste les jeunes de façon bénévole. Quand les jeunes me sollicitent, je suis accessible. Actuellement, je suis en studio. J’ai programmé huit (8) titres, j’en ai enregistré quatre (4), et j’ai posé la voix sur deux (2) », a-t-il fait savoir. Après un ‘’temps mort’’, l’artiste nigérien s’intéresse toujours à la musique. « Je suis en train de préparer mon retour, seulement, je le fais sans précipitation. Pour moi, quand on fait de la musique, il n’y a pas de retraite. C’est comme ça que je conçois les choses : quand on a le temps, on crée ; sinon, on met une pause », conclut le Tendiste.
Farida. A. Ibrahim (ONEP)
