Avec seulement 18 000 FCFA en poche, Aboul-kader Boureima Yaro, étudiant en agronomie à l’Université Boubacar Ba de Tillabéri, s’est lancé dans l’élevage des pintades. Six mois plus tard, son pari audacieux a porté des fruits en transformant ce modeste capital en une activité méléagricole rentable et socialement utile.
Avec son modeste capital, Aboul-kader Boureima Yaro a réussi à bâtir une activité florissante autour de l’élevage des pintades. Son projet repose sur l’incubation d’œufs et l’élevage des poussins jusqu’à un poids commercialisable. « Nous avons acheté des œufs que nous avons mis dans des couveuses. Après 26 à 28 jours, les poussins ont éclos et nous les avons élevés jusqu’à ce qu’ils atteignent un certain niveau », a-t-il expliqué.
Plus qu’une simple recherche de rentabilité, l’initiative d’Abdoul-Kader vise à rendre la pintade accessible à un plus grand nombre en les proposant à 3 000 FCFA. A côté de ses pintades, il propose aussi des poules aux clients à 2 000 FCFA. « L’objectif est de permettre aux personnes qui n’avaient pas suffisamment de moyens de se procurer de la volaille à un prix étudié », souligne le jeune entrepreneur.
Pour cet étudiant, l’élevage de la volaille ne nécessite pas forcément de lourds investissements, à condition de maîtriser certains aspects, notamment l’alimentation. « Si l’on prépare soi-même l’aliment volaille, les coûts restent maîtrisés. Pour réussir dans ce métier, il faut surtout de la persévérance et de la confiance dans l’activité », insiste-t-il.
Pour son dernier déstockage, Aboul-kader explique qu’il a investi dans l’achat des œufs, l’alimentation hebdomadaire et l’électricité pour la couveuse. Ses dépenses ont avoisiné 250 000 francs CFA. La vente des pintades lui a permis de générer environ 570 000 francs CFA de recettes, soit un bénéfice estimé à plus de 200 000 francs. « Pour un jeune entrepreneur, c’est déjà un résultat encourageant », se réjouit-il.
Pour arriver à ce stade, il a dû augmenter progressivement sa production grâce notamment à un prêt de 50 000 francs CFA contracté auprès de ses connaissances. Aujourd’hui, il a investi dans des hangars, des abreuvoirs et des équipements acquis au fil du temps. Il a également bénéficié d’une formation en agriculture dans le cadre d’un programme d’appui. Pour le jeune méléagriculteur, son initiative illustre le potentiel de l’entrepreneuriat agricole chez les jeunes. « On ne devient pas riche du jour au lendemain. Il faut commencer petit à petit et persévérer », lance-t-il, invitant les jeunes à s’engager dans des activités génératrices de revenus.
Pour Abdoul-kader Boureima Yaro, la volaille représente une opportunité majeure pour l’autosuffisance alimentaire, la création d’emplois et le développement économique local. « Cependant, pour transformer cette ambition en réalité, nous avons besoin d’un soutien institutionnel, notamment des facilités d’accès au financement, des infrastructures adaptées et des encadrements techniques. Avec l’appui des pouvoirs publics, je suis sûr que nous pourrons bâtir une filière moderne, durable et compétitive au service de la jeunesse et du progrès national », a-t-il lancé.
Son parcours démontre qu’avec de la détermination et une gestion progressive des moyens, de petits investissements peuvent se transformer en projets économiquement viables et socialement utiles.
Adamou I. Nazirou
ONEP Tillabéri
