Lors de la déclaration
Les forces vives du Niger ont rendu publique, le jeudi 30 avril 2026, à la MJC Djado Sékou de Niamey, une déclaration pour condamner les attaques barbares du samedi 25 avril 2026 contre le Mali, perpétrées par des groupes terroristes soutenus par des puissances extérieures. La cérémonie a enregistré la présence des organisations de la société civile, des scolaires, des leaders religieux et des épouses des Forces de défense et de sécurité.
Dans la déclaration, lue par le secrétaire général de l’Union des Scolaires Nigériens, M. Effred Mouloul Al’Hassan, les forces vives du Niger ont exprimé leur profonde émotion, leur indignation et leur condamnation ferme des attaques barbares contre le Mali. « En ces moments de douleur, nous adressons au peuple malien, à ses autorités ainsi qu’à ses Forces de défense et de sécurité, notre solidarité totale, sincère et agissante. Nous nous inclinons avec respect devant la mémoire de toutes les victimes de ces attaques et exprimons notre compassion aux familles durement éprouvées », souligne la déclaration.
Au-delà de la condamnation, la déclaration met en lumière une lecture géopolitique des événements. « Ces attaques d’une extrême gravité ne sont pas des actes isolés. Elles s’inscrivent dans une stratégie globale de déstabilisation visant à freiner, voire à briser, la dynamique de souveraineté engagée par les États de l’Alliance des États du Sahel (AES) », indique la déclaration, tout en ajoutant que des éléments concordants évoquent la présence de combattants étrangers, notamment français et ukrainiens, dans ces opérations.
Sur le plan économique, les forces vives nigériennes ont plaidé pour une rupture avec certaines influences jugées incompatibles avec la souveraineté des États sahéliens. Elles ont notamment évoqué la nécessité de repenser les relations économiques et monétaires et appelé à l’accélération de la mise en place d’une monnaie commune au sein de l’AES. « Nous affirmons avec force que le Franc CFA, en tant qu’héritage d’un système monétaire colonial, constitue aujourd’hui un instrument de dépendance et de domination impérialiste. Sa remise en cause totale est une nécessité historique dans ce contexte de refondation de nos Etats de l’AES », affirme la déclaration.
La déclaration a insisté également sur le rôle des citoyens dans la lutte contre le terrorisme. Elle appelle à la réactivation des mécanismes de veille citoyenne, au renforcement de la collaboration avec les Forces de défense et de sécurité ainsi qu’à une mobilisation populaire accrue pour la sécurisation des territoires.
Par ailleurs, les forces vives nigériennes ont exprimé leur préoccupation face à la montée de la désinformation, exhortant les autorités à renforcer la régulation de l’espace médiatique et numérique, tout en rappelant que la liberté d’expression ne saurait servir de couverture à des actions de déstabilisation.
Dans un ton critique, les forces vives ont également interpellé certains dirigeants africains, dénonçant leur silence face aux crises qui secouent le Sahel, et appelé à une solidarité continentale plus affirmée.
Enfin, elles ont réitéré leur soutien aux autorités de transition du Mali, du Burkina Faso et du Niger, saluant leur engagement pour la souveraineté et la dignité des peuples sahéliens. « Au peuple malien, nous disons avec force: vous n’êtes pas seuls. Le Niger se tient à vos côtés. Les forces vives nigériennes se tiennent à vos côtés. Les peuples de l’AES se tiennent à vos côtés », insiste la déclaration.
Abdoussalam K. Mouha (ONEP)
