Barrage  hydraulique de Téra : Une retenue d’eau à fonctions multiples

Société

Situé dans le Liptako nigérien, en zone de socle, où les ressources en eau souterraines sont limitées, le département de Téra, en particulier, la ville de Téra, était confrontée à un sérieux problème d’approvisionnement en eau potable. Ce manque d’eau avait bloqué beaucoup d’activités socioéconomiques de la ville. Pour pallier le manque d’eau potable, il a été réalisé en 1978, dans le cadre de la coopération nigéro-chinoise un barrage. Mais il a fallu 1985 pour que les autorités d’alors autorisent l’utilisation de l’eau du barrage pour l’irrigation, les besoins domestiques, la pêche, etc. Le barrage de Téra est construit à l’Ouest de la ville de Téra sur la rivière du Dargol, l’un des affluents du fleuve Niger.

le barrage de Téra constitue un attrait indéniable et favorise plusieurs activités socio-économiques et touristiques autour de la retenue d’eau comme la pèche, la production maraichère, la baignade et les activités sportives telles que le football, les sports nautiques, etc.

A l’Est du barrage, on y trouve les installations de la société d’exploitation des eaux du Niger (SEEN) avec une usine de production d’eau potable récemment construite en 2018. Des grands tuyaux ont été interconnectés depuis le barrage jusqu’a l’usine de production sur une distance de près de 300 m. L’eau du barrage est captée à l’aide des tuyaux jusqu’à l’usine où elle est minutieusement traitée avant d’être reversée au château qui en assure la distribution à travers toute la ville de Téra.

A l’ouest du barrage se trouvent des jardins à perte de vue bien aménagés. Les producteurs arrosent les spéculations produites à l’aide des motopompes. Les espèces produites sont notamment le moringa dont la production est extrêmement importante ; le manioc ; la mangue ; le citron ; la goyave etc.

Un espace de distraction pour les jeunes

Le barrage de Téra est aussi un lieu qui attire beaucoup de personnes surtout les vacanciers et même les habitants de la ville. A l’autre bout du barrage, les jeunes filles et garçons organisent souvent des randonnées et des promenades. Cet endroit est aussi propice pour ces jeunes pour prendre des photos de souvenir. C’est le cas de Ismaël, un jeune qui passe chaque année ses vacances avec sa petite sœur à Tera chez ses grands-parents. «Je profite de l’occasion pour me rendre au barrage de Téra pour me défouler un peu», confie-t-il.

A l’ouest de cette retenue d’eau, le visiteur y aperçoit un terrain spacieux et subdivisé en deux parties dont une partie est destinée exclusivement à la pratique du football pour les seniors et l’autre reversée aux footballeurs juniors. Selon Abdoul-Razak, le capitaine de l’équipe séniore, cet espace dédié au sport est d’une grande utilité pour la jeunesse. «Le sport que nous pratiquons chaque soir ici, nous permet de nous épanouir et renforce les liens de solidarité entre nous. Parmi nous, vous trouverez quasiment tous les corps de métiers à savoir des militaires, des infirmiers, des cultivateurs, des élèves, des agents de l’agriculture, de l’élevage et de l’hydraulique etc. Deux équipes de 10 ou 11 éléments vêtues en maillot bleu et rouge s’affrontent chaque soir. L’important n’est pas de gagner, mais de se défouler à travers cet exercice physique qui nous permet de suer et prendre du plaisir», a souligné le capitaine de l’équipe séniore.

Exercice de tâches ménagères et de pêche

Si certains viennent au barrage pour se promener ou jouer, d’autre par contre se rendent pour certaines taches ménagères. C’est l’exemple de Houreira Idrissa, une riveraine du barrage qui vient chaque deux ou trois jours pour la vaisselle et la lessive. Quant à Boubacar Zirkifili, il se rend au barrage en compagnie de son fils pour charger des bidons de 15 et 20 litres avec leur charrette bovine. Cette eau est destinée à l’arrosage des plantes ; l’abreuvement des animaux et ou utilisée dans le cadre de la construction.

M. Doulaye Haynikoy, lui y va pour la pèche depuis son jeune âge aux côtés de son père. Mais l’activité de pêche est maintenant aléatoire. «Tantôt, je souris lorsque je rentre à la maison et parfois, c’est la crispation et la mine serrée», a confié M. Doulaye dont la quarantaine est dépassée.

Assad Hamadou (Stagiaire)