Moustapha Alou
Il est admis, à juste titre, par le grand nombre qu’il y a trop d’institutions, structures, services de l’Etat, appelés services rattachés qui sont de trop et par trop superflus dans certains secteurs, surtout en cette période de Refondation de la République. Il est tout aussi patent que l’Etat est hypertrophié et handicapé par la métastase desdits services tant leurs missions sont du « déjà vu », leurs actions ou activités du « déjà fait », leurs objectifs du « déjà entendu », si elles ne sont pas folkloriques par moment.
Leurs attributions, des véritables « lu quelque part », puisqu’elles sont le copier-coller, les copies conformes, des missions de certains ministères, tapent si bien à l’œil que le dédoublement de l’Etat saute aux yeux. Les conséquences: une multiplication des centres de décision, l’existence de pouvoirs parallèles, des activités qui se répètent et se confondent, bref un carambolage institutionnel.
D’ailleurs, pour couronner le tout, il n’est pas rare de voir éclater ici et là des conflits ouverts de compétences entre responsables, chacun usant à qui mieux-mieux de ses prérogatives qui sont curieusement les mêmes. Il est également connu de tous, qu’à un certain moment, ces services rattachés qui, initialement, étaient des directions de certains ministères érigés en institutions à part entière, appelés « Haute autorité », « Autorité », « Agence », avaient pullulé dans l’espace institutionnel.
Tout comme, c’est un secret de polichinelle, certaines de ces « Agences » ou « Autorités » avaient été transformées, du jour au lendemain, en sanctuaires pour parents, amis, connaissances, sympathisants, militants politiques à récompenser, des points de chute « juteux » avec des grilles salariales « alléchantes » pour d’anciens ministres qui, après avoir perdu leurs postes se retrouvent recyclés et réinjectés dans les instances de décisions avec naturellement le clinquant et le craquant qui les accompagnent.
D’où, du reste, la décision salutaire du Général d’Armée Abdourahamane Tiani de réduire au strict minimum les salaires, indemnités et autres accessoires des responsables et agents de cette constellation de services rattachés, au lendemain des évènements du 26 Juillet 2023.
Plus spécifiquement, s’agissant des « autorités de régulation » qui n’ont quasiment rien régulé, il est de notoriété qu’elles ont été absentes quand il le fallait, à telle enseigne que le consommateur nigérien a été laissé à lui-même ou tout au moins abandonné à la vindicte de ceux dont elles sont censées réguler l’activité.
En signant le 8 juin 2026 un décret portant suppression de certains services rattachés ou sous tutelle de la Présidence de la République, du Cabinet du Premier Ministre et du Secrétariat Général du Gouvernement et déterminant la dévolution de leurs missions, le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a décidé comme de juste, en sa qualité de Chef de l’Administration, de mettre de l’ordre dans l’administration.
Et pour ce faire, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a entamé ce nettoyage institutionnel par les services rattachés à la Présidence de la République, au cabinet du Premier ministre et au Secrétariat Général du gouvernement. Qui mieux que le Président de la République, Chef de l’État, Chef de l’Administration, sait que ces services dits rattachés supprimés alourdissent et handicapent gravement le bon fonctionnement de l’administration dont les actions doivent être lisibles dans un processus fluide?
Qui mieux que le Chef de l’Administration sait qu’il aurait fallu fortifier l’administration dans son ensemble à travers les missions et attributions des ministres et ministères que de la désagréger, voire de la pulvériser en créant des doublons budgétivores, une double programmation budgétaire pour des entités différentes aux mêmes missions ?
A l’évidence, cette décision du Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani répond au souci de densifier les missions des ministères et de donner une visibilité claire aux actions de l’Etat.
Enfin, tout en déchargeant l’Etat de certaines dépenses, elle recentre les attributions et missions des instances traditionnelles, responsabilise davantage les services classiques, renforce l’autorité de l’Etat, cimente l’esprit de l’efficacité et l’efficience des dépenses.
C’est pourquoi d’ailleurs, les « missions des agences, des autorités de régulation, des établissements publics et des autres organismes énumérés à l’article premier sont reparties et transférées » à certains ministères.
Moustapha Alou (ONEP)
