Moustapha Alou
Les Assises Nationales avaient, on se rappelle, recommandé la création d’une institution dédiée à la chefferie traditionnelle.
Maillon essentiel de l’organisation administrative dont elle est une fidèle et dévouée auxiliaire, pivot de la structure du pouvoir traditionnel, gardienne des valeurs coutumières, actrice majeure dont l’implication dans la dynamique de la refondation est impérative, la chefferie traditionnelle est, à n’en point douter, une institution névralgique dans le processus de l’évolution historique de notre pays.
Du reste, le 10 décembre 2025, s’était tenu, à Maradi, le forum des Chefs Traditionnels couplé à l’Assemblée Générale de l’Association Nationale des Chefs Traditionnels du Niger sous le thème « La Chefferie traditionnelle, pilier de la Refondation nationale et acteur de la cohésion sociale ».
Ces deux grandes rencontres qui ont regroupé tous les chefs traditionnels de notre pays ont fait le point sur la situation de la chefferie traditionnelle et du rôle dévolu aux détenteurs du pouvoir traditionnel dans le Niger nouveau.
En ouvrant les travaux de ce rendez-vous des chefs traditionnels, le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire a rappelé que l’autorité traditionnelle que les chefs traditionnels incarnent, tire son essence dans les méandres de l’histoire et constitue la preuve de la parfaite organisation politico-administrative de notre société qui a vu naitre l’une des plus riches civilisations.
S’agissant de l’Assemblée Générale de l’Association des Chefs Traditionnels, le Général de Division Mohamed Toumba a relevé qu’elle constitue un moment important de la concertation qui s’inscrit dans les reformes entreprises pour promouvoir une chefferie traditionnelle mieux structurée et mieux intégrée au système institutionnel de notre pays.
C’est dans cette perspective qu’intervient la création du Conseil National de la Chefferie Traditionnelle du Niger (CNCT), voulue par le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.
Le Conseil des ministres réunit le 26 décembre 2025 a ,en effet, examiné et adopté le projet d’ordonnance portant institution du CNCT qui a pour missions de représenter l’ensemble des chefs traditionnels au niveau national, formuler des avis et des recommandations sur les questions touchant à la vie sociale, à la sécurité, à la cohésion, aux conflits communautaires, à la décentralisation et à la culture, servir de cadre de dialogue permanent entre l’Etat et les autorités coutumières, promouvoir et préserver les valeurs socioculturelles fondatrices de l’unité nationale.
Dans le communiqué ayant sanctionné la fin de la réunion du Conseil des Ministres du 26 décembre 2025, le gouvernement précise que la création du CNCT répond à la nécessité pour l’Etat de conférer à la chefferie traditionnelle la place qui est la sienne dans l’histoire de notre pays.
Cette décision consacre également la reconnaissance de la chefferie traditionnelle comme partenaire légitime et structuré de l’Etat dans la quête de la paix, de la justice sociale et du développement.
Au demeurant, dans la dynamique de la reconquête de la souveraineté nationale, les chefs traditionnels, à tous les niveaux, sont des repères de notre histoire et une source de fierté nationale.
C’est donc pour promouvoir la participation structurée des chefs traditionnels aux processus de gouvernance et de développement que le gouvernement a décidé d’instituer le CNCT en tant qu’organe national de représentation et de concertation de la chefferie traditionnelle du Niger.
Moustapha Alou (ONEP)
