Alou Moustapha
Dans le secteur du tourisme et de l’artisanat, il y a un an, le gouvernement avait décidé de créer une Task Force pour la promotion du « consommons nigérien ».
Il s’est agi pour ce groupe d’experts et d’acteurs du domaine de réfléchir sur les mécanismes de soutien à la production locale pour promouvoir des initiatives innovantes afin de renforcer la compétitivité des entreprises.
« Notre pays regorge de richesses, qu’elles soient culturelles, artisanales ou agroalimentaires. Ces richesses, fruits du travail acharné de nos artisans, de nos agriculteurs et de nos petites et moyennes entreprises sont le reflet de notre identité et de notre potentiel économique. Pourtant, trop souvent ces produits peinent à trouver leur place sur nos marchés face à la concurrence des produits importés », avait déploré la ministre en charge de l’artisanat.
C’est un truisme de dire qu’il existe une multitude de produits locaux de Petites et Moyennes Entreprises(PME) et de Petites et Moyennes Industries(PMI), de centres de formation dans tous les secteurs et pour toutes les couches sociales, surtout les plus défavorisées (femmes, enfants, personnes vivant avec un handicap), dans notre pays.
En termes d’ingéniosité, d’innovation, d’originalité et de qualité, toutes ces structures, et on le constate de plus en plus, produisent, offrent, mettent à la disposition des populations des biens et services qui n’ont rien à envier aux produits importés qui inondent nos marchés.
Au demeurant plusieurs foires sont organisées dans notre pays dont l’objectif est justement de faire la promotion des produits typiquement nigériens issus des chaines de valeurs.
Dans sa Vision pour un Niger véritablement indépendant et prospère, le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a abordé le développement des bases de production pour la souveraineté économique de notre pays à travers la promotion et la valorisation des produits locaux.
C’est justement dans ce contexte de « consommer local » et en application des lignes directrices de l’axe 3 de la Vision du Président de la République, Chef de l’Etat, que le Conseil des Ministres réunit le 22 octobre 2025, a examiné et adopté un projet de décret instituant l’obligation d’achat de produits locaux au Niger et un projet d’ordonnance portant institution de quotas d’enlèvement à l’importation des produits similaires aux produits fabriqués ou produits sur le territoire national.
S’agissant de l’ordonnance, le gouvernement a fait le constat que depuis plusieurs années, la consommation des produits fabriqués ou produits dans notre pays est fortement perturbée par la présence sur nos marchés de produits similaires importés.
Cette situation met, du reste, en péril la survie de nombreuses unités locales, freine l’investissement privé, réduit la création d’emploi et rame à contre-courant de l’axe 3 de la vision du Chef de l’Etat.
En instituant ce système quota d’enlèvement à l’importation des produits similaires aux produits fabriqués ou produits sur le territoire national, le gouvernement entend lutter contre les produits importés spécieux qui inondent nos marchés et promouvoir de ce fait les produits locaux .
Quant au décret instituant l’obligation d’achat de produits locaux au Niger, il a pour objectif de répondre à l’axe 3 de la Vision du Chef de l’État, promouvoir la production nationale, la transformation, la commercialisation et la consommation des produits made in Niger.
En outre, toujours concernant ce décret, obligation est désormais faite aux administrations et entreprises publiques et aux organismes recevant des subventions de l’Etat ou de ses démembrements d’acheter des produits locaux à l’occasion des commandes publiques, sauf en cas d’indisponibilité desdits produits.
A travers ces initiatives gouvernementales il s’agit non seulement de s’approprier nos produits mais aussi d’opérer un véritable changement de comportement en protégeant, voire en promouvant les biens et services made in Niger qui doivent être placés au-dessus de tout.
Moustapha Alou (ONEP)
