Moustapha Alou
Du haut de la tribune de la 14è Réunion Internationale des Hauts Responsables Chargés des Questions Sécuritaires, une activité connexe du Forum dénommé « International Security Forum ISF 2026 », qui s’est tenue à Moscou, la capitale de la Russie, la semaine dernière, le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Général de Division Mohamed Toumba a, dans sa communication, répondu à cette question.
« La seule raison est tout simplement dans la détermination des pays membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) à affirmer leur souveraineté et à disposer de leurs ressources naturelles car notre espace est un véritable réservoir d’or, notre sous-sol est riche en uranium qui a alimenté l’énergie des français pendant plus d’un demi-siècle en laissant nos populations souffrir des conséquences incalculables de l’irradiation ».
En effet, poursuit le ministre d’Etat, « du fait de ses potentialités diverses en ressources naturelles, la région du Sahel est devenue une zone de prédilection et de convoitise pour certaines puissances internationales qui n’excluent aucun moyen leur permettant de s’en accaparer ».
En vérité, les crises sécuritaires que traversent plusieurs pays à travers le monde ne peuvent être dissociées des mécanismes contemporains de domination, d’ingérence, d’immixtion permanente et de dépendance hérités du système néocolonial.
D’ailleurs, la manipulation de la CEDEAO par la France pour attaquer le Niger et imposer un régime favorable aux intérêts impérialistes, la tentative de partition du Mali suivie des récentes attaques complexes et coordonnées dans ce pays frère avec l’appui de certaines puissances néocolonialistes et l’implication sans équivoque de l’Ukraine à travers d’impressionnants armements de fabrication ukrainienne récupérés après ces attaques lâches et barbares, la situation au Venezuela et celle en Iran illustrent à quel point des puissances néocolonialistes et impérialiste tiennent à perpétuer leur système d’ingérence dans les affaires internes des autres pays du monde. Cette déstabilisation est également illustrée par des attaques contre des écoles où des jeunes filles élèves sont enlevées pour servir d’esclaves sexuelles et des jeunes garçons enrôlés de force et endoctrinés par ces terroristes.
Les récents événements au Mali ont révélé au grand jour la collusion, jusque-là cachée, entre certains mouvements dits séparatistes, notamment le FLA et ses ramifications, avec des organisations terroristes qui ont pour objectif de fragiliser les Etats de l’AES pour contrôler leurs ressources naturelles.
S’agissant du Niger particulièrement, cette intention malveillante du système néocolonialiste a été clairement affirmée dans les lignes d’une résolution de certains députés du parlement européen adoptée le 12 mars 2026, exigeant la libération immédiate du Président déchu, affirmant sans une once de vergogne et toute honte bue qu’il est leur ami et le seul dirigeant à défendre leurs sordides intérêts dans le Sahel. Au surplus, l’attaque complexe de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey le 29 Janvier 2026 montre une fois de plus l’envergure de l’appui logistique et des renseignements dont bénéficient les mercenaires.
Le ministre d’Etat a, au demeurant, rendu hommage à la coopération avec la Fédération de Russie pour tout son soutien au Niger et à l’AES dans leur combat contre l’impérialisme et ses mercenaires terroristes dans l’espace sahélien.
Dans sa communication, le ministre d’Etat a fustigé le comportement de la soi-disant communauté internationale qui reste muette sur les atrocités commises par les groupes terroristes pendant que des mécanismes internationaux sont pervertis par les mêmes puissances néocoloniales. Analysant les actions perfides des groupes terroristes et leurs sponsors, le ministre d’Etat a relevé le cas de certaines opérations de cash transferts qui en lieu et place des ménages vulnérables ciblent des éléments des groupes terroristes, l’instrumentalisation idéologique de la religion musulmane et les activités opaques de certaines organisations dites humanitaires.
Au vu de tout ce qui précède, le ministre d’Etat a préconisé la mise en place d’un système de sécurité commune arrimé aux objectifs voire principes des Nations unies, débarrassé de tout unilatéralisme et de tout hégémonisme. Ce système, a précisé le ministre d’Etat, doit faire participer équitablement tous les Etats de la communauté internationale tout en prenant en compte leurs préoccupations sécuritaires légitimes et raisonnables.
Moustapha Alou (ONEP)
