Moustapha Alou
Cette année, le forum national sur la contribution des Organisations Non Gouvernementales (ONG) et Associations de Développement (AD)dans l’atteinte des objectifs de la Refondation s’est tenu à Tillaberi.
En ouvrant les travaux de cette rencontre, le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Général de Division Mohamed Toumba, a, au nom du Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, rendu un hommage particulier à toutes les victimes civiles et militaires du terrorisme et à l’ensemble de la population de Tillaberi pour sa résilience face à l’adversité et son adhésion totale aux idéaux de la Refondation.
« Comme nous le savons tous, la seule évocation dans le contexte actuel de notre pays renvoie à l’image d’une région martyrisée par la folie meurtrière d’un terrorisme aveugle, sponsorisé et téléguidé depuis l’extérieur de nos frontières », relèvera le ministre d’Etat.
Ce forum s’inscrit dans la droite ligne des objectifs visés dans la lettre de mission ministérielle qui met un accent particulier sur la gestion des ONG et AD dont l’un des objectifs est de recadrer ces structures de développement afin de mieux coordonner leurs interventions.
En effet, comme l’a dit le ministre d’État, s’il est admis que dans notre pays, à l’instar des autres pays africains et du monde, les ONG et AD constituent un des leviers de mise en œuvre des politiques publiques, il n’en demeure pas moins que cette fonction de levier ne peut s’exercer efficacement que dans le respect strict du cadre législatif et règlementaire établit, d’une part, et sous le contrôle rigoureux des dépositaires de l’autorité publique du ressort, d’autre part.
Du reste, depuis l’avènement du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie(CNSP) au pouvoir, une nouvelle dynamique a été imprimée à la question du suivi des actions des ONG et AD avec des exigences renforcées en termes, entre autres, d’alignement des actions sur les priorités naturelles, de respect des consignes en matière de sécurité, de transparence dans la mobilisation et d’utilisation des ressources ainsi qu’en termes de valorisation des compétences nationales et de respect des droits des travailleurs.
S’agissant de la mobilisation des ressources, on note un accroissement significatif des ressources mobilisées en 2023 et 2024, avec une moyenne annuelle de 203 milliards de FCFA mobilisés par les ONG et associations de développement contre une moyenne de 117 milliards de FCFA pour la période 2017-2020.
Au titre de l’année 2024, les interventions de ces structures ont permis de mobiliser plus de 250 milliards de FCFA et de créer plus de 9 000 emplois permanents et près de 18 000 emplois temporaires, selon les chiffres compilés par les faitières des ONG et AD.
Cependant, de plus en plus, des sources de préoccupations apparaissent notamment le non-respect par certains acteurs du cadre juridique existant et aussi, dans certains cas, la faible traçabilité des ressources mobilisées voire le peu d’impact de leurs interventions sur le terrain.
Or, a souligné le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, il y a des vertus particulières et indéniables qui s’attachent aux ONG et AD dans leurs modes de gestion comme la proximité avec les communautés, l’efficacité, la flexibilité dans les interventions, la durabilité des résultats, sans oublier les nombreux enjeux et défis de l’heure.
Les communications présentées au cours des travaux de ce forum, ont permis aux acteurs de développement réunis à Tillaberi et le Ministère de tutelle de débattre sur plusieurs sujets intéressant la vie des ONG et AD et surtout de recadrer les interventions de ces structures qui œuvrent pour l’amélioration des conditions de vie des populations.
En définitive, ces discussions et échanges dont les objectifs spécifiques étaient de fixer le cadre de collaboration, la contribution des ONG et associations de développement dans l’atteinte des objectifs de la Refondation, évaluer les difficultés rencontrées et les enjeux, apporter des réponses aux défis de l’heure, ont été enrichissantes pour tous les acteurs.
Moustapha Alou (ONEP)
