Moustapha Alou
… Le mardi 2 juin 2026, le Président béninois, Romuald Wadagni, qui venait de prêter serment quelques jours auparavant, avait effectué une visite officielle dans notre pays.
Au cours de leurs échanges, les deux Chefs d’Etat se sont déclarés convaincus de la nécessité de renforcer la coopération au plan politique, économique, scientifique et culturel entre les deux pays et sont convenus d’accroitre les échanges mutuels à tous les niveaux.
Ils ont exprimé, par la même occasion, leur engagement à œuvrer à la levée de tous les obstacles au renforcement de la coopération entre les deux pays, notamment la réouverture de la frontière Bénin-Niger.
Rappelons qu’un comité d’experts chargé de recenser et de lever lesdits obstacles avait été mis en place à cet effet avec un délai de quinze jours pour rendre son rapport aux deux Chefs d’Etat.
Sur la question précise de la réouverture de la frontière entre les deux pays et l’évolution du dossier après la remise du rapport, le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a d’abord retracé l’historique du processus qui a abouti à la fermeture unilatérale de cette frontière, décidée par le Bénin sur injonction de la France, bien sûr, à travers la funeste CEDEAO.
Pour le Général Tiani, les deux parties doivent tirer, d’abord, les conséquences de cette décision ubuesque, en d’autres termes les conséquences « de ce qui a été posé comme acte ayant conduit à la fermeture unilatérale de la frontière entre un même peuple, d’un côté Malanville et de l’autre Gaya ».
La première leçon à tirer, dira le Général Tiani, est de se dire « que les Etats africains doivent se convaincre une fois pour toutes que la France, l’Europe, ne feront jamais leur bonheur ».
En effet, ces pays européens, quel que soit le conflit, préservent toujours les intérêts économiques de leurs peuples et leurs intérêts communs, ce qui veut dire en termes clairs qu’ils dissocient toujours la politique de l’économie, contrairement aux pays africains tels que certains pays de la CEDEAO, « en marionnettes achevées », afin d’épargner à leurs peuples des souffrances inutiles.
D’ailleurs, poursuivra le Général Tiani, l’ouverture de la frontière entre le Niger et le Bénin n’est pas l’acte fondamental sur lequel il faut se pencher outre mesure.
Par contre, qu’est-ce qu’il faut poser comme jalon pour que cette frontière, une fois ouverte, soit une frontière des peuples et non une frontière d’un individu ? Pour le Général Tiani, telle est la bonne question car « quand la frontière appartient au peuple, un individu marionnette ne peut pas se lever pour dire ‘’fermez !’’, le peuple s’y opposera ».
C’est donc pour donner une réponse appropriée à cette question précise qu’un comité d’experts a été mis en place ; comité qui a remis son rapport aux deux Chefs d’Etat.
Il y a donc « des plaies qu’il va falloir panser et soigner correctement avant de prendre la décision irréversible de l’ouverture de la frontière…il y a des préalables et il revient au Président Wadagni et moi-même de leur donner une signification, une réponse pour que la frontière soit définitivement et de façon irréversible ouverte », répondra le Général Tiani.
Dans tous les cas, « tout ce que nous faisons, nous le faisons après mûres réflexions en nous assurant que les intérêts du Niger seront préservés, comme les intérêts du Bénin ne seront pas méconnus, en nous assurant aussi que notre frontière commune ne sera plus soumise à des états d’âme d’individus ou des sautes d’humeur d’individus, pour que cette frontière soit celle d’un même peuple frère depuis des milliers d’années », ajoutera-t-il.
En définitive, la visite du Président Béninois Romuald Wadagni est un pas décisif, un geste réconfortant, dans le processus de la réouverture de la frontière, et les deux Chefs d’Etat s’attèlent à lever tous les obstacles et autres préalables pour une réouverture irréversible de la frontière des peuples nigérien et béninois…
Moustapha Alou (ONEP)
