Moustapha Alou
… Au lendemain des événements historiques du 26 juillet 2023, beaucoup de compatriotes, tenaillés par des fausses appréhensions sur des lendemains qui déchantent, selon eux, embourbés dans un attentisme, une hésitation, un doute de mauvais aloi, ne pensaient pas un seul instant que le Général Tiani allait tenir de main ferme la barque estampillée Niger jusqu’à ce jour où nous écrivons ces lignes.
Certains gourous, et non des moindres, du système balayé, enfermés dans une espèce de tour de Babel et qui sont, semble-t-il, aujourd’hui réfugiés là-bas, dans une tour d’Ivoire, étaient montés sur le cheval des ondes parisiennes pour expliquer que le nouvel ordre établi dans notre pays ne tiendra pas deux semaines puisque l’aide extérieure fera défaut. Et pourtant, voici trois ans que le peuple nigérien tient debout, dans le combat, la lutte et la résilience, sans l’aide mendiante et l’avilissant diktat de l’ordre néocolonial qui pillait ses ressources.
Aussi, voici trois ans que le peuple nigérien s’est-il tracé sa propre voie de développement porteuse d’espoir, malgré les sanctions sauvages à lui imposées par des organisations communautaires sous la férule de la France. « Ce que nous avons réussi, c’est d’abord de garder ce pays-là debout malgré les oiseaux de mauvais augure qui disaient que nous ne tiendrons pas deux semaines …trois ans que nous respirons, trois ans que nous nous défendons, trois ans que nous choisissons nos lignes politiques, trois ans que nous choisissons nos partenaires et trois ans que nous choisissons ce qui est utile au peuple nigérien. Rien que ça est un progrès qu’on ne saurait sous-estimer », relèvera le Chef de l’Etat.
Au cours de cet entretien, le Général Tiani fit une révélation qui en dit long sur le Niger d’avant le 26 juillet 2023, sur l’état d’esprit de suzerain des tenants du pouvoir politique de l’époque et le statut de colonie conféré à notre pays par la France qui y régnait en terre soumise : à Téra, le 27 novembre 2021, des jeunes gens furent massacrés, froidement abattus par des éléments de l’armée française pour avoir brisé le rétroviseur de l’un de leurs véhicules !
Au surplus, non-satisfaite du massacre sur terre, la France avait dépêché un avion de chasse pour une expédition aérienne punitive contre les populations de Téra qui ont « osé » commettre un crime de « lèse-Macron » qui a consisté à briser le rétroviseur d’un véhicule de l’armée française qui y paradait en terre conquise.
« Qui s’est levé pour dire non ? personne ! », s’exclamera à juste titre le Général Tiani.
A l’époque, dans un zèle éhonté, certains acteurs de la politique-politicienne locale et nationale, toujours dans le paraitre, le mensonge, les basses œuvres et les basses manœuvres, étaient entrés dans une transe extraordinaire pour non seulement accuser les jeunes gens de Téra d’être à l’origine de leur propre mort, mais aussi et surtout pour justifier cette barbarie de l’armée française sur le sol de leurs ancêtres dont ils n’ont que faire d’ailleurs, l’essentiel pour eux étant de se positionner, se repositionner et retrouver une virginité politique qu’ils avaient prostituée à vils sièges ou postes depuis belle lurette .
Pour ce faire, ces personnages, fanfarons comme Emmanuel Macron, comment peut-il en être autrement d’ailleurs, étaient descendus dans les bas-fonds de la démagogie qui avait cours à l’époque pour ramasser des justifications dans les poubelles de la forfanterie et plaider la cause de l’armée française. « Vous pensez qu’aujourd’hui un français va oser venir tirer sur un Nigérien et s’en sortir ? », interroge le Chef de l’Etat. Le Niger n’est donc plus le même, le Niger a changé et le drame de Téra et celui d’Ayorou où, un vieil homme a été complètement écrasé par un camion d’un convoi français qui n’a pas daigné s’arrêter, ne serait-ce que pour constater le drame, ne sont plus possibles dans le Niger nouveau…
Moustapha Alou (ONEP)
