La ministre de la Fonction Publiqe lors de la présentation du SIGRHEP
Les travaux de la première session ordinaire du Conseil Consultatif pour la Refondation (CCR) au titre de l’année 2026 se poursuivent à l’hémicycle Place de la Concertation. La plénière du lundi 27 juillet 2026, présidée par le président de l’institution, Dr Mamoudou Harouna Djingarey, a pour ordre du jour une communication de la ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi, Mme Aïssatou Abdoulaye Tondi. Au cours de sa présentation, la ministre a expliqué aux conseillers du CCR le contenu d’un document dénommé Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines de l’État et de la Paie (SIGRHEP).
La ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi a fait le point sur certaines réformes initiées par son département ministériel dans le cadre des missions à lui confiées par les plus hautes autorités du Niger. C’est ainsi qu’elle a abordé la première partie de la question qui lui a été posée relativement à la création d’un Système Intégré des Agents de l’État. Mme Aïssatou Abdoulaye Tondi a précisé que ce projet s’inscrit dans une démarche de transformation digitale qui permettra de remplacer progressivement les systèmes existants vieillissants, tout en assurant la continuité du service pour environ 200 000 agents publics et au moins 150 gestionnaires de ressources humaines et de la paie répartis sur l’ensemble du territoire national.
D’après la ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi, les composantes du SIGRHEP sont, entre autres, la gestion de la carrière des agents de l’État. Elle est assurée par la Direction Générale de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative (DGFP/RA) et les Directions des Ressources Humaines (DRH) des ministères sectoriels et des Institutions de la République. Mme Aïssatou Abdoulaye Tondi a reconnu que l’absence d’un système intégré de gestion des ressources humaines et de la paie limite significativement la capacité de l’administration à optimiser les processus de gestion des ressources humaines, à maîtriser l’évolution de la masse salariale et à assurer une cohérence totale entre les systèmes budgétaires modernisés et la gestion de la paie.
S’agissant des caractéristiques clés du système, la ministre a cité l’interconnexion directe, c’est-à-dire que les interventions des différents acteurs vont s’enchaîner automatiquement. Toute modification dans la carrière d’un agent déclenche directement la mise à jour de ses éléments de paie. Puis, la sécurité biométrique, autrement dit le système reposera sur une base de données biométriques pour exclure tout risque de double inscription, ensuite les actes dématérialisés, c’est-à-dire les documents administratifs produits seront numérisés et archivés directement dans le système. Enfin, le respect des compétences dont les règles de délégation de signature aux ministères sectoriels sont maintenues. Cependant, chaque donnée dispose d’une source d’entrée unique, soumise à des niveaux de validation précis.
S’agissant de la seconde partie de la question à savoir le retour à une fonction publique harmonisée et fondée sur l’équité, la ministre Aïssatou Abdoulaye Tondi a fait un résumé des textes régissant la rémunération de tous les agents de l’Etat de la catégorie A1, 2è classe, 1er échelon de 1959 à nos jours. À titre d’exemple, elle a énuméré le statut de 1959 indice 375, le statut de 1989 indice 375, le statut de 1989, grille indiciaire de 1997, indice 306 et le statut de 2007 indice 394.
En matière de digitalisation, la ministre Aïssatou Abdoulaye Tondi a souligné que plus de 16 500 dossiers d’agents ont été numérisés et 23 000 mis à jour, plusieurs applications métiers ont été développées. « En matière de travail, le dialogue social permanent entretenu avec les partenaires sociaux a permis de régler des différends individuels et collectifs entre les employeurs et les travailleurs et parallèlement les inspections du travail ont réalisé des visites d’entreprises. Il y a eu également la revalorisation du SMIG et des salaires minima catégoriels, la révision de la liste des maladies professionnelles », a-t-elle aussi rappelé.
Quant aux perspectives, Mme Aïssatou Abdoulaye Tondi a annoncé que le ministère œuvre à de grandes réformes statutaires et sociales engagées, la mise en place du Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines de l’Etat et la Paie, la poursuite de l’intégration régionale au sein de l’AES et le déploiement des nouvelles plateformes numériques de l’emploi, tout en accompagnant la montée en puissance de l’ANPE dans son rôle de guichet unique de la promotion de l’emploi.
Abdoulaye Mamane (ONEP)
