Le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a présidé hier, lundi 18 mai 2026 à son cabinet, la cérémonie de signature du protocole de partenariat pétrolier entre la République du Niger et la CNPCNP. Cet aboutissement couronne plus d’une année de négociations engagées au lendemain des difficultés du 8 mars 2025, structurées par la rencontre de Changsha en juin 2025 et conduites par le comité de négociation avec les partenaires dans le domaine du pétrole, institué par décret du Président de la République le 29 juillet 2025.
Ce protocole d’accord marque le début d’une nouvelle ère de coopération pétrolière entre l’État du Niger et la CNPC Niger. L’État du Niger a été représenté par le ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, M. Bakary Yaou Sangaré, et la CNPC Niger par son directeur général, M. Zhang Yu. L’aboutissement de ce long processus consacre ainsi des avancées majeures en faveur du Niger dans sa coopération pétrolière avec la société chinoise. En effet, parmi celles-ci, le tarif de transport du pipeline d’export est ramené de 27 à 15 dollars par baril, ce qui fait économiser 106 millions de dollars (environ 60 milliards de francs CFA) à l’État du Niger annuellement.
Une participation de 45% au capital de WAPCO pour l’Etat du Niger
Alors que l’État du Niger ne détenait à ce jour aucune participation effective dans WAPCO, l’accord de principe est désormais acquis sur une participation de 45%, dont les modalités commerciales seront négociées plus tard. « En ce qui concerne le rapatriement des recettes d’exportation, les parties se sont accordées sur le rapatriement des revenus issus des exportations du pétrole brut qui mettra fin à une anomalie historique, au bénéfice direct de l’économie nationale et des institutions financières », a annoncé le président du comité de négociation, M. Bakary Yaou Sangaré.

De ces négociations, le contenu local sort fortement consolidé, à travers deux leviers majeurs. D’abord, par la ‘’nigérisation’’ des postes, avec un taux des sous-traitants de la CNPCNP qui passera de 18% à 85% à l’horizon 2030. Au sein des sociétés opératrices, la nigérisation atteindra à la CNPCNP 60% des postes de management et 90% de l’effectif global ; à la WAPCO, 60% des postes de management et 80% des postes d’exécution ; et à la SORAZ, 85% d’opérationnalisation de la raffinerie par le personnel national. Ensuite, pour la sous-traitance au profit des entreprises nigériennes locales, elle sera portée à 40% chez la CNPCNP et la WAPCO, et à 70% chez la SORAZ.
Harmonisation du salaire de base du personnel expatrié et du personnel nigérien
Sur la grille salariale, le président du comité, par ailleurs ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieurs, a déclaré que pour la première fois depuis près de vingt ans dans le secteur pétrolier nigérien, les salaires de base du personnel expatrié et du personnel nigérien ont été harmonisés. Le régime des indemnités sera, quant à lui, défini, a-t-il spécifié, dans le cadre d’une convention collective du secteur pétrolier, dont la négociation sera conduite par la ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi, avec l’ensemble des parties prenantes.
Aux autres acquis structurants s’ajoutent le transfert du pipeline interne Agadem-SORAZ au patrimoine de l’État, la restructuration sous six mois des dettes croisées SONIDEP-SORAZ-CNPC, et la relance des champs de Dinga Deep et d’Abolo-Yogou, pour un investissement d’un milliard de dollars en vue de porter la production de 110 000 à 145 000 barils jour à fin 2029.
« Sera également conduite, dans un délai de six mois à compter de la signature, une étude de faisabilité sur le potentiel gazier national de 23 milliards de mètres cubes, en vue de la production d’électricité, d’engrais et de gaz de pétrole liquéfié », a fait savoir le ministre Bakary Yaou Sangaré.
Auparavant, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, et le directeur général de la CNPC Niger, M. Zhang Yu, ont salué la concrétisation de ces négociations qui se sont déroulées dans le dialogue, le respect mutuel et l’ouverture d’esprit des différentes parties à poursuivre la coopération pétrolière.
Hamissou Yahaya (ONEP)
